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Publié par Guy Millière le 5 avril 2013

stalin

Je ne sais si Frédéric Taddei m’invitera encore dans Ce soir ou jamais ou s’il ne le fera pas, et, à vrai dire, peu m’importe. Il est maître de ses choix et de sa façon de composer ses plateaux. Je ne sais qui il compte inviter dans les semaines à venir.

Je sais seulement que Ce soir ou jamais est un espace de liberté et de pluralisme, et je sais que cela est reproché depuis longtemps à Frédéric Taddei.

Je sais qu’en France, la présence sur le plateau de Frédéric Taddei d’invités qu’on ne voit pas ailleurs dérange et je sais que l’irritation née des invitations effectuées par Frédéric Taddei se rencontre aussi bien à droite qu’à gauche.

Je sais que certains de mes amis juifs lui ont reproché d’inviter des gens qui flirtent avec l’antisémitisme ou qui y sont plongés jusqu’au cou, et je sais aussi que des antisémites que je ne fréquente pas, même de loin, lui ont reproché d’avoir invité des gens tels que moi-même, Gilles-William Goldnadel ou Elisabeth Levy.

Je sais que des libéraux de mes amis ont trouvé qu’il avait trop tendance à inviter des gauchistes parfois, et que des gauchistes symétriquement ont pu lui reprocher d’inviter des auteurs libéraux tels que mes amis Mathieu Laine, Nicolas Lecaussin ou Philippe Nemo.

Je sais surtout que dans un contexte français où le monolithisme de la pensée se fait chaque jour plus écrasant ce que fait Frédéric Taddei est digne et courageux.

Je sais aussi sais que sa conception du débat se situe dans la lignée de ce qui a pu faire la grandeur du débat intellectuel en France, et je vois que les adeptes de la pensée unique à la française voudraient abattre Frédéric Taddei.

Je vois de petits disciples de Joseph Staline, que je ne connais pas et n’ai aucune envie de connaître, prendre la pose du maître censeur et du donneur de leçon, et je trouve cela insupportable.

Je vois, derrière ces journalistes, qui disent tout haut ce que d’autres pensent tout bas, se dessiner une meute que je connais bien.

Elle est constituée de tous ceux qui composent la nomenklatura française, pas plus digne et pas plus souple que la nomenklatura soviétique d’autrefois.

Et je le redis, bien au delà de Frédéric Taddei, qui a toute mon estime : ce pays crève de l’absence de liberté de parole et de pensée.

Il crève du fait que des gens se pensent autorisés à décréter qui a le droit de parler et qui n’a pas le droit, qui a les idées justes et qui a des idées qui doivent passer à la trappe.

Il crève du fait qu’il n’y aura bientôt plus qu’une seule façon en lui de parler de tous les sujets, qu’il s’agisse de l’économie ou de l’islam, du mariage ou de la mondialisation, d’Israël ou des Etats-Unis, de l’Europe ou de la Chine.

J’ai toute forme de racisme en horreur, mais je préfère une société où un raciste peut dire qu’il est raciste à une société où il pourra passer pour un opprimé et cacher son abjection sous le manteau avantageux de l’exclusion.

Je combattrai l’antisémitisme de toutes mes forces et toute mon existence, mais je préfère une société où un antisémite peut l’être et montrer toute son abjecte ignominie à une société où un antisémite fera avancer l’antisémitisme en se cachant sous les parures de l’ « antisionisme » ou sous des allusions nauséabondes.

Je suis résolument antitotalitaire, mais je préfère une société où un totalitaire peut exprimer des idées totalitaires à une société dans laquelle il devra dissimuler que ses idées sont totalitaires et dans laquelle il pourra faire avancer celles-ci sournoisement.

Et surtout, la prétention qu’ont certains à dicter ce qui leur semble vrai me semble l’antichambre de la pire dictature.

A cause de ces gens là, chaque mois, des éditeurs mettent la clé sous la porte, des écrivains renoncent à publier et d’autres se suicident, et tout un peuple se retrouve dans une situation de sous information, voire de désinformation.

Un homme informé et libre d’avoir accès à l’information et à la connaissance est un homme disposant de la possibilité d’être souverain sur sa propre vie. Un homme qui se trouve privé de l’accès à l’information et à la connaissance est un homme à qui on retire la possibilité d’être souverain sur sa propre vie et qui se trouve conduit vers l’égarement et la servitude.

Les petits disciples de Joseph Staline aujourd’hui en France conduisent tout un peuple vers l’égarement et la servitude, et tout un pays vers le naufrage. Ce sont de criminels imposteurs.

Ils peuvent, comme l’un d’entre eux l’a fait à mon égard ici, traiter les autres de « porcs » ou de « salauds » : leur conduite ne mérite pas d’être qualifiée d’une conduite de porcs, car j’ai connu des porcs plus nobles qu’eux. Mérite-t-elle d’être qualifiée d’une conduite de salauds ? Je ne recours pas à l’insulte, mais c’est une évidence qu’ils trahissent l’éthique la plus élémentaire du journalisme.

Ils ont aisément l’invective à la bouche : ils utilisent aisément l’expression « extrême droite ». Ou, ce qui est équivalent pour eux, le mot « fasciste ». Faute d’avoir le moindre argument intellectuel dans leur besace, et pour éviter toute forme de dialogue qui montrerait leur vacuité boursouflée, ils choisissent l’invective, le crachat ou l’anathème.

