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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 1 juin 2013

> on October 24, 2011 in Doha, Qatar.

Quatre sportifs Français humiliés, désabusés, retenus contre leur volonté au Qatar décrivent la face cachée du Qatar, pays esclavagiste qui se donne des airs de sainte nitouche.

Il y a 3366 expatriés Français au Qatar dont 1188 mineurs. Zahir Belounis, Stéphane Morello, Jean Godeffroye et Abdeslam Ouaddou témoignent. Mais des dizaines de personnes sont dans le même cas.

Des joueurs, des entraineurs ou des préparateurs physique sont partis au Qatar, attirés par les promesses de mille et une nuit, et pour gagner un argent facile. Du moins c’est ce qu’ils croyaient, innocemment, par méconnaissance de la duperie élevée au rang institutionnel du petit état islamique.

Ils le regrettent amèrement et cherchent à fuir l’émirat voyou et esclavagiste.

Karim Zmerli et Lilia Ben Rejeb qui ont enquêté1, mettent en garde les Français en général mais surtout ceux d’origine maghrébine.

« En voulant gagner de l’argent, vous risquez de perdre votre dignité, votre liberté et même votre humanité, préviennent Zmerli et Ben Rejeb. Le Qatar que certains médias français vous décrivent de manière fallacieuse comme un Eldorado, n’est pas celui que vous allez découvrir une fois là-bas. Cette propagande que le Qatar entretient grâce à l’argent et à son puissant réseau politique et médiatique français, de gauche comme de droite, a brisé des rêves et détruit des familles. Avant de vous laisser entrainer par une utopie qui risque de tourner au cauchemar, aillez le réflexe du Premier ministre Jean-Marc Ayrault : « Le Qatar ? Avant d’y aller, je réfléchirai » »

Ancien milieu de terrain de Noisy-le-Sec, de l’Île Rousse et de Saint-Lô, passé par la Malaisie (Melaka TMFC) et la Suisse (la Tour-Le Pâquier), Zahir Belounis est retenu au Qatar avec son épouse et ses deux enfants. Ce joueur franco-algérien, débauché pour servir Al-Jaïsh, le club de l’armée, dont il a été le capitaine d’équipe, est privé de ses droits et de sa liberté de quitter le territoire qatari.

Son contrat a été déchiré, et pour quitter le Qatar, retrouver la liberté et regagner la France, le directeur sportif du club Al-Jaïsh, Youssef Dasmal lui impose de renoncer à deux ans de salaire qui lui sont dus.

« Je vais arrêter de manger, je vais faire une grève de la faim. Je veux faire ça, expliquait Belounis à CNN le 1er mai dernier. « Je vais commencer la semaine prochaine. Ils me traitent comme un chien, mais je vais me battre. Je mourrai ici au Qatar ».

Stéphane Morello : « Je suis un otage qui ne connait même pas le prix de la rançon » !

Originaire de Saumur, 52 ans, l’entraineur sportif ne touche plus aucun salaire depuis plus de trois ans.

Comme beaucoup d’autres, Morello s’est expatrié au Qatar pour y faire fortune grâce à son savoir-faire footballistique. Contrat signé avec le comité olympique qatari, il devait encaisser 6000 dollars par mois. Cela fait plus de trois ans qu’il ne touche plus rien. En procès contre son employeur, il espère obtenir gain de cause, mais la justice est aux ordres de la famille régnante.

« Je ne peux pas exercer mon travail, je ne peux pas aller travailler ailleurs, je ne peux pas quitter le territoire, je ne peux rien faire… Cela fait cinq ans que je n’ai pas pu sortir du Qatar… J’ai l’impression d’être un otage, et je ne connais même pas le prix de la rançon », déclare Morello dans l’indifférence totale des autorités socialistes, aveuglées par l’argent du Qatar.

Jean Godeffroy : « Une fois au Qatar, on ne peux plus quitter ce pays librement » !

Le cas de Jean Godeffroy est moins tragique mais il est tout aussi significatif. Ancien préparateur physique du PSG, il a renoncé à neuf mois de salaire pour quitter le Qatar.

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« Un vendredi, on m’a téléphoné pour m’annoncer que ce lundi, je dois débarrasser le plancher » ! Il a abandonné ses droits et ses salaires en échange de l’indispensable permis de sortie du territoire que l’employeur esclavagiste délivre… ou pas… selon son bon vouloir.

Godeffroy met en garde les autres sportifs afin qu’ils ne tombent pas, eux aussi, dans le piège doré.

Abdeslam Ouaddou : « C’est de l’esclavagisme pur et simple » !

Footballeur professionnel d’origine marocaine, ancien de l’équipe de Nancy, il a été recruté par le « Qatar Sports Club », deuxième club du propriétaire du PSG.

Un ordre du prince n’est pas sujet à discussion

Mais au bout d’un an, il est contraint de renoncer à son contrat, encore valable un an, contre son « droit » de ne pas rester emprisonné au Qatar. Son employeur ne le paye plus depuis juillet 2012, et dans Le Monde du 22 avril 2013, il déclare : « En 2010, je m’engage pour deux saisons avec le club qatari de Lekhwiya qui appartient au cheikh al-Thani, également propriétaire du PSG. A la fin de la première saison, nous remportons le titre de champion. Je rentre en France pour les vacances et, à mon retour, tout se complique. Les dirigeants m’informent que je dois quitter le club, sans la moindre explication. J’ai d’abord cru à une blague. Mais je me suis vite aperçu que celui qui me parlait ne rigolait pas du tout. J’ai essayé de comprendre, de discuter. Mais rien à faire : « C’est un ordre du prince. Et les ordres du prince ne sont pas sujets à discussion. »

Il se plaint à la Fifa, et finit par obtenir son permis de sortie. En échange, il doit renoncer à sa plainte, à ses droits, et à tous ses salaires – comme un vulgaire esclave.

