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Publié par Michel Garroté le 17 avril 2013

Grand-Journal-1

Les journalistes les mieux payés de France sont dans la merde

Michel Garroté, réd en chef – D’habitude, ce sont les invités du vulgaire et gauchiste Grand Journal sur Canal+ (Anal putes pour les intimes) qui s’en prennent plein la gueule. D’ailleurs, la plupart du temps, c’est bien fait pour leur gueule de politicard fax-cul. A les voir tirer la gueule, la bouche en dents de scie, les yeux creux, à chaque question qu’on leur pose, les invités font marrer tout le monde et c’est une satisfaction de les voir en pareil état de détresse.

Mais cette fois les rôles sont inversés. C’est l’équipe du Grand Journal qui se fait défoncer la tronche par un ancien qui déballe tout dans un bouquin. J’avoue y trouver quelque jouissance. Il est rare, en effet, que les fouteurs de merde se retrouvent à leur tour dans un gros caca. J’imagine la tronche du petit Michel Denisot dit le pas très futé en apprenant que son ancien collaborateur lui chie dans la gueule.

J’imagine la tête à Jean-Michel Aphatie, dit le bistrotier susceptible découvrant que son ancien collègue lui pisse à la raie. J’essaye de m’imaginer Ariane Massenet dite la vache qui rit découvrir qu’elle aussi peut parfois se la faire mettre profond sans y avoir consenti. Ah oui, vraiment, cette inversion des rôles et des postures est orgasmique.

Désormais, les invités au Grand Journal pourront toujours se consoler en se disant : là ils me font chier ; mais eux aussi se sont couverts de ridicule lorsqu’Ollivier Pourriol leur a pourri la vie dans son bouquin.

Ollivier Pourriol, chroniqueur éphémère dans « Le Grand Journal » la saison dernière, n’avait pas brillé par ses interventions en plateau (extraits adaptés ; voir le lien vers la source en bas de page : puremedias.com). Mais ce philosophe, recruté pour « donner de la hauteur à l’émission » par le rédacteur en chef, incarner l’intellectuel de la bande aux côtés d’Ariane Massenet (« la blonde ») et Jean-Michel Aphatie (« le chauve »), a profité de cette année cathodique pour prendre des notes. Il les livre dans « On/Off », un ouvrage qui est paru lundi 15 avril 2013 aux éditions NiL.

En avant-première, puremedias.com livre ses meilleurs passages. Un récit désopilant, parfois cynique, souvent très drôle sur les coulisses de l’émission la plus en vue du PAF, dirigée depuis neuf saisons par Michel Denisot. Le livre n’est que scripts d’émissions et recueil précis de dialogues avec la production, la rédaction, les techniciens, la direction. Certains protagonistes sont cités par leurs initiales, d’autres apparaissent de manière anonyme. Mais les indices semés au fil des conversations révèlent souvent leur identité.

« On/Off » ne surprendra probablement aucun des professionnels de la télévision. Ces codes, anecdotes, décrits par Pourriol, sont communs à la plupart des talk à la télévision. Mais l’ouvrage a le mérite de décrypter les méthodes de fabrication de l’infotainment, ces formats où l’information et le divertissement se mêlent et se confondent à la télévision. Confronté à une crise d’image depuis plusieurs mois, « Le Grand Journal » ne sortira probablement pas grandi de cette incursion dans ses coulisses. « On/Off », c’est l’histoire d’un recrutement raté. Celle d’un romancier, parfois confondant de naïveté, tombé dans le grand chaudron de la télé.

Le recrutement

« Tu ne peux pas demander une chronique comme ça »

Dès la première page, Olivier Pourriol raconte son recrutement, son entretien avec le rédacteur en chef, sa première rencontre avec Michel Denisot. Les fuites dans la presse autour de son nom. Ses hésitations à accepter l’offre qui lui était faite. Mais un beau jour, quand un « chauffeur » vient le chercher pour une ultime réunion, « c’est bon signe » lui indique un membre de l’équipe. Il est recruté, démarre le 20 août, ne sait pas encore très bien ce qu’il va y faire, dans cette émission, ni même combien il gagnera.

