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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 17 janvier 2013
Dr Chibuzo Okonta
Dr Chibuzo Okonta – Médecins sans frontières

Médecins sans frontières a fait le point, ce matin 17 janvier, pour Al Jazeera, sur les premiers coûts humanitaires du conflit au Mali.

Dr Chibuzo Okonja est le coordinateur de Médecins Sans Frontières au Mali. Depuis 2005, son travail avec MSF l’a mené en Côte-d’Ivoire, au Sud-Soudan, au Darfour et en Haïti.

Il répond aux questions de Christine Wambua d’Al Jazeera, depuis Bamako au Mali. Extraits.

CW: Quel est le dernier point sur la situation humanitaire?

Une situation désastreuse

CO: Il est très difficile de donner une analyse exhaustive, mais la situation est désastreuse. En Mauritanie, nous avons observé une augmentation de réfugiés au cours des deux derniers jours. Environ 500 réfugiés ont traversé la frontière depuis que les bombardements ont commencé. Nous travaillons également au Niger, où encore plus de réfugiés affluent.

CW: Voyez-vous plus de victimes à l’intérieur du Mali ?

Beaucoup de victimes dans les villages

CO: C’est la seule chose inquiétante. Depuis que les bombardements commencé, nous avons moins de gens à nos établissements hospitaliers. Je pense qu’ils ont trop peur de quitter leurs maisons. Il doit y avoir beaucoup de victimes dans les villages. Nous avons jusqu’ici reçu que 9 civils avec des blessures dues à la guerre : blessures par balles, et fractures. Nous utilisions des cliniques mobiles pour atteindre les villages éloignés loin de nos principaux centres, mais à cause de la situation, nous avons stoppé cette opération.

CW: Quelles sont vos principales préoccupations ?

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CO: Notre principale préoccupation est pour ces gens qui ne peuvent pas nous atteindre. Nous sommes inquiets pour ceux qui sont peut-être blessés et bloqués chez eux, pour les personnes atteintes de maladies mortelles telles que le diabète, les maladies cardiaques, le sida, car ils ne peuvent pas se faire soigner. La région du Sahel est sujette à des maladies endémiques comme la méningite  la rougeole, et il y a aussi du paludisme. Tous ces gens ont constamment besoin d’aide médicale. Maintenant, ils n’en ont pas.

CW: Est-il difficile de travailler dans le nord tenu par les rebelles ?

CO: Compte tenu de la position neutre de MSF, nous avons travaillé des deux côtés du conflit. Cependant, le déplacement de population et les combats mettent beaucoup de pressions sur notre travail. Dans le nord, il est plus difficile d’assurer l’approvisionnement, car il ya tellement de points de contrôles et de bombardements, c’est très dangereux pour nous de se déplacer.

CW: Avez-vous suffisamment de fournitures médicales ?

CO: Depuis le début de l’offensive, nous avons été incapables de nous ravitailler. Cependant nous avons assez pour le court terme. Si cette guerre se poursuit, nous aurons besoin de trouver un moyen de nous renforcer et nous ravitailler. Les deux parties au conflit doivent créer un environnement favorable pour les organisations humanitaires, et nous permettre d’atteindre les personnes les plus vulnérables.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info

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