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Publié par Gilles William Goldnadel le 8 avril 2013

Harlem Desir

Gilles-William Goldnadel revient aussi sur la proposition d’un référendum de moralisation de la vie politique faite par Harlem Désir.

La faute majeure de M. Cahuzac, ce n’est pas de détenir un compte non déclaré à l’étranger. D’autant plus qu’au plan pénal, la messe juridique est loin d’être dite, au regard des lois en vigueur, en matière de prescription de l’infraction initialement constituée.

La prescription correspondant, je le rappelle, au droit à l’oubli d’un délit réalisé anciennement.

Sa faute, la plus grave, ne réside même pas dans un mensonge commis par un homme politique, ce qui n’est peut-être pas une première, ni même parce que « devant la représentation nationale », mais qui a en réalité choqué parce qu’il avait été proféré à la face de millions de téléspectateurs à l’affût.

J’admire la noble assurance de celui qui sait d’avance comment il se comporterait, si d’aventure, il était pris publiquement la main dans le sac devant tout un peuple.

Non, sa faute, originelle, la plus immense, réside dans le fait, qu’alors que lui savait qui il était et ce qu’il avait fait, ce ministre des impôts, socialiste, a défendu, avec conviction, talent, pugnacité, causticité une des politiques fiscales les plus contraignante, brutale et confiscatoire pour les autres, qu’a jamais connue son pays.

Mais cette distance fantastique entre le dit et le fait, cet écart vertigineux entre le discours généreux et l’âpreté personnelle, ces kilomètres placés entre les leçons de morale sévère et sa propre turpitude, ces années-lumière séparant le discours méprisant sur l’argent et les riches et le goût pour le luxe et la fréquentation de ceux qui en jouissent, sont-ils seulement à débiter sur le compte du ministre du Budget ? En ce sens, M. Cahuzac est un homme de la gauche moderne, et la faute commise est emblématique d’un camp qui a toujours considéré que discours vertueux valait quittance et que culpabilisation de l’autre était mieux qu’innocence.

Cette générosité exhibée à la boutonnière sans coûter un bouton de guêtres n’est certes pas l’apanage de la gauche socialiste.

Elle est la marque de fabrique des généreux par profession qui peuplent le casting médiatique ou artistique.

Ceux qui invitent les sans-papiers à la table des autres, ceux qui militent pour les intermittents du spectacle mais qui s’empressent d’aller tourner à l’étranger pour sous-payer les figurants, ceux qui plébiscitent Toretton mais imitent Noah.

Puisse être proche le jour où le peuple de France ouvrira les yeux sur cette duplicité là, comme il les a désormais ouverts sur le parti de la gauche caviar. Je voulais dire gauche Cahuzac.

Ayant écrit cela, et sans être un adepte très pratiquant du pardon chrétien, peux-je dire combien j’ai trouvé excessif le caractère « impardonnable » qualifiant le péché commis par le ministre pécheur ? Je déconseillerai, par prudence comme par principe, d’annoncer à l’avance que cet homme, ni terroriste, ni pédophile, serait « fini ».

Si du fond de son abîme, par hasard il me lit, que Jérôme Cahuzac songe au destin tumultueux d’un Joseph Caillaux, ministre des Finances, président du Conseil, lui aussi, homme de gauche, pris la main dans le sac à malice en matière d’impôt sur le revenu, confondu publiquement pour ses mensonges, traduit en justice pour trahison, celui dont la femme tua pour faire taire, et que l’on disait « fini », avant que d’être réélu à Mamers.

Pour en revenir aux spécialistes du discours de la vertu, M. Harlem Désir, vient d’en donner à nouveau un très bel échantillon avec sa proposition d’un référendum de « moralisation » de la vie politique.

À défaut du choc de simplification, voici au moins celui du simplisme. Au lieu de s’en tenir, comme toujours, aux pétitions de principe, je conseillerais plutôt au fondateur de SOS-Racisme de remédier urgemment aux manquements les plus criants.

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Dans ce cadre très concret, je lui recommanderais la saine lecture des « dossiers du contribuable » (numéro 11) publié par Contribuables Associés, et notamment, d’un chapitre intitulé « SOS-Racisme est hors-la-loi ». On y découvre que l’association antiraciste qui serait publiquement plus utile si elle était moins sélective, a bénéficié de 579 000 € de subventions en 2009 alors que le montant des adhésions plafonnait à 18 669 €. Un commissaire aux comptes, dont l’expertise est sollicitée se dit « sidéré » par la disproportion du rapport subventions-adhésions. En outre, un décret oblige les associations percevant des subventions d’un montant supérieur à 153 000 € à transmettre leur données comptables au J.O. (ce qui n’aurait pas été fait depuis 2010) et SOS ayant pour la seule année 2011 touché plus de 350 000 € des ministères de l’Education nationale, de la Ville et de la Culture, serait donc hors-la-loi.