Puis, à quelques jours de la rentrée télé, on lui apprend qu’il n’aura finalement pas de chronique. « On n’a pas de place pour une chronique, c’est à toi de prendre la parole », lui explique-t-on. Un des membres de l’émission lui décrypte le message : « Tu ne peux pas demander une chronique comme ça (…) Tu vois la plage ? Quand tu arrives trop tard et que tout le monde a déjà étalé sa serviette. Là, c’est pareil. Passer de l’huile dans le dos de ta voisine. Aller chercher une glace au maître-nageur. Devenir pote avec le mec des parasols. Te rendre agréable. Indispensable mais pas trop ».

La première

« Je touche le loto chaque mois »

Dès la première, en septembre, Ollivier Pourriol découvre l’univers impitoyable d’une émission réglée au millimètre. On lui explique, gentiment dans un premier temps, que son micro sera coupé quand il n’aura pas à prendre la parole, qu’il doit, pour exister, « avoir le réflexe de commencer à parler avant d’avoir quelque chose à dire ». Il découvre les ordres dans l’oreillette sur le timing. « Trop long », « Trop court », « Tu n’as pas posé de question ». Parler en étant sans cesse dirigé, ne jamais dire plus que le conducteur de l’émission ne lui permet.

Après la première, très rock’n roll, il file à la soirée de rentrée de Canal+, y rencontre l’un des chroniqueurs, cité anonymement. Il le met en garde sur l’ivresse du pouvoir de la télévision. « Pour une heure de boulot par jour, je touche le loto chaque mois, et je peux rincer tout le monde, la famille, les amis, moi. Au moment de l’addition, c’est toujours ma tournée. Grand prince », lui explique-t-il, lui suggérant de « se souvenir de sa vie d’avant » pour ne pas perdre pied.

Bizutage

« Si tu l’écoutes, tout est formidable »

Pourriol se pose trop de questions sur son rôle au sein de l’émission. Mais n’en pose pas assez aux invités. Voilà ce qu’on lui reproche. « Fais ce qu’on te dit, ce sera plus simple. Fais-nous confiance. Il faut finir par une question. C’est comme ça, c’est le format ». Premières critiques dans la presse après ses prestations hésitantes, sur les réseaux sociaux. Pourriol est « miné », déjà, après seulement quelques numéros. Se demande ce qu’il fout ici.

Mais on lui demande de taper plus fort, pour contrebalancer avec Michel Denisot, « qui astique et pompe les invités ». « Ca fait des années qu’on subit ça. Si tu l’écoutes, tout est formidable. Aucun esprit critique, jamais », lui explique un adjoint de la rédaction lors d’un briefing. Il s’améliore, obtient les félicitations du producteur, qui vante les mérites du format de son émission. « On est statutaires. Comme Vogue. Quand les gens lisent Vogue, c’est pour savoir ce qu’ils doivent penser », lui explique-t-on. Pourriol doit, comme les autres, fournir aux téléspectateurs du prêt-à-penser. Il découvre rapidement les joies du montage, quand une émission est enregistrée, ses propos coupés. Les techniciens lui conseillent de parler plus fort que son voisin, ou sur les applaudissements, « pour empêcher les points de montage ». Toutes les astuces sont bonnes pour exister.

Les livres

« Quelqu’un qui arrive à la page 100, c’est qu’il a lu le livre »

Homme de lettres, Olivier Pourriol aime lire, présenter ses coups de cœur, y accorder une large place dans l’émission. Mais ce n’est visiblement pas ce qu’on lui demande. Ses choix littéraires doivent être « dans l’actu ». Et pas ailleurs. Il rappelle à son équipe qu’avaler trois livres du jour pour le lendemain, c’est mission impossible. « Mais tu ne comprends pas, personne ne te demande de les lire (…) Tu peux le respirer, le livre », le rassure un rédacteur en chef adjoint. Un autre chroniqueur a son astuce pour lire tous les livres des personnalités reçues chaque soir sur le plateau : « Je lis la première page, la dernière page et la page 100. Comme ça, je connais le début, la fin. Et si on parle du livre, je parle de la page 100. Quelqu’un qui arrive à la page 100, c’est qu’il a lu le livre ». Lire des citations à l’antenne d’un poète, d’un philosophe, d’un grand écrivain ? Interdiction, là aussi. « C’est excluant » pour le téléspectateur, lui assure son boss.

