Derniers articles

Peut-on faire confiance à la justice française (quand on...

13 000 vols, 2 000 agressions, 200 viols toutes...

18 janvier 2013 Commentaires (46) Guy Millière Société

Mort d’une civilisation ?

imgres-3

Une grande manifestation contre le mariage homosexuel, rebaptisé dans la novlangue orwellienne du Parti Socialiste, « mariage pour tous », a eu lieu, on le sait, le dimanche 13 janvier.

Elle a été émaillée, comme c’était prévisible, de tentatives d’agression de la part de gens aussi tolérants et pluralistes que le ministre de l’Education Nationale, qu’il vaudrait mieux appeler aujourd’hui ministre de la Rééducation nationale. Elle a rassemblé plus d’un million de personnes. Je crains, hélas, qu’elle ne change rien.

Détraquer l’économie, mais aussi en finir avec la famille

La gauche, toujours et partout, cherche à détruire les sociétés qu’elle gouverne, et à les traiter comme une glaise qu’elle tenterait de remodeler à sa guise. C’est ce que fait la gauche française aussi. Toutes les gauches savent que pour parvenir à leurs fins, il faut non seulement détraquer l’économie, mais aussi en finir avec la famille. Et la gauche française le sait aussi. Or, l’objectif du mariage homosexuel est là, précisément : en finir avec la famille, dissoudre ainsi les rôles de père et de mère, les différences entre les hommes et les femmes, les lignées généalogiques, les identités, jusqu’à obtenir une forme de table rase. L’objectif est, depuis là, de priver les êtres humains de repères fondateurs cruciaux aux fins qu’ils soient à la merci des remodeleurs.

Vous aimez cet article ? Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir les nouveaux articles de Dreuz, une fois par jour en fin d’après-midi.

Les socialistes utopiques du dix-neuvième siècle avaient déjà la famille pour cible primordiale

La volonté d’en finir avec la famille est en fait, au même titre que les façons de détraquer l’économie, omniprésente dans la pensée de gauche depuis longtemps. Les socialistes utopiques du dix-neuvième siècle avaient déjà la famille pour cible primordiale. Marx et Engels ont gardé la cible, comme toute la pensée marxiste ultérieure. Lénine et ses multiples disciples tout au long du vingtième siècle n’ont pas dérogé à la règle. La social-démocratie, qui n’est que la version douce et sans barbelés (mais avec neuroleptiques et écrans de télévision) du totalitarisme ne déroge pas non plus. La gauche, de par le monde développé aujourd’hui, sait que les coups qu’elle a donné à la famille ont déjà porté leurs fruits amers au cours des quarante dernières années, et le taux de divorces, de familles recomposées ou de « familles monoparentales », comme la banalisation de l’homosexualité et de la bisexualité en attestent. Elle pense que le moment est propice pour franchir un pas supplémentaire, et elle le franchit : pas seulement en France.

Ils détestent ce qui se découle de la famille : l’héritage, le patrimoine, l’identité culturelle, l’individualité

Les gens de gauche pensent-ils qu’il peut en résulter des sociétés viables dans la durée ? Certains ont peut-être cette illusion, mais les plus lucides d’entre eux savent que non, et ceux-là sont imprégnés d’une haine, avouée ou inavouée, de la civilisation occidentale en tous ses composants. Ils ne détestent pas seulement la famille. Ils détestent ce qui s’y rattache et en découle : l’héritage, le patrimoine, l’identité culturelle, l’individualité, l’initiative personnelle, l’indépendance par rapport à l’Etat. La détestation chez eux de l’esprit d’entreprise, du libre contrat, du marché, du capitalisme, découle. Ils veulent un Etat omnipotent. Et faute d’Etat omnipotent, ils préfèrent la destruction totale. Ils savent que détruire la famille accélère la destruction totale. Les gens de gauche ne voient-ils pas la destruction qui avance, et vient peu à peu dissoudre la civilisation occidentale ? Certains d’entre eux, tellement abrutis par le dogme, sont aveugles, c’est une évidence qui peut se constater à chaque seconde. Mais les plus lucides voient parfaitement. Non seulement ils acceptent la destruction, mais ils la veulent.

Ludwig von Mises désignait cette volonté de détruire d’un mot : le « destructionnisme ». Il en analysait, dans son livre Le socialisme, diverses facettes. Il ne pouvait imaginer toutes les facettes. Depuis la publication du livre, la gauche, dans le monde développé, a beaucoup avancé. Elle ne recourt plus aux barbelés, non : les neuroleptiques et les écrans de télévision sont des moyens bien plus efficaces, le lavage de cerveau et l’essorage de neurones ne laissent pas de cicatrices ou de traces de sang. L’Europe entière est présentement enlisée dans la stagnation, l’endettement, une dénatalité accélérée, et nul de ceux qui gouvernent, tous imprégnés d’idées de gauche à divers degrés, ne propose d’issue viable. Comme si cela ne suffisait pas, ils en rajoutent. Le mariage homosexuel est l’un de ces rajouts. Les Etats-Unis, grâce à Barack Obama, sont en train de rejoindre l’Europe dans l’impasse au sein de laquelle git celle-ci.

Assistons-nous à la mort d’une civilisation ? J’aimerais penser le contraire.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière

6a00d83451619c69e2017ee6570599970d-800wi

L’article originale peut être consulté sur les4verites.com