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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 28 mars 2013

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Les excuses d’Israël à la Turquie concernant le raid du Mavi Marmara vont renforcer la coopération entre les deux pays sur la guerre civile en Syrie, mais elles ont également une conséquence économique importante : l’exportation de milliards de dollars de gaz naturel israélien en Turquie et au delà vers l’Europe, explique Joshua Mitnik dans le Wall Street Journal (1).

« Des contacts discrets entre Israël et la Turquie sur la coopération gazière ont eu lieu ces derniers mois, mais les deux parties savaient que rien ne pouvait progresser tant que le différend sur le raid soit résolu », a déclaré Alon Liel, ancien émissaire israélien en Turquie et informé des pourparlers.

« Même avant la réconciliation, il y avait des discussions sur l’exportation du gaz à travers la Turquie. Maintenant qu’il y a eu réconciliation, c’est devenu chose possible », a t-il déclaré. « Chypre est en plein effondrement économique, et Israël a compris qu’il ne pouvait pas réaliser ses plans pour l’exportation par le biais Chypre. »

Joshua Mitnik : M. Netanyahu a déclaré que la nécessité de s’entendre avec la Turquie pour gérer les retombées de la guerre civile en Syrie était la raison principale pour laquelle il a abandonné son refus de s’excuser. Mais une autre raison a fait son apparition. La Turquie, avec sa forte croissance économique, représente la destination la moins coûteuse pour exporter le gaz découvert au large de la côte israélienne ces dernières années. Un accord d’approvisionnement de 4 milliards de dollars par an à la Turquie pourrait être prochainement signé, selon un analyste israélien.

Joshua Mitnik : La Turquie est devenue une destination encore plus attrayante en raison de la crise de Chypre, qui obsurcit les plans de coopération entre Chypre et Israël sur l’exploration de l’offshore méditerranéen, et la construction d’une usine de gaz naturel liquéfié pour l’export.

Joshua Mitnik : Et pour la Turquie, brancher un tuyau sur les réserves de gaz offshore Israélien contribuerait à diversifier ses sources d’énergie et ses coûts d’approvisionnement, alors que la demande turque en gaz naturel devrait doubler d’ici à 2025, selon les analystes de l’énergie.

Joshua Mitnik : Compte tenu de l’effondrement d’un accord israélo-égyptien d’alimentation en gaz naturel, tout accord devra tenir compte du risque politique, a déclaré Amit Mor, un expert en énergie israélien qui estime que le chiffre d’affaires annuel se situe entre 3 milliards et 4 milliards de dollars, au prix actuel.

Amit Mor estime que le coût du transport du gaz naturel via un gazoduc vers la Turquie pourrait être cinq fois plus bas qu’en passant par Chypre. Il prendra également moins de temps à mettre en place.

« L’exportation vers la Turquie est sans aucun doute l’option la plus économique pour Israël », a déclaré M. Mor, directeur général du cabinet de conseil Eco Energy Ltd. « Il y a un intérêt majeur pour exporter le gaz le plus tôt possible. Le rapprochement avec la Turquie permet de mettre cette option sur la carte. »

Dans la Gazette d’Istambul (2), le Dr. Can Erimtan, consultant chez IRCNL (International Relations Consulting Network et Lobbying) un cabinet de lobbying, avance qu’au cours des dernières semaines, les besoins d’importations énergétiques de la Turquie ont été mises en évidence à plusieurs reprises, notamment par le fait que le pays dépense 60 milliards de dollars par an.

En ce qui concerne ses besoins en gaz naturel, explique Erimtan, la Turquie est essentiellement tributaire de la Russie et, dans une moindre mesure, de l’Iran. Mais maintenant que l’impasse diplomatique entre la Turquie et Israël a pris fin, grâce à l’intervention personnelle du président américain Obama, de nouvelles opportunités pour les importations de gaz ont pris forme.

