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Publié par Abbé Alain Arbez le 19 janvier 2013
Les noces de Cana – Véronèse. 1563

L’évangile des Noces de Cana ouvre le dernier volet de l’Epiphanie, car il célèbre la manifestation de la gloire de D.ieu dans la personne de Jésus au cours d’une fête de mariage. A travers ce signe de l’eau transformée en vin, l’évangéliste conclut : « Jésus manifesta sa gloire, et ses disciples eurent foi en lui ». Nous allons découvrir en quoi consistent cette gloire et cette foi…

Le cadre dans lequel le miracle surgit des mains de Jésus est évidemment chargé de signification. Les noces, c’est tout le registre biblique de la relation d’alliance, ce lien unique et indéfectible entre D.ieu et son peuple Israël.

Et ce message concerne les juifs attachés à la Torah, tout comme les chrétiens et leur baptême, car il est question de la relation au D.ieu de la Bible! Dans les récits de l’Ecriture sainte, D.ieu est l’époux et son peuple est la fiancée. Et toute forme d’idolâtrie est considérée comme adultère.

Cette dimension relationnelle de la foi des Israélites est visiblement très différente des cultures païennes de l’époque, avec leurs divinités bizarres et capricieuses. Si nous lisons dans Osée, dans le Cantique des Cantiques, dans de nombreux textes bibliques, il est clair que D.ieu est reconnu non pas comme un vis-à-vis olympien indifférent ou menaçant, mais avant tout comme le partenaire fidèle de son peuple, c’est le D.ieu lent à la colère, plein d’amour et de miséricorde, comme disent les psaumes. C’est vrai qu’Israël vit une relation de confiance, une relation intime et affective avec le D.ieu d’Abraham, de Moïse et des prophètes.

L’évangile des « noces de Cana » est donc comme une sorte de condensé de foi judéo-chrétienne, une catéchèse du salut composée après la résurrection de Jésus. Mais ce texte pose tout de même quantité de questions pour aujourd’hui !

Part-il d’un fait réel, ou est-ce une fiction théologique ? Que veut-il nous dire au plan spirituel? Nous aurons la réponse en observant l’articulation et le contenu de l’évangile des noces de Cana.

En tout cas, nous nous demandons : est-ce que Jésus n’aurait pas pu réaliser son premier miracle avec quelque chose de plus vital et de plus essentiel pour survivre que du vin pour des convives ? Pourquoi ne pas commencer par donner d’abord du pain, apporter la santé aux malades, répondre à des besoins de base plus urgents…(Les Alcooliques Anonymes pourraient même se dire : pourquoi Jésus n’a-t-il pas plutôt changé le vin en eau pour libérer les invités des probables dérives de l’alcool et donner le bon exemple?)

Le sens de ce miracle est ailleurs, il n’est pas d’ordre matériel. Plus fondamental, il est au niveau de l’âme et du cœur appelés à s’épanouir dans l’Alliance avec D.ieu. Mais il faut reconnaître une réalité incontournable : au cours des siècles, les chrétiens ont souvent utilisé ce texte pour dénigrer la religion de la famille et des apôtres de Jésus : ainsi, l’eau représenterait le judaïsme, considéré comme dépassé, et le vin, la foi nouvelle, le christianisme, qui doit le remplacer…Nous sommes sur le même plan polémique que la statuaire médiévale figurant l’Eglise aux yeux ouverts accompagnée de la Synagogue aux yeux bandés. Après de très longues périodes d’incompréhension et d’hostilité de la chrétienté envers la religion des pères, il faudra attendre le 20ème siècle après la Shoah pour que les Eglises catholique et protestante rompent avec cette approche antijudaïque, et qu’elles affirment clairement que l’alliance de D.ieu avec Israël ne peut pas avoir été abolie, car D.ieu ne reprend pas ses promesses.

Que veut donc nous dire ce récit des noces de Cana ?

Ca commence au milieu du repas, dans la joie de la fête : voici que Marie, attentive et bienveillante, a remarqué qu’il n’y a plus de vin, elle interpelle Jésus et lui signale le manque. C’est en effet une situation tragique pour toute cette assemblée, la fête pourrait se terminer en déconvenue. Mais, comme Calvin l’a justement formulé, « la Bible est le miroir de l’âme humaine », donc ici, comme dans trop de cas de figure, est mis en relief le fait que notre humanité bute sur le manque et à quel point elle en est fragilisée. Les êtres humains se heurtent souvent à l’absence de contenu, ou de finalité de la vie qu’ils mènent, ayant perdu de vue la valeur inestimable de la vie qui est un cadeau de D.ieu ouvert à tous les possibles. C’est le terrible vide existentiel de tant d’expériences humaines, (source de dépressions et de dévoiements) alors que notre chemin d’humanité a pour vocation de conduire au vrai bonheur, à la plénitude, dans une harmonie à réaliser en synergie avec la grâce de D.ieu.

Le texte précise qu’il y a six cuves d’eau pour la purification : 6 est le chiffre de l’incomplétude ; comment passer au 7 de la plénitude, ce sera là le changement.

