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Publié par Gilles William Goldnadel le 11 février 2013

Goldnadel

Gilles-William Goldnadel revient aussi sur la lettre adressée par Jean-Luc Mélenchon au CSA pour protester contre le contenu d’un documentaire intitulé « Robespierre, bourreau de Vendée ? »

Il y a 15 jours, je commentais ici même cette enquête d’Ipsos intitulée « France 2013 : les nouvelles fractures » et où l’on constatait notamment que 70 % des sondés estimaient qu’il y avait trop d’étrangers en France et 74 % que la religion islamique était intolérante.

Le Monde s’en était alarmé.

C’est dans ce cadre alarmiste qu’un nouveau sondage Sofres commandé par France Info et Canal+ a cru devoir constater que les Français seraient de plus en plus en harmonie « avec les idées du Front national », et, notamment les sympathisants de l’UMP.

Pour être tout à fait exact, l’institut de sondage précisait qu’il s’agissait « des idées défendues par le Front national », les commentateurs se faisant plus approximatifs.

À y regarder de plus près, je ne suis pas loin de penser que cette manière de commenter l’évolution des idées de nos concitoyens est constitutive d’un hold-up intellectuel destiné, notamment, et à nouveau, à déguiser le peuple en populiste.

Beaucoup n’ont pourtant pas attendu Jean-Marie Le Pen pour considérer que l’immigration massive, incontrôlée, imposée, des trois dernières décennies n’avait rien à voir avec l’immigration qui avait irrigué jusque-là régulièrement et paisiblement le sol et la nation françaises.

Les mêmes ne l’avaient pas attendu pour comprendre que cette immigration particulière était encore plus problématique de par son origine culturelle et religieuse.

Ils n’avaient pas davantage attendu le Front national pour saisir que l’intégration de ces migrants était délibérément compromise par les menées d’une idéologie qui aura utilisé toute son énergie et son influence sans limites pour persuader ceux-ci que le peuple d’accueil étant historiquement raciste et consubstantiellement xénophobe, aucun égard ni aucune reconnaissance ne lui étaient dus.

Le Front national originel aurait pu prétendre au mérite d’avoir porté seul la défense de ces idées, s’il n’avait malheureusement pas tout fait pour ressembler à la caricature qui était faite du peuple d’accueil.

Qu’aujourd’hui, sa nouvelle présidente ait commencé à gommer la caricature, que dans le même temps, la droite classique ose enfin, à la demande pressante d’un peuple excédé, braver l’idéologie caricaturiste peut expliquer que le fossé entre les droites commence à se combler.

Mais il ne s’agit pas des idées du Front national, comme la caricature voudrait le faire croire à dessein.

Lorsque les Français constatent les progrès du terrorisme islamique ou de l’insécurité, ce n’est pas le Front national qui s’impose, mais la réalité qui l’impose.

Au rebours, j’attends, sans grande illusion, quelque étude documentée, qui pourrait aisément démontrer que dans le domaine des mœurs, du sentiment identitaire, de la politique étrangère, ce sont bien les idées d’extrême gauche qui se sont imposées à la gauche autrefois laïque et républicaine.

À moins qu’elles n’aient été imposées.

Dans le même sondage, les Français confessent moins redouter le Front national. L’honnêteté la plus élémentaire commande de reconnaître que ce n’est pas ce parti légaliste -qui semble désormais proscrire de ses manifestations les crânes rasés peu décoratifs- qui considère que l’élection serait un piège à cons ou qui envoie ses nervis à Aulnay ou à Notre-Dame-des-Landes.

Pourtant, seule la peur de l’improbable retour du fascisme brun est bonne à dire.

Manuel Valls, bien seul, a pu le constater cette semaine. Ainsi, Thierry Lepaon, Secrétaire Général de la CGT a accusé le ministre de l’intérieur (JDD du 10 février) de « souffler sur les braises ».

Il est vrai que le ministre avait osé violer ce tabou qui proscrit de ne jamais évoquer la violence des syndicats de la gauche extrême : « A Strasbourg, un ouvrier a été blessé, je le regrette et j’ai ordonné une enquête. 12 policiers et gendarmes ont également été blessés. Tous les cars avaient été fouillés aux frontières belge et luxembourgeoise. On a trouvé un véritable arsenal de boulons, de pétards, de bombinettes, bref de quoi faire mal. Et à Strasbourg comme dans d’autres conflits, les forces de l’ordre ont été l’objet de violences ».

