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Publié par Dreuz Info le 31 mai 2013
al dura faux

Le 23 mai 2013, le journaliste Arnold Roth a publié sur son blog « This ongoing war » une information capitale, qui est restée inaperçue depuis 6 ans, sur les positions journalistiques du journaliste de France 2, Charles Enderlin concernant l’affaire Al-Dura.

Charles Enderlin, le correspondant de France 2 en Israël, est celui qui a personnellement monté et commenté la vidéo de ce qui fut présenté comme la « mort » supposée de Mohammad Al Dura, atteint par des tirs des soldats israéliens. Cette vidéo fut diffusée dans le monde entier le 30 Septembre 2000.

Enderlin a été interviewé dans le quotidien Haaretz le 1er Novembre 2007, à l’occasion du septième anniversaire des événements connus sous le nom de l’affaire Al-Dura.

C’est une longue interview menée par le journaliste du journal israélien HAARETZ, Adi Schwartz. Elle est publiée à la fois en hébreu et en anglais. Les deux versions sont toujours en ligne aujourd’hui: en hébreu («בואו נראה את זה שוב » : « revoyons tout ceci à nouveau ») ici et en anglais « In the footsteps of the al-Dura controversy »:  » sur la piste de la controverse Al_Dura ».

Le journaliste, après avoir examiné la controverse sur la question de l’origine des tirs sur Mohammad Al Dura, et de la façon dont certains médias se sont prononcés, a posé la question suivante à Charles Enderlin:

« Avec le recul, est-il possible que vous étiez trop empressé ce soir-là? »

Voici la version dans Haaretz de la réponse en anglais :

« I don’t think so. Besides, the moment I saw that nobody was asking me anything officially, I started feeling more strongly that the story was true ».

Ce qui se traduit en français :

« Je ne le pense pas. Par ailleurs, du moment où j’ai constaté qu’officiellement personne ne m’a posé de question [ndlr qu’il n’y a pas eu d’enquête], j’ai commencé à me renforcer dans l’impression que l’histoire était vraie ».

Or le début de la réponse de Charles Enderlin au Haaretz, en hébreu à la même question:

לא חושב. אם לא הייתי אומר שהילד והאב היו קורבנות לירי שבא מכיוון עמדת צה »ל, בעזה היו אומרים, איך אנדרלן לא אומר שזה צה »ל?

Ce qui se traduit en français:

« Je ne le pense pas. Si je n’avais pas dit que le garçon et le père ont été victimes de tirs émanant de la direction de la position israélienne, à Gaza ils auraient dit: « Comment se fait-il qu’Enderlin ne dit pas que c’était l’armée israélienne? « 

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Puis Enderlin explique que le fait de n’avoir pas été questionné officiellement par les autorités israéliennes a renforcé son sentiment sur la véracité des faits rapportés – ce qui constitue le seul élément de la réponse (tronquée donc), qui apparaît dans la version en anglais.

S’il fallait une illustration du prêt à penser journalistique et du faible souci déontologique ou du minimum de respect des règles professionnelles, ces deux versions de la même interview en apportent la confirmation.

Pour rappel, le 30 Septembre 2000, pendant ces affrontements au carrefour de Netzarim à Gaza, Charles Enderlin se trouvait dans son bureau de Jérusalem. L’unique élément de preuve visuelle à sa disposition était cette vidéo envoyée par transfert numérique par son cameraman cameraman palestinien, Talal Abu Rahma sous-traitant à Gaza.

Charles Enderlin a-t-il scrupuleusement vérifié qu’il s’agissait d’un document authentique ? A-t-il pris le temps de le faire ? Ou bien a-t-il obéi au souci du scoop autant qu’à son estimation de la vérité des faits, nommée par lui même « la vérité du contexte » ?

Compte tenu de de la précision relative de l’information factuelle provenant des deux côtés du conflit entre Israéliens et Arabes palestiniens, a-t-il eu le moindre doute ? A-t-il cherché à vérifier cette information de façon indépendante ? A-t-il sollicité un deuxième avis ? A-t-il questionné d’autres photographes qui étaient présent là bas au même moment où la vidéo fut tournée à Netzarim ? A-t-il demandé aux agences de presse ?

Enderlin n’a pas cherché à vérifier les faits parce qu’il estimait que toute enquête de sa part serait nuisible à sa position ou à son image auprès du côté palestinien.

Ha’aretz semble avoir délibérément aseptisé cette partie de l’interview pour son auditoire anglophone et francophone, c’est pourquoi cette double écriture n’a pas été remarquée par qui que ce soit jusqu’à la semaine dernière.

Enderlin, de son propre aveu, a confirmé les doubles standards journalistiques qui consistent à ne pas prendre la peine de revérifier les faits quand ces récits cadrent si bien avec la dénonciation de la criminalité d’Israël.

Afin de mieux comparer les méthodes rigoureuses du journalisme d’investigation à celles d’Enderlin, Arnold Roth prend pour exemple le crime récent de Woolwich.

web-woolwich-itv

Le monde entier a visionné la vidéo montrant le criminel agitant une machette les mains ensanglantées, revendiquant le crime en expliquant ses mobiles au nom de l’islam. Associated Press a fait le commentaire suivant :

« Associated Press a examiné la vidéo afin d’en vérifier son authenticité. AP a comparé les images de la scène aux images aériennes, il a vérifié la position de la voiture derrière le suspect, l’apparence du corps, et la voiture qui se trouve au fond de l’image ». [Source: Associated Press,  London terror attack leaves 1 man hacked to death, two suspects hospitalized].

Enderlin, en revanche, nous explique dans l’interview qu’il a décidé d’accuser l’armée israélienne du « crime » sans faire aucune vérification, et par peur de ce qu’on dirait de lui à Gaza s’il n’accusait pas Tsahal ».

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Sylvain Rémissac pour www.Dreuz.info

Texte inspiré du travail réalisé par Agrajag ici : http://observatoiredumoyenorient.blogspot.fr/2013/05/al-dura-pourquoi-charles-enderlin-na.html

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