En transformant l’eau des ablutions et des pratiques de purification en vin de fête, Jésus ne renie pas un instant la religion de ses pères dont il connaît toute la justesse et la richesse incomparables. Attaché à la Torah, il est lui-même favorable à la purification, il l’a démontré en recevant le baptême d’eau des mains de Jean le Baptiste. Mais il cible le sens final de la démarche religieuse, et en offrant le meilleur vin qui soit, il permet à la noce de s’accomplir dans la joie. Ce qui veut dire atteindre la plénitude de l’alliance avec le D.ieu Vivant. Et cela pourra se vivre dans une saine exultation partagée entre frères, telle une préfiguration de la joie éternelle du banquet céleste.

Nous savons qu’Israël est comparé à une vigne dont le vigneron est Ha Kadosh baroukh Hou, et qui doit donc donner un nectar sans égal. Le vin, c’est la joie de l’alliance restaurée entre D.ieu et son peuple. Avec l’arrivée des temps messianiques, c’est justement la réactivation de cette alliance d’amour que Jésus veut accomplir, il sera même prêt à donner sa vie pour en témoigner. Nous lisons en Joël 4.18 : un temps vient où les coteaux des vignobles produiront des raisins en abondance. Amos 9.3 : le jour vient où le vin ruissellera sur les coteaux, les collines en seront inondées…Et encore Zak 9.16 : le Seigneur sauvera son peuple, le froment fera croître les jeunes gens et le vin les jeunes filles.

On voit ainsi, à travers l’image du vin, que Jésus réalise une attente spirituelle et qu’il ne méprise pas les réalités humaines; la purification, se savoir en règle, c’est bien, mais ce n’est qu’une étape sur la voie de l’union avec Dieu, il faut aboutir à se sentir tous en communion ! Les situations les plus ordinaires, Jésus appelle à les transfigurer en D.ieu.

Alors en nous mettant à la place des convives de la noce, et inspirés un instant par le regard aimant de Marie, il vaut la peine de se demander : quel est notre manque à nous ? Quel est le vin de fête qui fait défaut à nous-mêmes, à notre Synagogue, à notre Eglise, à notre société, à notre monde ?

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Est-ce la confiance en D.ieu, est-ce le respect des autres, est-ce un objectif de vie digne, est-ce le désir d’unité ? Le monde est en crise, l’Eglise est en crise, la religion est instrumentalisée : il n’y a plus de vin ! Notre « noce » du 21ème siècle se dégrade dans la tristesse et le désenchantement… Attention à l’ivresse illusoire de croire que tout va s’arranger en laissant toutes choses en l’état…

Juifs ou chrétiens, nous croyons que l’alliance est scellée, mais elle reste toujours à accomplir, nous marchons avec nos propres moyens vers cet accomplissement. Mais il est indispensable de prendre conscience – comme à Cana – de ce manque multiforme qui nous interpelle : manque de vérité, manque de vigilance, manque de justice, manque d’amour, manque d’unité !

La transformation de l’eau en vin est visiblement nécessaire dans nos vies, dans le cours de l’histoire du monde, dans la politique, dans la culture, dans les religions. Il y a urgence spirituelle et éthique. D.ieu peut toucher notre cœur et nous donner la force des derniers temps du Messie pour poursuivre le miracle aujourd’hui.

Pour l’évangile de Jean, tout le ministère de Jésus se situe entre deux repas d’action de grâces : celui des noces de Cana, et celui de la Cène.

Ces deux repas s’éclairent en effet mutuellement et les deux nous parlent de l’alliance comme d’un lien vivant et permanent entre Dieu et son peuple. Jésus ne veut évidemment pas la rompre, cette alliance, mais la rendre encore plus évidente et renforcer son rayonnement.

Alors, au vu du miracle, « les disciples crurent en lui! ». Ils avaient désormais une base solide pour comprendre et appuyer leurs démarches de témoins. Cela ne veut pas dire qu’ils ont été ensuite à l’abri d’erreurs et de négligences, et nous leur ressemblons, mais quoi qu’il arrive, ils connaissaient le cap.

Mais les chrétiens peuvent aussi recevoir de Jésus ressuscité, et les Juifs de la Torah, cette capacité à déchiffrer les réalités à venir, dans ce qui fait la trame de la vie personnelle et dans celle du monde actuel si tourmenté. Nous pouvons y discerner le fil d’or invisible qui relie toutes les séquences entre elles, malgré la grisaille des pesanteurs quotidiennes. C’est la fadeur de nos habitudes et de nos accommodements que Jésus et son enseignement peuvent changer en saveur, en joie de vivre, grâce à la vitalité de la Parole de D.ieu.

Jésus fait vraiment des baptisés les convives de son banquet de noce ; comme le dit le Nouveau Testament, il est l’époux et l’Eglise est l’épouse. Le menu de fête est celui de l’amour désintéressé, l’amour généreux issu du Père, le service des autres, et il nous faudra sans arrêt apprendre à l’expérimenter et à le partager entre tous autour de nous.
Pour avoir l’énergie de le réaliser, nous allons, nous aussi, puiser l’eau tout au fond de la cuve, c’est-à-dire à l’intime de notre cœur ; c’est là que se réalise au contact de la Parole la plus belle transformation, avec pour résultat le vin messianique de l’éternité, et la gloire céleste qui rayonnera au jour final sur nos visages…

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez pour www.Dreuz.info

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