Le même ministre, la même semaine, aura transgressé solitairement un autre interdit en évoquant un « fascisme islamique qui monte un peu partout ». Immédiatement, à Tunis, des manifestants offusqués se sont saisis de ces paroles impies pour soutenir le gouvernement tunisien et conspuer l’insolence française. Dans le même JDD, Denis Beauchard, conseiller pour le Moyen-Orient à l’Institut Français des Relations Internationales, reprenant la Vulgate obligatoire dispensée dans les cénacles n’a pas manqué de morigéner l’inconvenance ministérielle : « Je me garderais bien d’employer ce genre de mots que l’administration Bush avait prononcés en son temps et qui se réfèrent à des contextes historiques et géographiques bien différents ».

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Autrement dit, il est loisible de voir le fascisme là où il n’est pas, mais il est recommandé de peser ses mots au trébuchet lorsqu’il s’agit de qualifier ceux qui pratiquent quotidiennement l’assassinat politique, l’intolérance et l’antisémitisme. Rien à voir, on le voit, avec le fascisme intemporel.

S’agissant, précisément, de la Tunisie, on ne va pas dire que notre président de la république ait fait montre d’une capacité divinatoire exceptionnelle lorsque la semaine dernière encore, il désignait ce petit pays comme la vitrine la plus attrayante du « printemps arabe ».

À décharge, il faut reconnaître qu’une grande partie de la classe médiatique et politique (tous partis confondus) n’était pas en infraction avec le diagnostic, optimiste, forcément optimiste, de François Hollande. Lorsque les islamistes d’Ennahda ont conquis le pouvoir, l’ensemble des « spécialistes » autorisés du monde arabe, ont expliqué doctement (Le Monde, France Inter, Arte) que l’islamisme allait se dissoudre dans la démocratie. En conséquence, lorsque ceux-ci ont composé avec les salafistes, ils n’ont rien dit. Lorsqu’ils ont évoqué la soumission de la loi civile à la charia, ils n’ont rien dit. Lorsqu’ils ont décrété qu’il serait désormais interdit d’entretenir des relations avec « l’entité sioniste », ils n’ont rien dit. Lorsque des cimetières juifs ont été profanés, ils n’ont rien dit. Aujourd’hui, ils sanglotent plus bruyamment que les autres devant la dépouille d’un avocat laïque et courageux. A l’ouest, rien de très nouveau.

Il est vrai qu’il fallait manquer singulièrement de tact et de distinction pour suggérer, comme l’auteur de ces lignes, qu’il convenait de se garder, dans le monde arabe encore plus qu’ailleurs, de tout romantisme révolutionnaire. Qu’il convenait peut-être de souhaiter, à bas bruit, pour le bonheur de cette région chaude, le moindre mal. Qu’à tout prendre, une dictature débonnaire pro-occidentale, encore largement marquée par le laïcisme néo-destourien sur laquelle on pouvait peser en faveur des opposants était préférable au fascisme vert ou au bain rouge-sang. Il était recommandé de se taire plutôt que de susurrer timidement, qu’après tout, hors la France, certains ont pu, progressivement, parvenir à la démocratie en faisant l’économie d’une révolution. Que le mieux, en tout état de cause, était de se garder de tout commentaire extatique.

Mais on ne peut pas lutter contre des révolutionnaires parisiens prêts à mourir jusqu’au dernier carthaginois.

« Révolution ! », mot magique qui enchante encore l’imaginaire français. C’est au nom de ce vocable quadri-syllabique, que le citoyen Jean-Luc Mélenchon a saisi le CSA d’une réclamation à l’encontre de l’excellente émission historique de Franck Ferrand diffusée le mois dernier par FR3 et consacrée à l’écrasement de la Vendée sous la botte des armées bleues.