Le clash

« Sois moins cérébral »

Depuis des semaines, on le tanne pour présenter des livres avant Noël. Pourriol s’exécute, travaille dur pour une sélection originale. Mais au dernier moment, sa chronique saute, au profit d’un doc maison sur le FN. A la répet, Pourriol ne donne pas la date de diffusion, se fait sermonner par le « boss », Denisot. Le réd’ chef en remet une couche. « Tu me casses les couilles », lui lâche Pourriol, à 7 minutes de l’antenne. Troublé, fatigué, il demande un remontant, une vodka, il a la « rage ». Dès janvier, ses amis lui conseillent de se « casser ». Jean-Michel Aphatie, face à sa détresse et au détour d’un café, lui suggère d’être « moins cérébral », « plus dans l’humeur ». « J’ai l’impression d’arriver dans un dîner de famille comme une pièce rapportée, un étranger ou un huissier. Après l’émission, tout le monde disparaît sans un mot, c’est assez mystérieux, on dirait un tour de magie. Vous vous voyez souvent en dehors ? », lui demande Pourriol. « Jamais », tranche Aphatie.

Fin de saison

« Il faut être différent, mais pas trop »

Rapidement, Ollivier Pourriol sait qu’il ne sera pas reconduit la saison prochaine. Mais personne ne lui dit rien, il sollicite un rendez-vous avec l’un des patrons de la chaîne, l’obtient. « On a besoin de gens différents, qui ne viennent pas de la télé. En même temps, on n’a pas le temps de les former. Donc ça prend ou ça ne prend pas. On a besoin de fraîcheur, mais d’une fraîcheur qui cadre avec l’émission, qui rentre dans des cases. Il faut être différent, mais pas trop, c’est quand même de la télé », lui explique-t-on. Pour compenser cette mise à l’écart prochaine, on lui propose en fin de saison d’avoir une chronique quotidienne, pendant un mois. Puis les rédacteurs en chef se ravisent, en un week-end, « c’est vraiment compliqué de changer l’émission si tard dans l’année ».

« Tu vas écrire un livre pour te venger »

La suite, on la connaît. Pourriol ne rempile pas, est remplacé depuis septembre par un autre intello, Augustin Trapenard. Lui a trouvé son style, sa place. Sans doute mieux armé. Un ex-chroniqueur, à Cannes, lors d’une soirée, lui résume l’année qu’il vient de vivre. : « Si tu te fais virer, ce ne sera pas parce que tu as été mauvais, mais que l’intelligence, on n’en a rien à foutre ». « Deux semaines de chronique en un an d’antenne, je n’ai jamais autant gagné d’argent à rien foutre », confiait-il quelques jours plus tôt au rédacteur en chef. Les aléas de l’antenne, les petits arrangements entre amis, les moments d’extrême tension notamment quand Nicolas Sarkozy débarque à quelques jours du premier tour, Olivier Pourriol les a vécus et les livre avec une force amusante du détail. « Alors, toi, un jour, tu vas écrire un livre pour te venger. Tu parleras du nain qui t’empêchait de faire des citations et de l’abruti qui corrigeait toutes tes phrases. Tu vas pas nous rater », s’amusait, un soir, l’un des patrons de l’émission. Il ne croyait pas si bien dire (fin des extraits adaptés ; voir ci-dessous le lien vers la source : puremedias.com).

Reproduction autorisée avec mention source ci-dessous et Michel Garroté www.dreuz.info

http://www.ozap.com/actu/coulisses-de-canal-le-livre-choc-d-un-ex-chroniqueur-du-grand-journal-ollivier-pourriol/446527

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