Ils peuvent ainsi définir comme d’extrême droite les défenseurs de la liberté de parler, de penser, de savoir et d’informer et dire impunément que les adeptes d’une censure digne de celle qui existait à Moscou sous Beria ou à Berlin sous Goebbels, eux, ne sont pas d’extrême droite.

Ils peuvent définir comme « fascistes » des adeptes de la liberté individuelle et clamer que des ennemis de la liberté individuelle, eux, ne sont pas fascistes.

Ils peuvent élaborer des listes noires dans des magazines grand public, et placer côte à côte des gens qui n’ont rien à voir les uns avec les autres juste pour les salir par le biais de l’amalgame.

Ils semblent tout droits sortis du 1984 de George Orwell. Ils ont fabriqué leur propre novlangue, et décrivent une réalité selon la novlangue qui n’a plus aucun rapport avec la réalité.

Ils ont leurs minutes de haine, et pour eux Emmanuel Goldstein peut s’appeler Binyamin Netanyahu ou bien George Walker Bush.

Ils détruisent la logique, mais peuvent le faire impunément car ils se cooptent entre eux et occupent toutes les positions ou presque.

Ils détruisent tout court. Je ne connais que trop bien leurs façons de faire.

Quand je me contentais d’écrire des textes d’économie libérale et de philosophie du droit, je n’avais pas attiré leur attention.

Quand j’ai défendu les boat people vietnamiens avant que ce soit l’heure à leurs yeux, je me suis attiré leur haine une première fois. Et pourtant, je persiste à penser que j’avais raison de défendre les boat people vietnamiens, même si ce n’était pas l’heure à leurs yeux.

Quand j’ai dit ce que j’avais vu et entendu dans un camp palestinien où on lisait Mein Kampf, je me suis attiré de leur part une haine exacerbée. Et pourtant j’avais vu et entendu ce que j’avais vu et entendu.

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Quand j’ai critiqué l’islam, bien que je n’aie cessé de faire une distinction entre islam radical et islam modéré, je suis devenu un « raciste islamophobe » : je ne sais si, pour peu que j’aie critiqué le christianisme, je me serais fait traiter de « raciste christianophobe », mais j’en doute très fortement. Il est des religions plus sacrées que d’autres pour les petits disciples de Joseph Staline en France.

Quand j’ai défendu Israël, et quand j’ai traité les terroristes posant des bombes aux fins de tuer des enfants juifs ou se faisant exploser dans des restaurants d’êtres se ravalant eux-mêmes en deça des animaux, je suis devenu un néo-nazi, bien sûr. Ne pas apprécier à leur juste valeur des lecteurs de Mein Kampf tuant des enfants juifs, et défendre Israël sans circonlocutions, pour les petits disciples de Joseph Staline, c’est être « néo nazi » !

Quand je me suis placé du côté des conservateurs et des néo-conservateurs américains, l’étiquette « néo nazi » a été collée plus fortement encore sur moi. Des Américains, en majorité des Juifs, qui parlent de l’universalité des droits de l’homme, de la démocratie et de l’esprit d’entreprise, des disciples de Leo Strauss, philosophe juif réfugié aux Etats Unis pour fuir le nazisme, cela ne pouvait être que des « néo nazis », c’est évident, non ?

Je ne peux plus publier aujourd’hui chez un grand éditeur ou dans un grand magazine. On m’a fortement incité à ne plus écrire du tout. Je ne suis pas du tout le seul concerné. La censure s’élargit comme une mauvaise tache d’huile destinée à recouvrir tout l’horizon.

Ce serait risible si ce n’était aussi tragique.

En tout cas, il ne reste presque rien de la liberté en France, voire moins encore que presque rien. Si nul n’y prend garde, il ne restera plus rien du tout.

Je ne sais ce que pense Frédéric Taddei sur divers sujets. Et peu m’importe. Je sais quelles sont ses qualités, et c’est l’essentiel pour moi.

Je sais pourquoi on veut l’abattre.

Et je sais que ceux qui veulent l’abattre veulent abattre bien davantage que lui.

Comme au temps de Joseph Staline, ils voudraient ne voir que l’uniformité telle qu’ils la définissent.

J’ai de l’aversion pour cette uniformité. Et je pense qu’elle signifie la mort d’une civilisation.

Les vecteurs de mort ne doivent pas triompher.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour www.Dreuz.info, depuis Los Angeles.

PS: Philippe Nemo a écrit sur le sujet dont je traite ici, et sur les lois promulguées par des petits disciples de Joseph Staline aux fins que la mort triomphe, un livre que je recommande: La régression intellectuelle de la France. Il y écrit : « On est fondé à dire que (l’) usage de la force d’État contre la liberté d’expression et le pluralisme relève du fascisme : la détestation du libre débat, la haine de la pensée qui suintent des nouvelles lois de censure s’apparentent à l’obscurantisme et à la misologie des sociétés fascistes historiques qui ont toujours brûlé les livres, persécuté les intellectuels et prétendu fonder le consensus social sur l’élimination violente de toute critique ». Les petits disciples de Joseph Staline s’appuient sur les lois de censure et sur la force de l’Etat, ce qui rend la situation encore plus inquiétante.

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