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Publié par Guy Millière le 13 mars 2013

askolovitch

La France est un pays qui compte de grands journalistes courageux.

Des gens comme Aymeric Caron, par exemple : un homme qui a appris, semble-il, tout ce qu’il sait sur l’islam d’un ouvrage d’une centaines de pages très expurgées édité dans une petite collection de chez Larousse, et qui se pense dès lors à même de donner des leçons sur le sujet, comme, d’ailleurs, sur une multitude d’autres sujets qu’il ne connait pas. Ou encore des gens comme Charles Enderlin, l’homme qui a su de source sûre que le petit Mohamed Al Dura est mort, même s’il n’était pas là pour le voir et en a entendu parler après coup par un caméraman arabe palestinien au taux de fiabilité assez faible.

On peut ajouter à la liste qui, si elle devait être exhaustive, deviendrait interminable, Claude Askolovitch. Et Claude Askolovitch est vraiment un très grand journaliste français à qui il importe de rendre hommage. Il ne dira jamais un mot, un seul, qui soit étranger au vocabulaire aseptisé du politiquement correct à la française. Quand le politiquement correct bougera, il bougera avec lui, et comme le politiquement correct bouge présentement, il bouge. Dans une direction qu’il aurait lui-même trouvé pas très présentable il y a quelques années, mais c’était il y a quelques années.

Claude Askolovitch est aussi un très grand journaliste français en ce que, grâce à sa ductile dextérité, il fait partie de ceux qui ont le pouvoir, et peuvent regarder quiconque s’écarte de la ligne avec un mépris condescendant qui pourrait laisser penser à celui d’un nomenklaturiste soviétique en pleine action.

Il expédie dès lors en un quart de ligne des gens tels Philippe Karsenty ou Jonathan Simon Sellem. Pour montrer qu’il est équilibré et sait faire la part des choses entre l’absolument infect et le simplement nauséabond, il décrète le « soutien à la Palestine » un « combat indispensable », est impressionné par la « force » et le « charme » qui se dégageaient de Stéphane Hessel tout en notant que la comparaison de l’occupation israélienne » en « territoire palestinien » effectuée par celui-ci était peut-être un peu excessive. Il souligne que Hugo Chavez était un « grand homme » parce qu’il était impérialiste et excuse l’antisémitisme du personnage et son amitié avec Ahmadinejad, « connerie de l’habitude », dit-il avec cet air supérieur qu’ont les très grands journalistes.

Mais il ne s’arrête pas là, il évoque la « stupidité méchante du CRIF », qui, dit-il, « donne des leçons à l’Islam » en fréquentant des gens tels que l’imam Chalghoumi, sans doute. Un imam ami d’Israël, ce n’est pas admissible pour les très grands journalistes.

Il reproche au Crif de s’acoquiner « avec des pré-fascistes ou des écervelés » : des gens comme moi, Philippe Karsenty, Jonathan Simon Sellem, sans doute. Pour les très grands journalistes, ne pas être résolument « pro-palestinien », c’est être pré-fasciste et écervelé, mais trouver Mahmoud Abbas modéré, quand bien même sa référence fondamentale reste Amin Al Husseini, c’est avoir l’esprit ouvert et une pensée profonde.

Claude Askolovitch ne se limite pas à quelques crachats sur le Crif, non.

Emporté par son élan, et certain de s’approcher des sommets de sa profession, il en rajoute.

Véronique Genest, qui n’est pas « pro-palestinienne », c’est exact, devient un exemple de « bêtise » et d’ « islam bashing odieux et niais » : pour un très grand journaliste français, critiquer le judaïsme et cracher sur le Crif, c’est bien, et c’est dans l’air du temps, critiquer le christianisme, c’est très bien, mais adopter vis-à-vis de l’islam une position différente de celle d’un étudiant fervent d’Al Azhar au moment de la prière, c’est très mal.

La municipalité communiste de Bezons venant de faire citoyen d’honneur de la ville un assassin arabe palestinien nommé Majdi Ihrima Al-Rimawi, Claude Askolovitch en parle, mais, et c’est à cela qu’on reconnaît le très grand journaliste français, c’est pour reprocher au maire de Bezons, un « imbécile » dit Askolovitch, d’avoir omis d’indiquer dans le bulletin municipal que Majdi Ihrima Al-Rimawi était un assassin. Pas pour lui reprocher d’en avoir fait un citoyen d’honneur, ou pas vraiment.

Pourquoi ? Parce qu’après tout, la gauche peut bien faire de certaines gens des citoyens d’honneur, pour peu qu’elle assume. Je cite : « Il fut un temps où une gauche, un communisme, étaient pour le tiers-monde et la libération des peuples, en assumant la part de violence inévitable ».

Et Majdi Ihrima Al-Rimawi est décrit par Askolovitch comme n’étant pas vraiment un terroriste. Mais comme ayant commis un « acte politique », «que les Palestiniens ont pu revendiquer comme Israël revendique l’exécution de Cheikh Yassine ». De fait, Majdi Ihrima Al-Rimawi a juste tué un ministre israélien. Ce qui n’est sans doute pas très grave. Un ministre israélien, n’est-ce pas…

Le ministre en question, Rehavam Zeevi était, précise Askolovitch, un « épurateur ethnique en puissance » en ce qu’il disait que les Arabes palestiniens de Judée Samarie étaient Jordaniens, ce qu’ils étaient effectivement jusqu’à une date récente (c’est à l’oubli de ce genre de détails qu’on reconnaît les très grands journalistes), et en envisageant leur retour volontaire vers la Jordanie.

Si vous voyez dans ce raisonnement une justification du meurtre d’un ministre israélien et du terrorisme palestinien pourvu qu’il tue modérément, c’est que vous avez l’esprit très mal tourné, et Askolovitch vous dira sans doute que vous êtes un vil crétin. Et comme Askolovitch est un très grand journaliste français, il aura raison. Les très grands journalistes français ont toujours raison. Et s’ils ne le disent pas eux-mêmes, c’est la justice qui le dit.

Si vous voyez dans ce raisonnement une façon d’entériner le fait qu’une ville française fasse d’un tueur de Juif un citoyen d’honneur, c’est que vous avez décidément l’esprit très mal tourné.

Vous devriez d’ailleurs cesser de me lire. Il y a tellement de grands journalistes français en France, et ils écrivent de si belles choses. Ils sont si intelligents, si raffinés, si cultivés, si subtils, si scrupuleux que vous auriez tort de vous en priver.

Et de toute façon, vous n’avez pas le choix. Les grands journalistes français ont le pouvoir en France. Ils règnent sur tous les médias. Quelques dissidents parviennent parfois à passer par les interstices et sont des rescapés.

Encore quelques invectives de très grands journalistes français, et les très grands journalistes français parleront entre eux face à un horizon lisse où pas une tête ne dépassera.

On pourra dire : « Le monde progresse, l’avenir est radieux, personne ne peut changer ce courant général ». La phrase est extraite du Petit livre rouge de Mao. Et un grand journaliste vous le dira, Mao était tout de même un penseur profond, et un visionnaire.

Que dirai-je à ceux qui me trouveraient pessimiste ?

Que cela pourrait être pire.

Allez… Pour le moment, aucun maire français n’a fait de Mohamed Merah citoyen d’honneur de sa ville à titre posthume. Cela viendra sans doute, je sais. Cela viendra. Au train où vont les choses….

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