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Publié par Alexandre Del Valle le 14 janvier 2013

 Alexandre del Valle

En raison du caractère transnational du terrorisme islamiste, la France est « condamnée » à s’immiscer dans les affaires intérieures africaines.

L’actualité de ce week-end a été marquée par le retour militaire de la France en Afrique, tout d’abord en Somalie, contre les Shébab (milice salafiste qui sème la terreur en Somalie et défie les autorités), puis au Mali, contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et les groupes islamo-terroristes alliés. Plus que jamais la France est en première ligne contre l’islamo-terrorisme et confirme son statut de cible privilégiée d’Al-Qaïda en Europe et en Afrique.

Ainsi, quelques semaines à peine après que François Hollande ait scellé la « fin de l’époque où la France intervenait dans les affaires africaines », et juré qu’«il n’y aurait plus d’ingérence politico-militaire dans les affaires intérieures africaines”le président français a opéré un virage à plus de 180 degrés. Un virage surprenant qui décrédibilise de facto toutes ses accusations portées depuis 2011 (interventions en Libye et en Côte d’Ivoire, etc) contre l’action « néo-coloniale » de l’ex président Nicolas Sarkozy.

Des combattants encore plus aguerris que ceux d’AQMI

Côté somalien, tout d’abord, durant la nuit de vendredi dernier en Somalie, des commandos français ont tenté, sans succès, de libérer l’ex membre de la DGSE, Denis Allex, détenu en Somalie depuis 2009 par les milices islamistes Shébab. Bilan, 17 Somaliens tués, un militaire français tué et un autre pris en otage, en « remplacement » de Denis Allex, quant à lui tué durant le raid. Les Shébab ont réagi en menaçant la France et les Français de «représailles» lourdes – où qu’ils se trouvent dans le monde et surtout en Afrique. Les services de renseignements extérieurs français (DGSE) avaient tout fait, depuis trois ans, pour tenter d’obtenir la libération de Denis Allex. Mais les Shébab demandaient bien plus que ce que Paris était disposé à donner en échange de sa libération… Il est vrai que la prise d’otages est un des nerfs de la guerre terroriste : ainsi, dans cette partie de l’Afrique, si un otage se « négociait » quelques centaines de milliers d’euros il y a quelques années, avant que les groupes islamo-terroristes locaux ne soient « franchisés » Al-Qaïda, le même « vaut aujourd’hui plusieurs millions d’euros »… d’où le fait que bien qu’Allex soit mort, les islamo-terroristes continuent d’affirmer qu’il est toujours vivant et que son sort sera fixé aujourd’hui lundi 14 janvier. Il est vrai qu’un otage n’est bon mort que lorsqu’il n’y a plus rien à négocier… Aussi les Shébab ont-ils également affirmé qu’ils détiennent un autre soldat français blessé et porté disparu. Le raid français en Somalie a rappelé que bien qu’ayant subi des revers importants suite aux incursions kényane et éthiopienne et que la Somalie ait un nouveau président (Hassan Sheikh Mohamoud) décidé à tourner la page de la guerre civile, grâce notamment à l’aide de la Mission africaine de l’UA en Somalie (AMISOM), les Shébab menacent toujours le pays depuis les montagnes où ils se sont réfugiés. Entraînés en Afghanistan, nombre de leurs combattants sont encore plus aguerris que ceux d’AQMI.

Le caractère transnational des risques et menaces migratoires, terroristes et criminels de la nébuleuse islamo-terroriste