Tout cela me paraît assez peu moral, sans qu’il soit besoin de procéder à référendum.

Est-ce à dire que les derniers développements de l’affaire Cahuzac obligeraient les contempteurs des pratiques de Mediapart (dont l’auteur) à faire amende honorable et à se présenter en robe de bure et corde de chanvre aux pieds de M. Plenel ?

Je considère au rebours que les journalistes qui ont osé s’émouvoir dès le début de la publication des verbatim d’un enregistrement non encore contrôlé font gloire à la presse française.

Je pense notamment à Jean-Michel Apathie, Louis-Marie Horeau du Canard enchaîné ou Gérard Davet du Monde, peu suspects de complaisance envers le monde politique ou la délinquance financière.

Est-ce à dire que j’aurais donné ma main à couper de l’innocence ministérielle ?

Pour prendre un autre exemple de dévoiements médiatiques, dans cette affaire surexposée de Koh Lanta, qui a vu deux drames s’enchaîner, le site Arrêt Sur Image a cru devoir publier un témoignage accablant mais anonyme mettant en cause le malheureux médecin qui s’est suicidé.

Je ne sais rien du sérieux de cette attestation, mais je suis bien certain que le seul moyen d’écarter un éventuel faux témoin est de le responsabiliser pénalement en l’obligeant à donner son nom.

Est-il sain, qu’aujourd’hui, une certaine presse s’affranchisse de toutes les contraintes qu’elle exige impérieusement de la police et de la justice ? Ainsi, Le Monde du 3 avril révélait que la procédure à l’encontre des suspects du sabotage de caténaires SNCF par le groupe de Tarnac était menacée d’annulation en raison de suspicion d’écoutes illégales. Mediapart serait le premier à réclamer la libération d’un terroriste si la durée de sa garde à vue avait excédé les délais légaux.

Pas seulement par principe, mais parce qu’effectivement les règles de procédure sont protectrices du droit des gens.

Il en est de même aujourd’hui pour la presse qui, si elle n’a pas le pouvoir direct d’enfermer, a le pouvoir de décréter la mort civile.

D’aucuns, cette semaine auront fait d’importantes découvertes.

La première, serait donc « la mort de la gauche morale » (Françoise Fressoz, Le Monde 6 avril).

Ainsi « gauche morale », de pléonasme serait devenue soudainement oxymore.

Ainsi, les ténèbres auraient brusquement succédé à la lumière.

Pour ceux qui suivent l’actualité depuis plus longtemps qu’hier, de l’Observatoire, en passant par les écoutes de l’Élysée, de Bousquet jusqu’aux alliances extrêmes, les choses avaient semblé moins brutales.

Laissons les découvreurs à leur tardive sidération, ils se reprendront vite pour se liquéfier à nouveau à l’écoute des beaux discours généreux et culpabilisateurs.

Une autre découverte a été faite par les députés socialistes durant la folle décade : l’extrémisme verbal insupportable de M. Mélenchon.

Ainsi, Christophe Borgel, représentant de la Haute-Garonne à la haute assemblée n’en décolère pas : « mettre dans le même sac le PS et le FN, je ne l’avais jamais entendu dans la bouche d’un homme de gauche ».

M. Borgel vient enfin de découvrir le charme obscur des alliances incestueuses.

Pour être sincère, j’aurais aimé que cette soudaine crise de lucidité frappe certains de mes proches. Tel n’a pas été le cas de Radio-J qui a cru devoir précisément inviter ce dimanche M. Mélenchon.

On se souvient peut-être qu’il y a quelques mois, notamment sous la pression du président du CRIF, Marine Le Pen avait été désinvitée par cette radio de qualité dont j’ai l’honneur d’être l’un des éditorialistes.

J’avais dit à l’époque combien, sur le terrain de la liberté d’expression et de la courtoisie, la mesure m’avait déplu.

Je redis donc ici combien j’attache de l’importance à voir bénéficier des mêmes droits Mme Le Pen comme M. Mélenchon.

Mais voir ce dernier, après censure de la première, invité comme si rien n’était, dans le silence de la communauté organisée, un mois après l’hommage obséquieux rendu à Chavez, 15 jours après des propos moins urbains sur M. Moscovici, me laisse, moi aussi, sans voix.

L’hémiplégie morale et intellectuelle est une maladie mortelle qui n’épargne décidément aucun cerveau.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles William Goldnadel. L’article original peut être consulté sur le Blognadel.

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