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Publié par Guy Millière le 23 mai 2013

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Dois-je y revenir ? Je pense que oui. Quand j’ai publié La résistible ascension de Barack Obama, il s’est trouvé des gens pour dire que j’étais excessif.

Je donnais toutes les références requises aux fins d’expliquer ce qu’était le nouveau Président des Etats Unis, nombre de ceux avec qui j’en parlais ne voulaient pas voir les références et ce qu’elles contenaient. Je traçais le portrait d’un homme cynique, venu de l’extrême gauche et de proximités avec l’islam.

On me répondait avec des mots teintés de ce qui s’appelait à l’époque l’obamania.

Quand j’ai publié ensuite Le désastre Obama, aux fins de montrer, preuves à l’appui, qu’Obama avait fait très exactement ce que j’avais prévu qu’il ferait, et mené les Etats Unis au bord du gouffre et le monde au bord du chaos, il s’est encore trouvé des gens pour dire que j’étais excessif.

L’obamania s’était largement dissipée, mais il y avait des restes dans l’atmosphère.

Nous sommes un peu plus de six mois après la réélection de Barack Obama, et quatre mois environ après le début de son deuxième mandat, et l’ampleur du désastre Obama devient de plus en plus visible.

Mais surtout, c’est ce que l’administration Obama est depuis le commencement qui commence à apparaître au grand jour. Et quand bien même les nouvelles n’ont pas encore pénétré les médias français, elles commencent à déferler sur les Etats Unis.

Il y a tout d’abord eu, j’en ai traité plusieurs fois, et dès le commencement, un premier scandale : celui lié à l’attentat terroriste commis à Benghazi contre la délégation américaine, et qui s’est soldé par la mort de quatre Américains, dont l’ambassadeur en poste en Libye. J’ai écrit d’emblée que ce qui s’était passé avant, pendant et après l’attentat était plus grave que l’affaire du Watergate. Je persiste et je signe. Il y a eu dans le dossier Benghazi, je l’ai dit, non assistance à une délégation américaine en danger, quatre morts abandonnés aux assassins, des documents hautement confidentiels volés, puis falsification de rapports et mensonges commis délibérément par la Secrétaire d’Etat, le Secrétaire à la défense, l’ambassadrice des Etats Unis aux Nations Unies, le Président des Etats Unis et, bien sûr, le porte-parole de celui-ci. Le dossier Benghazi est loin d’être clos. Les témoignages accablants s’ajoutent aux témoignages accablants. Les mois à venir vont apporter, sans aucun doute, d’autres révélations.

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Il y a eu ensuite un deuxième scandale : celui lié à l’utilisation des services fiscaux américains à des fins de harcèlement d’adversaires politiques de l’administration Obama. En l’occurrence, des groupes conservateurs, des organisations de tea parties, mais aussi des organisations juives de soutien à Israël. Bien que ce dossier soit, en soi, un peu moins grave que celui de Benghazi, qui touche la défense nationale, il est néanmoins très grave. Et il mobilise l’attention de la population américaine bien davantage que celui de Benghazi. Ce pour une raison simple : Benghazi, c’est loin, et peu de gens connaissaient les quatre morts, même si l’un d’eux était ambassadeur. Les services fiscaux, eux, sont présents dans la vie de chacun. Et l’idée que les services fiscaux puissent être utilisés pour harceler des adversaires politiques quels qu’ils soient suscite dans la population américaine des sentiments d’indignation. Le dossier Internal Revenue Services vient à peine de s’ouvrir. Et chaque jour montre à quel point c’est un dossier lourd : non seulement il y a eu harcèlement d’adversaires politiques, mais il y a eu inquisition, intimidation, immixtion dans la vie privée des personnes concernées. Le comportement de l’Internal Revenue Services (IRS) a eu des ressemblances avec celui des commissaires politiques décrits dans le 1984 de George Orwell. Les pistes suivies jusqu’à présent remontent jusqu’au Département du Trésor, mais il est clair qu’elles remonteront bientôt jusqu’à la Maison Blanche. Le porte-parole du Président, confronté aux preuves qui s’accumulent, a déclaré lundi que les principaux conseillers du Président étaient au courant des agissements de l’IRS, mais avaient décidé de ne rien dire au Président : version des choses très plausible, à l’évidence.

Il y a aujourd’hui un troisième scandale : des écoutes ont été réalisées illégalement par le Département de la Justice et ont concerné cent journalistes de l’agence Associated Press. Ce dossier est, en soi, moins grave que les deux autres, bien qu’il soit grave aussi, mais il a des résonances qui viennent à l’esprit de nombre de gens aux Etats Unis : c’est en raison d’écoutes téléphoniques et de mensonges sur celles-ci que Nixon est tombé en 1973. Qui plus est, il concerne la presse : et la conséquence est que même les journalistes qui jusque là se conduisaient de manière servile vis-à-vis d’Obama commencent à changer d’attitude. Même des journalistes serviles commencent à se sentir concernés lorsqu’on touche à leur profession et au secret professionnel en matière d’information. Là encore, le dossier vient à peine de s’ouvrir. Et il semble lui-même très très lourd. Le Secrétaire à la Justice a été interrogé par une Commission du Congrès, et a dit qu’il préférait garder le silence car il a donné des entretiens à des journalistes de l’Associated Press, et risquerait d’être juge et partie. Il a, je le précise, parlé sans rire, ce qui montre qu’il a une grande maîtrise de lui-même.

Ce que l’administration Obama est depuis le commencement commence à apparaître au grand jour, disais-je. Et, pour les raisons que je viens d’évoquer, les nouvelles commencent à déferler sur les Etats-Unis.

La question qu’on entend à Washington désormais est une question qui aurait été inaudible il y a un mois à peine, et qui aurait été impensable au mois de novembre dernier : Barack Obama pourrait-il finir comme Richard Nixon, dans l’humiliation et l’obligation de démissionner pour devancer une inéluctable procédure d’empêchement ?

Je pense, pour ce qui me concerne, que Barack Obama mériterait amplement de finir comme Richard Nixon : il y a amplement matière à procédure d’empêchement.

Je pense, cela dit, qu’à la différence de Richard Nixon, même acculé, il ne démissionnera pas, quoi qu’il se passe.

Je pense qu’il fera tout pour ne pas être acculé, quitte à recourir à des moyens de diversion.

Et je le dis : je n’ai rien à retirer à ce que j’ai écrit le concernant depuis quatre ans.

Obama est un homme prêt à tout. Strictement à tout.

C’est un homme prêt à tout au sein des Etats Unis, mais aussi à l’extérieur des Etats Unis, et face à une situation qu’il a contribué largement à rendre explosive au Proche Orient, cela implique une extrême vigilance par rapport à des dossiers tels que la guerre civile en Syrie, la situation en Iran, ou le « processus de paix » israélo-arabe, que John Kerry s’efforce frénétiquement de relancer présentement, sur ordre de son maître.

Cette vigilance implique de suivre tous les linéaments de ce qui rend la situation au Proche Orient non seulement explosive, mais complexe. Je donnerai dans un prochain article des moyens de suivre ces linéaments.

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