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Can Erimtan : Avant les excuses quelque peu surprenantes de Netanyahu, le ministre turc de l’Energie et des Ressources naturelles, Taner Yıldız, avait clairement indiqué que « certaines conditions doivent être remplies pour des projets comme le pipeline pour transporter le gaz d’Israël. Nous ne pouvons pas commencer ce projet sans que les conditions prévues par le premier ministre aient été remplies ».

Can Erimtan : Comme nous l’avons indiqué hier, le groupe turc Zorlu est en train de développer ce corridor énergétique sous la Méditerranée. À l’heure actuelle, Ahmet Nazif Zorlu, le président, n’a fait de déclaration sur le projet, mais a simplement indiqué : « Nous allons poursuivre nos investissements dans la région ». Zorlu est l’un des acteur les plus importants sur le marché de l’énergie israélienne.

Ahmet Nazif Zorlu: « Nous finalisons cette année la construction de l’usine de 800 MW de gaz naturel de Dorad dans la région d’Ashkelon en Israël, détenue conjointement par nous. Dans le même temps, nous poursuivons la construction des centrales électriques de 175 MW d’Ashdod et de Ramat Negev. Et d’autre part, nous sommes également en train de poursuivre la phase de pré-investissement du projet régional Solad d’énergie solaire ».

Can Erimtan, dans la Gazette d’Istambul : les excuses de Netanyahu sont autant politiques que géopolitiques que commerciales, ce qui a conduit les autorités turques à déclarer : « il a été accepté comme une donnée factuelle que le gisement de gaz israélien est la découverte la plus importante de la décennie. Il est très important pour Israël que ce gaz arrive sur le marché. Et pour atteindre cet objectif, le marché le plus naturel est la Turquie. Ce projet ne peut être réalisé que si le secteur privé turc et les investisseurs internationaux d’investissement [en Israël] se rejoignent. À l’heure actuelle, la société américaine Noble et la société israélienne Delek investissent massivement au large de la côte israélienne en Méditerranée. Mais il y a aussi un grand nombre d’entreprises turques, comme Zorlu, Genel Enerji, Turcas, Calik et Gaz Ege, en lice pour transporter le gaz israélien. Il y a un niveau élevé de compétition entre les entreprises turques à ce sujet. »

Can Erimtan conclut que l’oléoduc aura une longueur d’environ 600 kilomètres et transportera 8 à 10 milliards de mètres cubes de gaz par an. Les réserves totales de gaz naturel au large de la côte israélienne dans le seul gisement de Léviathan sont estimées à environ 425 milliards de mètres cubes.

Stefanos Evripidou, citant un diplomate chypriote dans le Cyprus Mail (3) tente de calmer l’enthousiasme turque : « il serait naïf de ne pas imaginer que dans le futur, ils vont mettre tout dans la balance : le problème de Chypre, les hydrocarbures, et le projet de pipeline d’eau d’Erdogan. Tout cela va arriver sur la table », et avec les réserves de gaz de Chypre, il y a une lumière au bout du tunnel, espérons que ce n’est pas un train ».

Stefanos Evripidou ajoute qu’une source du milieu de l’énergie soutient qu’il était trop tôt pour dire si un pipeline entre la Turquie et Israël est politiquement et physiquement faisable. Il faut prendre en considération la route que prendra le pipeline. Est ce qu’il passera par les eaux libanaises et syriennes, ou les contournera-t-il par la zone économique exclusive de Chypre (EEZ) ?

De Gaulle disait à Ben Gurion: « la France n’a pas d’amis, ni d’ennemis, elle n’a que des intérêts ». Et les verts qui détruisent minutieusement les ressources énergétiques de la France…

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info

(1) http://online.wsj.com/article/SB10001424127887324105204578382243773388484.html
(2) http://istanbulgazette.com/zorlu-group-pipeline-move-israeli-gas-turkey/2013/03/26/
(3) http://www.cyprus-mail.com/cyprus/turkey-and-israel-change-gas-game/20130325

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