Deuxième front : le Mali, où la France a envoyé ses troupes (basées au Tchad ou en Côte d’Ivoire) ainsi que des forces spéciales, pour aider l’armée malienne à repousser les milices islamistes du Nord Mali qui tentent d’avancer vers le Sud, et donc vers la capitale, Bamako. Cette perspective terrible signifierait que le pays tout entier deviendrait un fief d’Al Qaïda et de ses alliés. Depuis le 21 mars 2012, ceux-ci ont profité du coup d’Etat militaire contre l’ex-chef de l’Etat Amadou Toumani Touré pour s’emparer du Nord du pays. Trois groupes islamo-terroristes (Al-Qaïda au Maghreb islamique-AQMI, Ansar-al-Dine ; Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest-MUJAO) dominent ainsi le Nord du Mali et menacent l’Etat central et toute la région. C’est donc conformément à la décision (2085) du Conseil de sécurité des Nations unies du 20 décembre 2012 autorisant le déploiement d’une force internationale au Mali (Mission internationale de soutien au Mali) que la France est intervenue à la demande des autorités maliennes et en accord avec l’Union africaine et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Bien que se défendant de toute « ingérence », défaut jadis supposé être l’apanage du sarkozysme, le revirement interventionniste du président Hollande a une fois de plus démontré que l’exercice du pouvoir oblige à rompre avec les positions de principe manichéennes au nom des intérêts géopolitiques nationaux. Étroitement liée au Mali et aux Etats d’Afrique francophone, la France est en effet « condamnée » à s’immiscer dans les affaires intérieures africaines, ainsi que s’en est rendu compte M. Hollande, ceci en raison du caractère transnational des risques et menaces migratoires, terroristes et criminels qu’incarnent la nébuleuse islamo-terroriste.

Menace totalitaire et criminelle jusque dans les « banlieues de l’islam » à la dérive

Ni la France, ni les autres Etats européens, tous visés directement ou indirectement par le terrorisme salafiste, ne peuvent rester inactifs face à la progression de cette nouvelle menace à la fois totalitaire et criminelle qui prolifère dans des zones géopolitiques de non-droit et jusque dans les « banlieues de l’islam » à la dérive. Depuis ces zones hors contrôle, les groupes islamo-terroristes plus ou moins proches d’Al-Qaïda gèrent impunément leurs trafics (otages, migrations clandestines, drogue, déchets toxiques, cigarettes, contrebandes, pirateries, etc) et organisent leur lutte contre l’Occident et ses alliés locaux, étendant ainsi leur projet totalitaire basé sur la terreur, la charia et le mythe du Califat universel. Rappelons que les différents groupes islamistes, dotés d’armes sophistiquées (y compris anti-aériennes) récupérées durant l’effondrement du régime de Kadhafi, disposent de 60 000 hommes, dont nombre de rebelles touaregs qui connaissant parfaitement le désert et qui ne sont pas prêts d’en partir.

Remettre en questions les frontières contestées des pays issus de la colonisation : Algérie, Mali, Niger, Nigéria, Côte d’Ivoire, Mauritanie, et même Maroc

Héritage funeste du « printemps arabe », tant vanté par les partisans du « droit d’ingérence » et du renversement des vieilles dictatures nationalistes (Syrie des Assad, Tunisie de Ben Ali, Egypte de Moubarak, Libye de Kadhafi) qui luttaient pourtant toutes contre Al-Qaïda, la montée en puissance des groupes salafistes-terroristes qui menacent les Etats d’Afrique sahélo-saharienne a été plus que favorisée par la chute du régime de Kadhafi. Ces groupes ne comptent pas se satisfaire du Mali. Seigneurs du désert, ils sont soutenus par le renouveau identitaire touareg qui voit dans les révolutions arabes une chance historique pour accéder à l’indépendance et remettre en questions les frontières contestées des pays issus de la colonisation : Algérie, Mali, Niger, Nigéria, Côte d’Ivoire, Mauritanie, et même Maroc, puisque d’anciens du Front Polisario du Sahara occidental ont rejoint AQMI. Du Nord-Mali à la Somalie, en passant par le Nigeria (où Boko Haram mène un jihad “très à la mode” contre les chrétiens du Sud), ils récupèrent les rancunes inter-ethniques et surfent sur l’anti-occidentalisme obsessionnel, la charia étant présentée par eux comme la « vraie identité » autochtone, la «seconde indépendance» vis-à-vis de l’Europe honnie…

Chez nous, seuls les fous ou les irresponsables peuvent continuer à affirmer que les flux migratoires incontrôlés et la montée de l’islamisme dans les banlieues n’ont rien à voir avec cette menace transverse qui progresse inexorablement de l’autre côté de la Méditerranée…

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Alexandre del Valle.
L’article original peut être consulté ici

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