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Publié par Guy Millière le 1 avril 2013

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Je n’ai, étant en déplacement loin de la France et de l’Europe, pu procéder qu’à de brefs commentaires concernant le voyage de Barack Obama au Proche-Orient voici une dizaine de jours.

Rien à attendre du voyage d’Obama au Proche-Orient

J’avais noté avant que le voyage ait lieu qu’il n’y avait rien à en attendre : après le voyage, je persiste et je signe en soulignant que ceux qui ont vu quoi que ce soit de positif s’opérer pendant le voyage se font, à mes yeux, des illusions. J’ai écrit pendant le voyage qu’Obama était un charlatan et, tout en souriant, avait donné un baiser de la mort à Netanyahou, et je persiste et je signe là encore.

Obama a, effectivement, comme l’a noté Daniel Pipes, déclaré que les « Palestiniens » devaient reconnaître Israël en tant qu’Etat juif, ce qui a, effectivement, conduit un dirigeant du Hamas, à dire qu’il s’agissait là d’une déclaration dangereuse. Il a aussi, comme l’a noté Charles Krauthammer, déclaré à Ramallah que les villes et villages juifs en Judée Samarie (appelés aussi « implantations ») n’étaient pas un obstacle à des pourparlers, et suggéré à Mahmoud Abbas de revenir à la table de négociations sans conditions préalables. On pourrait même ajouter qu’il a déclaré en outre que concernant l’Iran toutes les options étaient sur la table et suggéré qu’Israël avait le droit de se défendre.

Il n’en reste pas moins qu’Obama a déclaré tout cela dans un contexte où il a incité la jeunesse israélienne et, au delà, le peuple d’Israël, à oeuvrer pour la naissance, je cite, d’une « Palestine indépendante et viable », et il a repris à son compte le discours habituel de la gauche extrême américaine stipulant qu’Israël ne pourrait rester démocratique sans la création de cette « Palestine » là. Il a placé une équivalence entre la création de cette « Palestine » là et la « paix », et il l’a fait en évoquant une « lame de fond d’isolement » d’Israël, et une « frustration croissante de la communauté internationale » concernant Israël, disant clairement qu’isolement et frustrations étaient de la faute d’Israël.

Une vision étrange de la paix

Placer une équivalence entre la création d’un Etat palestinien confié à Abbas, puis aux gens du Hamas qui le remplaceraient assez vite sans aucun doute, et la « paix » est avoir une vision étrange de la « paix ». Dire qu’Israël est responsable de l’isolement et de la frustration qui montent sans jamais parler de la propagande de haine anti-israélienne et sans jamais traiter de la montée de l’islam radical dans tout le monde musulman relève de l’imposture.
Obama peut fort bien avoir suggéré des négociations sans conditions préalables et une reconnaissance d’Israël en tant qu’Etat juif par les « Palestiniens », il n’obtiendra de la partie « palestinienne » ni les négociations qu’il suggère, ni la reconnaissance d’Israël qu’il suggère, et je pense qu’il le sait.
Mais il a persisté à parler de « paix » dans les mêmes termes que depuis janvier 2009, et il a persisté à incriminer Israël dans des termes très proches de ceux qu’il utilise depuis janvier 2009.

Qu’il ait enrobé cela de propos sirupeux ne change rien. Qu’il ait ajouté quelques mots à ses propos ne change fondamentalement rien non plus.

Evoquant les changements dans le monde arabe, Obama a persisté, par ailleurs, à dire que ceux-ci étaient porteurs d’un élan populaire vers la liberté et la démocratie que marquent négativement quelques extrémistes marginaux qu’il semble renvoyer dos à dos avec des extrémistes israéliens (ceux qui seraient hostiles à la « paix » et ne verraient pas l’élan populaire vers la liberté et la démocratie dans le monde arabe) : un homme qui ne voit pas que ce qui se passe dans le monde arabe est un déferlement islamiste porteur d’antisémitisme, est ou bien un imbécile, ou bien quelqu’un qui prend ceux qui l’écoutent pour des imbéciles. J’opte pour la deuxième réponse : et je pense qu’en disant que c’est le moment exact où les Israéliens devraient faire des concessions majeures et tenir un discours d’apaisement est se moquer du monde.

Obama se moque du monde

Obama voit fort bien ce qui se passe dans le monde arabe, puisqu’il a joué et joue toujours un rôle dans cela : il voit fort bien le déferlement islamiste porteur d’antisémitisme. Il prend ceux qui l’écoutent pour des imbéciles. Il sait que des concessions majeures d’Israël aujourd’hui seraient suicidaires, tout comme il sait que placer sur le même plan des « extrémistes » israéliens et les islamistes est odieux et grotesque, et donc oui, il se moque du monde.

Des phrases parlant de l’injustice subie par les « Palestiniens » (« Il n’est pas juste qu’un enfant palestinien ne puisse pas grandir dans un Etat qui serait le sien, et doive vivre en présence d’une armée étrangère qui contrôle quotidiennement les mouvements de ses parents. Il n’est pas juste que la violence des colons reste impunie. Il n’est pas juste d’empêcher les Palestiniens de cultiver leurs terres, d’interdire la liberté de mouvement sur la Rive occidentale, ou d’expulser des familles palestiniennes de leur domicile… Les Palestiniens ont le droit d’être un peuple libre sur ses propres terres ») sont, en supplément, scandaleuses, et semblent tirées de tracts de propagande de l’Autorité palestinienne, pas d’un discours d’un Président des Etats Unis. Le fait qu’elles aient été prononcées par un Président des Etats Unis qui a beaucoup fréquenté des gens tels que Rashid Khalidi, donc des propagandistes « palestiniens » est, hélas, logique.

