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Publié par Gilles William Goldnadel le 4 mars 2013

Goldnadel

Cette semaine, Gilles-William Goldnadel revient également sur Laurent Obertone et son livre « La France orange mécanique » ainsi que sur les élections italiennes.

L’étonnement de l’unanimité admirative des commentaires qui ont suivi la mort de Stéphane Hessel m’étonne.
Après tout, l’homme avait été canonisé de son vivant, embaumé bien avant l’heure ultime et c’est bien la béatitude bêtifiante de son encensement par les petits marquis de la médiatitude qui m’avait fait écrire que « Le vieil homme m’indigne ».
Ayant dit ce que j’avais à dire de son vivant sur les obséquieux qui le couvraient de roses, que l’on ne compte pas sur moi pour cracher sur une tombe à l’heure des obsèques.

Le triomphe hesselien n’est rien d’autre que celui du gauchisme gnangnan qui aura, par capillarité, arrosé l’humus de la société française. 
Il se caractérise d’abord et avant tout par le refus de toute distance et de tout sens critique qu’aura opposé une classe médiatique pourtant prompte à détruire et à démystifier jusqu’à l’excès.

Hessel Stéphane n’était qu’un homme. Tout aura été fait sous l’empire de la religion post-chrétienne et xénophile « des droits de l’homme » pour en faire un saint laïc désincarné.

Il faut dire qu’il incarnait idéalement l’ancêtre suprême à enterrer de son vivant dans le Panthéon idéal de l’inintelligentsia en majesté : co-rédacteur de la déclaration des droits de l’homme, intellectuel, juif de gauche, pacifiste et anti-sioniste, quand bien même chaque qualité aurait pu être soumise à vérification, exceptée la dernière.

Ainsi, il ne détestait pas, comme beaucoup, prendre la singulière distance avec la vérité qu’on appelle le mensonge : contrairement à ce qu’il avait soutenu, il n’avait jamais été co-rédacteur de la déclaration des droits de l’homme de l’ONU.

Aucune gazette, généralement avide de dénoncer les fakes des people,  n’aura rapporté la contre-vérité. Au moins aurons-nous eu la consolation dérisoire de constater qu’elles auront acté implicitement la vantardise en n’osant plus la reprendre dans leurs nécrologies.

« Indignez-vous ! » aura représenté, au plan de l’édition, l’écart le plus vertigineux entre la vacuité du propos et des idées et le succès phénoménal des ventes. À ma connaissance, et en dehors de M. Etienne de Montéty du Figaro, aucun critique littéraire de la grande presse n’aura eu le courage de l’écrire et peut-être d’y penser.

À un journaliste de Télérama, extatique, qui le complimentait pour son combat en faveur des sans-papiers, le glorieux défunt, satisfait comme souvent, lui répondit : « que voulez-vous ? J’ai toujours été du coté des dissidents ! ». L’imposture de la geste hesselienne est toute là : quelque soit le regard que l’on porte sur la question de l’immigration, il fallait une bonne dose de culot indécent pour considérer que ceux qui en France soutiennent le combat des immigrés illégaux risquent de se retrouver arrêtés à l’heure du laitier ou expédiés dans un hôpital psychiatrique.

Mes chroniques des derniers mois me conduisent au rebours à penser que la dissidence appartient à ceux qui, bravant la mort civile, rament à contre-courant de la doxa médiatique.

Toujours sur le terrain pathologique de l’absence de tout sens critique, ces articles qui rappellent « son combat en faveur des Palestiniens ».  La belle affaire ! Comme s’il ne s’agissait que de cela.

Mais qu’a donc à voir le soutien au Hamas par un pacifiste revendiqué ou la présentation d’Israël comme un État nazi, avec le désir de voir les arabes de Palestine vivre un jour dans un pays souverain ?

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Qu’avait à voir ce soutien avec cette indignation monomaniaque qui lui aura interdit de s’indigner au delà des limites de Gaza ville, de ce qui se passait à Damas ou au Darfour, à Téhéran ou à Pékin, et qui n’aura pourtant guère susciter d’indignation.
Enfin, j’aurais à plusieurs reprises et ici même dans ces colonnes reproduit cet entretien insensé que l’encensé avait donné le 22 janvier 2011 au Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Il y expliquait doctement que l’occupation allemande avait été douce – ce qui posait un problème aux résistants – et « qu’à côté de l’occupation israélienne, l’occupation nazie paraissait inoffensive ». Pour moins que cela, Jean-Marie Le Pen a fait l’objet d’une condamnation pénale.
Pour Libération, Stéphane Hessel était un Juste. Malgré cela ou à cause de cela ?

S’agissant à présent de Laurent Obertone, on ne pourra pas instruire à l’encontre des thuriféraires hesseliens par excellence (Médiapart, Rue 89, Libération…) un procès pour défaut de sens critique.

Après avoir tenté un silence d’enterrement, le succès de l’opus les aura obligés au cri qui tue.

Passons vite sur cette révélation sans preuve de ce que l’auteur de « La France orange mécanique », aurait été dans une autre vie un blogueur sulfureux et qui ressemble à s’y méprendre à un compte suisse de M. Cahuzac.

Mais c’est sur l’article de Libération reprochant à l’ouvrage d’Obertone d’être admiré par Marine Le Pen que je voudrais m’arrêter, ne serait-ce que pour sourire. Cela ferait ainsi d’Obertone un mariniste. Pour autant qu’il s’agisse d’un crime, étrange raisonnement : Hitler aimait Mozart : Mozart un national-socialiste ? Ben Laden disait apprécier l’œuvre d’Emmanuel Todd : Libé a-t-il fait de ce dernier un disciple d’al-Qaida ? Un doute enfin m’assaille : Hitler était végétarien, ma fille est végétarienne. Ma fille est-elle nazie ?

Résultat des élections en Italie. La classe médiatique française insiste sur le rejet par le peuple italien de sa classe politique. La classe politique française serait bien inspirée d’insister sur le rejet par le même peuple de sa classe médiatique.
Histoire d’équilibrer les pouvoirs et les responsabilités.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles William Goldnadel. L’article original peut être consulté sur le Blognadel

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