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Publié par Gaia - Dreuz le 20 mars 2013

Un pistolet à billes hors d’usage et un couteau ont été découverts le mois dernier dans le cartable d’écoliers de Nuyens. « Un incident isolé qui a été traité ».

C’est un mot, signé de la directrice et de l’équipe pédagogique et laissé mi-février dans le carnet de liaison des enfants, qui a alerté les parents d’élèves de l’école Nuyens à Bordeaux. Des armes – un pistolet à billes hors d’usage et un couteau – avaient été découvertes dans des cartables d’enfants de CP et CE1.

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Des armes à l’école… « Forcément, cela entre en résonance avec ce qui se passe Outre-Atlantique, craint Manuel Bouvard, professeur de psychiatrie de l’enfant et responsable du pôle de pédopsychiatrie universitaire à Charles-Perrens. Or la situation n’a rien à voir. Contrairement aux États-Unis, les petits Français n’ont pas un rapport naturel aux armes, ce n’est pas un objet courant, du quotidien. En France, on peut encore dire “une arme, c’est dangereux, ce n’est pas normal d’en retrouver en classe”. »

« C’est un fait isolé, absolument pas coutumier, confirme Guylène Hesnault, directrice académique adjointe. Et parce que c’est interdit et inacceptable, parce qu’il n’est pas question que cela se reproduise, nous voulions apporter une réponse éducative. »

La découverte a été fortuite ce matin-là, car les enseignants ne procèdent pas à une inspection systématique des cartables. Mais des témoignages d’enfants, recueillis par des parents, font état de l’utilisation d’un pistolet à plusieurs reprises. À la sortie des toilettes, à la récréation de la cantine. Des fillettes ont pris peur quand elles ont été visées par une arme de poing. Certaines ne sont pas retournées aux toilettes pendant plusieurs jours.

Conséquences d’une imagination débordante ? Simple jeu pour les garçons ?

« À cet âge-là, tout est objet de jeu pour l’enfant, explique Manuel Bouvard. Il y a un continuum entre l’arme imaginaire et ces objets. La frontière entre la réalité et le jeu n’est pas franche, elle est même élastique. Ce sur quoi les adultes doivent être vigilants c’est la véracité de l’arme. Les apparences peuvent être trompeuses, une arme factice peut faire illusion. »

« Ce n’est plus du jeu »

Les adultes, eux, ont fait la différence. Les armes découvertes dans les cartables de l’école Nuyens n’étaient en aucun cas des jouets ni des répliques factices. C’est pourquoi le problème a été pris très au sérieux par la directrice et son équipe. Le sujet a été abordé en conseil d’école fin février. « On se demande toujours s’il faut communiquer ou pas, poursuit Guylène Hesnault. Là, le choix a été fait d’associer les parents pour qu’ils soient vigilants sur ce qui se retrouve dans le cartable. De leur côté, les enseignants préparent une séance d’éducation civique sur le thème de la mise en danger de la vie d’autrui. » Il s’agit en quelque sorte de ne pas dramatiser mais de ne pas banaliser.

À la sortie des classes, les avis sont partagés. Certains parents ont été consternés, voire affolés par la nouvelle. D’autres se gardent bien « d’alimenter une psychose qui serait contre-productive ». « Il ne faut pas en faire plus qu’un incident, suggère Manuel Bouvard. C’est comme quand un élève met un coup de poing à un autre, il faut lui expliquer que c’est une barrière qu’il ne faut pas franchir. »

Et le pédopsychiatre de conclure : « La question que cela pose c’est plutôt celle de l’accès par l’enfant à ce type d’objets dangereux. Il ne s’agit pas de trouver un coupable, mais de rappeler la règle. Et la règle c’est qu’il n’y a pas d’arme dans mon école. Et qu’amener de tels objets, ce n’est pas comme piquer trois billes à un autre. Ce n’est plus du jeu. »

http://www.sudouest.fr/2013/03/20/des-armes-dans-le-cartable-999726-2780.php

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