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18 janvier 2013 Commentaires (50) Jean-Patrick Grumberg Divers, Les dossiers, Société

Peut-on faire confiance à la justice française (quand on ne s’appelle pas Icham Dabchi) ?

Icham Dabchi retenant sa compagne avec un couteau

Icham Dabchi retenant sa compagne avec un couteau

Au travers de ce fait de société, cet article pose à la France et aux français une question essentielle sur la pertinence de ses fondations.

Icham Dabchi, français, 27 ans. Jugé en comparution immédiate pour violences sur sa concubine et usage de produits stupéfiants.

Icham comparait devant la justice pour avoir séquestré sa compagne Sophia, 25 ans et mère d’une petite fille de 6 ans, sous la menace d’un couteau dont la lame fait 35 cm, pendant 7 heures, 7 heures d’angoisse, dans un appartement de Carcassonne, cité Fleming. Il était sous l’emprise de l’alcool et de la cocaïne.

La veille au soir, à bord d’une voiture, il avait forcé un barrage de police et s’était enfui à très vive allure.

Sophia, sa compagne, a juste eu le temps de demander à sa sœur d’appeler la police. Sans succès : Icham a coupé les téléphones et internet et a rompu tout contact avec la police. Il aura fallu l’intervention des hommes du GIPN, arrivés en hélicoptère, pour mettre fin à cet enfer.

Poursuivi pour violences sur sa concubine et usage de produits stupéfiants (mais pas pour séquestration, le parquet n’ayant pas la certitude, malgré l’intervention du GIPN et l’usage d’un couteau, qu’il ait retenu sa compagne de force), le procureur Antoine Leroy a requis 30 mois d’emprisonnement, dont 8 mois avec sursis, « afin que l’affaire ne se termine par un drame ».

A l’audience, ses proches le décrivent comme une personnalité double, « Il peut être ange et démon » dira sa sœur.

« Mon frère est en souffrance depuis l’âge de 8 ans. J’ai peur que ça aille plus loin. Il ne guérira pas seul de sa dépendance à l’alcool et aux drogues dures » explique Leila sa sœur.

Sa version sera confirmée par l’expertise psychiatrique qui décrit « un état dangereux pour autrui ».

Icham Dabchi en rajoute même : « Je suis dangereux je le sais. Je suis quelqu’un de très gentil, mais je peux être quelqu’un de très dangereux ».

Le président Vilar regarde alors Icham droit dans les yeux et lui demande : « Peut-on vous faire confiance ? »

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La réponse a fusé : « Oui ! », a dit Icham. (sic)

Une demi-heure plus tard, à 12h30, le juge rendait son jugement : Icham Dabchi sortait libre du tribunal, au bras de Sophia sa compagne. Condamné à 30 mois d’emprisonnement, dont 24 mois avec sursis et mise à l’épreuve, obligation de soins, de travail et de formation… mais sans mandat de dépôt.

Les juges ont donc fait confiance à Icham, qui était sorti de prison il y a un an. Les juges lui ont fait confiance après avoir pris connaissance de son casier judiciaire :

Il a été condamné 18 fois depuis 2002. 18 condamnations depuis l’âge de 17 ans, soit 2 condamnations par an en moyenne, pour vols aggravés, usage de stupéfiants, violence avec usage d’une arme, conduite en état d’alcoolémie, conduite sans permis …

Et 71 grammes de résine de cannabis trouvés dans l’appartement.

JPG :

Alors je pose la question : peut-on faire confiance à une justice qui fait confiance à Icham Dabchi ? Et pour le cas où la réponse serait négative, qui garantit le respect et assure à chaque citoyen la protection des Droits de l’homme dont la France est la patrie ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info

http://www.midilibre.fr/2013/01/14/le-forcene-de-fleming-quitte-le-palais-libre,626668.php