Il faut dire que le ci-devant candidat à la présidence républicaine avait finement remarqué qu’il s’agissait sans doute de la première fois que la télévision nationale et républicaine de service public se livrait à une description peu amène de l’action des colonnes infernales envoyées par son cher Robespierre pour éradiquer « la race vendéenne ». Ayant eu l’honneur de préfacer le beau livre de Reynald Secher consacré au mémoricide vendéen, je sais l’ingratitude qui pèse sur ceux qui osent aujourd’hui encore soutenir qu’une population blanche, catholique et réfractaire a bien été génocidée par les armées bleues de Carnot et de Tureau. Ce que même le proto-communiste Gracchus Babeuf a compris et dénoncé, l’accusateur public Mélenchon ne veut pas voir.

À dire le vrai, l’émission accusée de crimes de lèse-majesté révolutionnaire se gardait bien de prendre parti entre notre thèse, celle, médiane, de mon cher Christophe Bourseiller et celle d’un sieur Clément Martin, historien très idéologique, qui avait déjà chipoté contre l’évidence dans la revue Histoire sur l’inexistence d’un ordre écrit d’élimination de la population vendéenne. À cette aune, je ne connais pas beaucoup de génocide qui résisterait à l’ergotage, à commencer par celui du malheureux peuple d’Arménie.

Toujours est-il, et c’est bien son droit, que M. Mélenchon est venu récriminer auprès du CSA. À sa suite, un député socialiste a décidé de saisir la noble institution au motif implacable que certaines télévisions privées auraient choisi de privilégier « la manif pour tous » au détriment de la parole présidentielle.

Seule, la droite française, dont on voit ici encore l’impeccable clairvoyance, n’a rien à redire sur l’impartialité de l’audiovisuel français, et notamment de son service public.

L’art de perdre, sans combattre, le combat culturel.

Il ne faudrait pas tout de même croire que le CSA ne fasse rien.

C’est ainsi, que très récemment, cette haute autorité a sanctionné d’un avertissement RMC, et plus précisément son émission à grand succès « les Grandes Gueules », dans laquelle je sévis régulièrement.

Il s’agit, pour autant qu’il soit nécessaire de le rappeler, d’un des espaces les plus libres de l’audiovisuel français. Il y règne un éclectisme des opinions unique dans le paysage audiovisuel national. J’y romps des lances dans un climat chaleureux -qui n’exclut pas de franches engueulades- avec des personnalités aussi bigarrées qu’un animateur social, musicien gauchiste et pornographe, un commissaire de police honoraire, un prêtre ouvrier ou un ancien grand PDG anarchisant et inclassable.

La faute commise et sanctionnée ? La conversation roule sur Nafissatou Diallo et la somme versée par Dominique Strauss-Kahn. Sophie de Menthon croit devoir suggérer qu’il ne pouvait rien lui arriver de mieux dans l’existence, et un conseiller financier, ordinairement mieux inspiré, raille en termes dénués de toute aménité particulière l’esthétique de la dame. Les animateurs de l’émission protestent contre les saillies des deux intéressés. Des auditeurs s’échauffent et la radio présente ses excuses. Le candide qui signe aurait pu penser qu’on en serait resté là.

Il pensait déjà que s’il avait été présent, il n’aurait pas manqué de contredire vertement les deux intervenants en les invitant, plutôt que de chambrer la femme de chambre, de s’interroger, comme il n’avait jamais manqué de le faire, sur les circonstances d’une affaire non élucidée.

C’était compter sans le CSA. Lui qui n’est jamais intervenu à l’encontre d’aucune station pour faire respecter la présomption d’innocence de DSK foulée aux pieds des milliers de fois, le voilà, qui toutes affaires cessantes, décide de protéger la sensibilité d’une dame dont on doute qu’elle écoute chaque matin les émissions radiophoniques françaises. Pour faire bonne mesure, les Sages ont décelé finement « une connotation raciste » dans les imprécations sanctionnées.

Bien entendu, il était défendu d’émettre pareilles spéculations intellectuelles lorsque « le vieux mâle blanc » du FMI déchaînait les fureurs des femmes de chambres noires de New York.

Mais profitons de ce que le CSA nouveau de M. Schrameck soit d’humeur belliqueuse pour l’inviter à visionner les vidéos-clips de rap qui tournent en boucle sur le paf. Il pourrait peut-être y voir des collègues de La Fouine ou de Booba qui mettent à mal la dignité des femmes, noires et blanches, ou qui incitent à la violence urbaine. Défense de toucher à ces grandes gueules là ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles William Goldnadel. L’article original peut être consulté sur le Blognadel

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