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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 18 avril 2013

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Les musulmans n’ont pas droit à la liberté de conscience

Le Conseil supérieur des Oulémas (CSO) a fait savoir officiellement à l’organisation des droits de l’Homme des Nations-Unies que les Marocains musulmans ne sont pas concernés par la liberté de conscience.

Car, dit le CSO dans un avis juridique en réponse à la Délégation interministérielle chargée des droits de l’Homme (DIDH), le musulman qui décide de changer sa foi, sa croyance, tombe sous le coup de l’apostasie, et se voit exposé à l’application de la peine capitale.

L’objectif est d’élaborer la réponse qui devra être intégrée dans le rapport pour les travaux du Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui se tiendront en Suisse.

Le Conseil des Oulémas, dans sa très sérieuse fatwa qui sera intégrée dans le rapport pour les travaux du Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui se tiendront en Suisse, ajoute que l’islam garantit leur liberté de conscience et de croyance aux non-musulmans qui se trouvent en terre d’islam, à la condition qu’ils ne fassent pas de prosélytisme, qu’ils n’entreprennent pas des actes interdits par l’islam, ni aucune action de nature à générer la fitna (chaos, désordre).

Et le CSO précise qu’il en va autrement pour les musulmans, car les croyants doivent « rester dans leur religion et appliquer la sage loi de Dieu, car toute personne née de parents musulmans, ou de père musulman uniquement, est considérée comme musulmane à son tour et liée par un acte de foi et un pacte social à la nation d’islam ; l’islam ne permet en aucun cas à ces personnes de quitter leur religion ou de renoncer au pacte social qui les lie. Faire cela est un acte d’apostasie et de déloyauté, et expose son auteur à des peines spéciales ».

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Pour fonder leur jugement, les Oulémas du CSO ont eu recours à deux hadiths (paroles) du Prophète :

  • le premier recommande de « tuer ceux qui changent de religion »
  • et le second stipule que « le sang d’un musulman ne peut couler que dans l’un des trois cas suivants : l’adultère, le talion et l’apostasie avec un renoncement au pacte social ».

En réponse, Ahmed Assid, chercheur et militant des droits de l’Homme a répondu : « Nous sommes là face à un avis juridique englué dans l’extrémisme etle sous-développement, faisant de ses auteurs des personnes vivant en marge du siècle qui est le nôtre ; ce sont ce genre de fatwas qui incitent les gens à fuir la dureté de cette jurisprudence arriérée et moyenâgeuse, pour épouser les référentiels internationaux en matière de droits de l’Homme qui les protègeront contre l’obscurantisme des Oulémas et de leurs semblables que l’on peut qualifier de préhistoriques, d’hommes des cavernes ».

Pour Assid, « cette fatwa ne tient aucun compte de la signification moderne de la citoyenneté qui considère que toute personne est libre de ses choix et qu’elle peut agir comme elle l’entend pour mener sa vie, à la condition qu’elle respecte la liberté des autres. Parmi ces droits figure en bonne place la liberté de conscience sans laquelle il est impossible d’édifier un Etat de droit ou d’instaurer un système démocratique ».

Abdessamad el Idrissi, militant des droits de l’Homme et député PJD, considère que la liberté de croyance relève des droits de l’Homme qui sont ou devraient être égaux pour tout le monde. « Il est possible pour tout un chacun de changer sa foi à tout moment où il le souhaiterait, sans contrainte ni pression. La liberté est conférée à tous, et l’islam ne peut être imposé ainsi, car sinon les gens ne resteront musulmans que par peur de se voir accusés d’apostasie ».

El Idrissi, membre de la branche prédicatrice du PJD, en veut pour preuve la jurisprudence d’Ahmed Raïssouni, spécialiste projectiviste et ancien président du Mouvement Unicité et Réforme qui a dit que dans la parole du Prophète mentionnant les conditions pour faire couler le sang d’un musulman, la troisième introduit une précision, « le renoncement au pacte social », en plus de l’apostasie ; pour el Idrissi, Raïssouni donne au renoncement au pacte social le sens de la haute trahison et collusion avec l’ennemi, contre la nation, ce qui va plus loin que la simple et unique renonciation à la foi musulmane.

Pas non plus d’égalité entre les hommes et les femmes

Les Oulémas du CSO ne veulent rien entendre, car ils affirment que la question de la croyance a été traitée avec toute la clarté du monde par les textes juridiques islamiques, ajoutant que l’avis légal a précisé nombre de points « où certains veulent instaurer l’égalité entre hommes et femmes, ou mettre en place une liberté absolue libérée des contraintes de la religion. Or, les versets coraniques et les hadiths du prophète sont très clairs dans leurs énoncés et leurs significations et confèrent à certaines questions le caractère de dogme fondamental religieux, non discutable et contraignant ».

Le Conseil de Mohamed Yessef (CSO) ajoute qu’il n’y a aucune possibilité de jurisprudence pour ces questions, sous aucun prétexte. Elles s’appliquent aux musulmans par la force de la loi religieuse, qui est très explicite.

Ahmed Assid revient à la charge en disant que ces Oulémas, en défendant leur idée, rejetée par bon nombre d’érudits éclairés et pétris de savoir, se fondent sur l’idée que la foi est innée chez l’Homme, alors que la science a prouvé que ce qui est inné chez l’être humain est son métabolisme, sa physiologie et ses instincts naturels, le reste, à savoir les aspects culturels de la personnalité, sont acquis, comme par exemple les valeurs religieuses, morales, esthétiques… « Affirmer que l’homme naît avec sa religion et qu’il ne peut donc pas la changer ou penser à la changer, une fois adulte et responsable de ses actes, nous ramène en arrière, vers les temps obscurs de l’Inquisition, de l’ignorance et de l’absolutisme ». Assid assène enfin que lorsque le Coran dit que « Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s’est distingué de l’égarement » (2 : 256), il s’adresse à tous les humains, et non seulement aux non-musulmans.

J’affirme dans mon titre que l’interdit d’apostasie a été émis par des islamistes modérés. C’est parce qu’ils recommandent la peine de mort. Ils ne l’exigent pas.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info

http://www.panoramaroc.ma/fr/ahurissante-fatwa-le-conseil-des-oulemas-du-maroc-recommande-la-peine-de-mort-pour-les-musulmans-apostats/

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