En laissant entendre que les islamistes dans le monde arabe sont des marginaux (des marginaux tels que Mohamed Morsi, sans doute), Obama laisse entendre aussi que les terroristes sont des marginaux parmi les « Palestiniens », et que la défense du terrorisme chez ceux-ci est également marginale. C’est non seulement faux, mais abject, car chaque semaine des violences antijuives sont perpétrées par des « Palestiniens » et largement approuvées parmi les « Palestiniens ».

Obama a parfaitement entendu le discours prononcé par Mahmoud Abbas à Ramallah, et ce discours était sans ambiguïté, et favorable au terrorisme.

Obama a cité Ariel Sharon puis David Grossman, et enfin David Ben Gourion, pour évoquer la nécessité de croire aux miracles, ce tout en disant que les aspirations des jeunes Egyptiens sont les mêmes que celles des jeunes Israéliens : vouloir faire croire que les aspirations des jeunes Egyptiens sont les mêmes que celles des jeunes Israéliens n’est pas vouloir faire croire aux miracles, mais se moquer du monde une fois encore. Citer dans la même phrase Ariel Sharon et David Grossman est, au mieux, grotesque.

Comme s’il voulait nier le résultat des élections israéliennes

Inciter ses auditeurs à faire pression sur leurs dirigeants pour qu’ils prennent des « risques » est une façon inavouée de s’en prendre au gouvernement israélien et de tenter de passer par dessus les processus électoraux israéliens (je cite encore : « les dirigeants politiques ne prendront pas de risques si les gens n’exigent pas qu’ils le fassent. Vous devez créer le changement que vous voulez voir s’accomplir »). Obama sait que le gouvernement israélien résulte d’élections récentes : il a parlé comme s’il voulait nier le résultat de ces élections.

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Enfin, il l’a dit à Jérusalem et à Ramallah, Obama considère qu’il a défini préalablement ce qu’il entendait par « Palestine viable ». Ses propos sur les « frontières de 1967 » sont donc toujours d’actualité. La « Palestine viable » selon Obama est donc toujours toute la Judée-Samarie, plus Jérusalem Est.

Dois-je ajouter que dans ses propos sur les « implantations », si on les lit de près, Obama a déclaré que dès lors que la Palestine verrait le jour et accepterait de respecter la sécurité d’Israël (comment ? Mystère), l’obstacle constitué par les « implantations » disparaîtrait. Ce qui sous entend une acceptation du projet de « Palestine » judenrein proposé par Mahmoud Abbas.

Comme je l’ai noté voici quelques jours, Obama n’a pas réussi à parvenir à ses fins par la confrontation avec Netanyahou. Il essaie d’y arriver autrement.

Il ne fera pas voter les Etats Unis en faveur de la reconnaissance d’un Etat palestinien à l’ONU, ce n’est pas nouveau : il n’ignore pas que la cause israélienne est très populaire aux Etats Unis et il sait jusqu’où il peut aller et jusqu’où il ne peut pas aller.

Il a légèrement modifié ses demandes faites aux dirigeants « palestiniens », ce qui est sans conséquences, pour les motifs que j’ai énoncés plus haut.

Il continue, par delà la façade des éloges, à incriminer Israël dans des termes aussi odieux que depuis quatre ans et deux mois : et cela peut avoir des conséquences.

Il persiste à dépeindre l’évolution du monde arabe comme si l’islam radical n’était pas un problème et comme si les Frères musulmans étaient de doux pacifistes. Et cela a d’ores et déjà des conséquences.

Il reste dans le cadre des « frontières de 1967 ». Et persiste à entériner le principe d’une « Palestine » judenrein.

Et on voudrait que je pense qu’il a changé de positions ?

Il reconnaît qu’Israël a le droit de se défendre face à l’Iran. Mais peut-il faire autrement ? Il a, je l’ai écrit, contraint Netanyahou a des excuses humiliantes envers Erdogan, excuses qui ne changeront pas la position d’Erdogan, mais qui portent atteinte en réalité à la légitimité du droit qu’Israël a de se défendre.

Et on voudrait que je pense qu’il a changé de positions ?

Comme disait un ancien dissident face à l’Union Soviétique sous Gorbatchev, le serpent est le même. Il a juste changé de peau. Et encore, a-t-il changé de peau ? Il a plutôt utilisé des cosmétiques pour farder sa vieille peau.

La paix viendra quand l’islam radical sera défait et vaincu, quand la « cause palestinienne » et ses vecteurs, Autorité palestinienne, Hamas, djihadistes, gauchistes occidentaux et autres idiots utiles et inutiles seront eux-mêmes vaincus. Pas avant. En attendant, Israël doit rester debout, ferme, lucide, et se défier des serpents et des marchands d’huile de serpent (snake oil en anglais).

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