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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 1 avril 2013
Bergoglio Kirchner
Kirchner et Bergoglio

Qui est mieux placé que les médias de gauche pour ourdir une propagande musclée, assurée d’être reprise internationalement, contre le pape François ? Personne.

Et c’est une propagande soigneusement fabriquée par la gauche argentine destinée à se venger du pape François que ce dernier devra affronter durant sa papauté, en commençant par les vicieuses accusations de complicité avec la dictature argentine, puis de sa collaboration à l’enlèvement de deux prêtres jésuites argentins, Orlando Yorio et Francisco Jalics par la junte militaire.

Car il s’agit d’une vengeance.

Ainsi, rappelle The Economist (1), lorsque le cardinal Jorge Mario Bergoglio était archevêque de Buenos Aires, ses relations avec la présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner « allaient de glaciales à hostiles ».

  • En 2008, Bergoglio avait soutenu les agriculteurs qui affrontaient Kirchner au sujet d’une augmentation des impôts, ce qui affecta lourdement la popularité de la présidente.
  • En 2010, il critiquait ouvertement l’approbation par la présidente de gauche de la loi pour légaliser le mariage gay.
  • Bergoglio accusait également Kirchner de ne pas faire assez d’effort pour lutter contre la grande pauvreté du pays suite à l’effondrement économique de 2001-2002 provoqué par le FMI, vérité qui fut ressentie par la gauche et les médias comme une maladie honteuse qu’il ne fallait pas divulguer.
  • En juin 2008, l’Église catholique d’Argentine décida de créer deux nouveaux diocèses en Patagonie (2), ce que Cristina Kirchner accepta, mais à condition que l’Église y rattache les Malouines (Falklands), manœuvre destinée à faire reconnaitre par un Etat étranger la souveraineté de l’Argentine sur ce territoire disputé. Le Pape refusa.
  • Encore en 2008, Kirchner reçu un autre camouflet du Vatican pour son faux pas diplomatique, lorsqu’elle proposa l’ancien ministre de la justice Alberto Iribarne, un homme divorcé qui vivait en union libre, au poste d’ambassadeur auprès du Vatican, ce que la cité papale n’accepta pas (3), alors qu’au même moment, la présidente était accusée par l’Eglise catholique argentine, chez elle, du fait que son gouvernement trichait sur les chiffres affichant une baisse de la pauvreté.

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Des doutes fondés d’une propagande de la gauche argentine

Quand ils apprirent que Bergoglio venait d’être élu nouveau pontife, les partisans de Kirchner au Congrès refusèrent d’interrompre une éloge au défunt président du Venezuela Hugo Chavez, et alors que toutes les chaînes de télévisions privées de ce pays catholique, qui ne reconnait pas la séparation des pouvoirs entre l’état et l’église, passaient des images du Vatican en continu, la chaîne 7, télévision publique bien ancrée à gauche, passa des dessins animés…

Aussi la relation difficile entre le nouveau pape et la présidente d’Argentine révèle-t-elle que les allégations contre Bergoglio ne sont que de la propagande de la gauche argentine.

Verbitsky, surnommé le « propagandiste en chef », à l’origine des accusations

Après l’élection du Pape, c’est le journaliste Horacio Verbitsky qui a renouvelé ses affirmations antérieures selon lesquelles Bergoglio avait remis les deux prêtres jésuites à l’armée argentine en 1976. Mais Verbitsky, pour les personnes familières avec le milieu médiatique argentin, porte depuis longtemps le surnom de « propagandiste en chef » du gouvernement Kirchner !

The Economist ajoute : « Les universitaires [argentins] qui ont étudié la violence politique de l’Argentine des années 1970, pensent qu’il n’existe aucune preuve que Bergoglio a aidé la dictature, et lui-même a rejeté l’allégation », rappelant le fait qu’il avait, au contraire, fait pression sur la junte pour libérer les prêtres enlevés.

En outre, récemment, Adolfo Perez Esquivel, qui a remporté le Nobel de la Paix 1980 pour sa documentation sur les atrocités de la junte, a déclaré à Associated Press que Bergoglio n’a « jamais collaboré avec la dictature. »

Douche froide

Juste après son élection, un sondage révéla que 50% de la population argentine considérait que la nomination du pape nuira au gouvernement Kirchner, et qu’il renforcera le pouvoir des cardinaux, largement hostiles au gouvernement de gauche en place.

En réaction à cette douche froide, alors qu’elle lui avait déjà envoyé une glaciale lettre de félicitations, Cristina Kirchner s’est précipitée à Rome pour déjeuner avec le pape François, à son hôtel la veille de son intronisation, et son fils a immédiatement retourné sa veste et organisé une grande fête dans le bidonville Villa 21-24 en l’honneur du nouveau pape avec les membres de son groupe, les Montoneros.

Lors de ce déjeuner, la présidente argentine a offert au pape une gourde pour boire le maté, la boisson traditionnelle à base de thé qu’il affectionne, et lui a demandé d’intervenir en soutien de son pays concernant la souveraineté sur les territoires disputés des îles Malouines, ce que le pape ne fera pas, irritant encore une fois l’intelligentsia argentine et revancharde.

Tout près en Europe, la passivité de la fille aînée de l’Eglise vis à vis des « progressistes » – avec les résultats catastrophiques que l’on connait – contraste tant avec la vivacité de la branche argentine, que l’élection du courageux cardinal a de quoi effrayer les gauchistes, qui ne manqueront pas une occasion pour tenter de noircir l’image du pape François auprès des croyants les plus perméables.

Et catastrophe des catastrophes, le pape François est de longue date un proche et sincère ami des juifs, ce que l’internationale médiatico-politique antisioniste – dont Kirchner n’est pas un maillon faible – voit d’un très mauvais œil.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info

(1) http://www.economist.com/news/americas/21573983-discomfited-government-puts-brave-face-election-pope-francis-while-its?
(2) http://en.mercopress.com/2008/06/30/falklands-issue-added-to-the-argentina-vatican-rift-agenda
(3) http://blogs.reuters.com/faithworld/2008/09/22/argentina-opts-for-family-man-to-help-patch-up-ties-with-vatican/

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