« Le jour où vous êtes moins performant, on peut tout simplement cesser de vous payer, ou vous dire de quitter le pays. On ne va pas se voiler la face, c’est de l’esclavagisme pur et simple », explique Abdeslam Ouaddou.

« Ce qui me dérange, c’est le contraste entre ce qui se passe là-bas –parce que j’y ai vécu pendant deux ans et demi- et l’image qu’ils veulent renvoyer en Occident et en particulier en France grâce au PSG… Je veux vraiment ouvrir les yeux aux joueurs qui ont l’intention d’aller vers ces destinations. Ce n’est pas l’eldorado qu’on pense »

Philippe Bogaert et Nasser Beidoun, autres victimes

En 2008, un producteur belge, Philippe Bogaert, est resté près d’une année otage des milliardaires qataris, pris dans un engrenage financier et judiciaire infernal.

Directeur d’une société qatarie qui a fait faillite, Philippe Bogaert, qui n’était pas civilement responsable, a néanmoins été poursuivi par l’actionnaire majoritaire qui lui réclamait des millions de dollars de réparation du préjudice. Ne pouvant payer, Bogaert est retenu en otage, et ce n’est qu’au bout de 11 mois qu’il réussit à s’évader à bord d’un voilier, en partance pour Bombay.

Pour lui, « ce qui se cache derrière l’actionnaire de la société, c’est de l’esclavage pur et simple. Vous êtes complètement dépendant de lui ».

Autre victime, Nasser Beidoun, lui aussi otage de l’émirat pour des raisons semblables à celle de Philippe Bogaert. Américain de parents libanais, il a vécu un cauchemar, une bataille juridique de deux ans pendant lesquelles il était comme un « esclavage moderne », explique-t-il sur son blog.

Au Qatar, les victimes se comptent par milliers

Et c’est sans compter avec le sort des milliers de travailleurs asiatiques ou arabes2. Sur une population de deux millions d’habitants, 80% sont des esclaves modernes privés du droit élémentaire de repartir chez eux, contraints de travailler dans des conditions souvent inhumaines, pour des salaires bien inférieurs à ce qui leur avait été promis, car ils dependent du bon vouloir de leur employeur, seul habilité à délivrer le visa de sortie.

Plusieurs organisations humanitaires dénoncent les pratiques esclavagistes du minuscule pays bédouin, peuplé de 300 000 habitants, où les travailleurs immigrés chargés de construire l’infrastructure de la Coupe du monde sont abusés, privés de leurs droits, de leurs salaires, et piégés dans un système, le Kafala, dont ils ne peuvent échapper.

Le Kafala – qui attache un employé à un employeur spécifique – permet, selon Human Rights Watch et la Confédération internationale du travail, d’abuser des salariés étrangers de créer un système « d’esclavage de fait » pour les deux millions de travailleurs étrangers qui y résident.

« C’est une vieille histoire. Par le Kafala, les employeurs qataris confisquent les passeports des travailleurs immigrés, leurs retiennent des « frais d’intermédiaire » exorbitants et illégaux, et leur interdisent l’accès aux tribunaux.

« Le Qatar a installé un système de visas de sortie qui vous empêche de quitter le territoire si votre « sponsor », votre employeur, n’est pas disposé à vous le remettre. Donc les travailleurs sont piégés dans le pays, et dans le même temps, ils sont exploités dans des conditions inhumaines. Salaires non payés, salaires en retard, sont choses courantes. Les travailleurs sont très vulnérables » explique Nicholas McGeehan de Human Rights Watch.

Au point qu’il a demandé à la FIFA de retirer au Qatar l’organisation de la Coupe du Monde de 2022.

La plupart des travailleurs viennent d’Inde, du Bangladesh et du Pakistan. Ils travaillent un nombre d’heures interminable, pour un salaire de misère – quand le salaire leur est versé, sous des températures qui atteignent 50° en été.

« J’ai été choqué de découvrir cette exploitation [des travailleurs] dans le monde du football, » explique Sharan Burrow, secrétaire générale de l’Organisation internationale du travail.

« Fin 2010, nous avons fait une enquête de risque pour examiner les conditions de travail. Dans la région du Golfe, tous les indicateurs étaient au rouge. En matière de droit du travail, on touchait le fond du fond. Fondamentalement, ce sont des Etats esclavagistes. » 

Esclavagistes et richissimes.. car un million de travailleurs immigrés réduits en esclavage vont construire le projet aux multi-milliard de dollars de la World Cup 2022, avec son infrastructure pour les transports, les hôtels, et les 12 stades ultra-modernes.

« Autant parler à un mur », déclare Burrow au sujet des discussions avec le Qatar

« Nous avons visité les campements des travailleurs, c’était misérable. Aucun espace, aucune intimité, des cuisines dangereuses. Et ils méprisent nos demandes. »

« Ces travailleurs sont traités comme des esclaves. Il n’y a pas de système légal, leurs contrats sont déchirés dès qu’ils arrivent ou par caprice. Les travailleurs sont très en colère, car ils ont l’impression que leurs vies leurs sont volées. »

« Donc nous n’avions pas d’autres choix que de remettre le dossier entre les mains de la FIFA, » conclut Burrow.

Selon Human Rights Watch, 191 travailleurs Népalais y sont morts en 2010, et 98 Indiens en 2012. Car dans l’Emirat, le droit du travail n’existe pas, et un millier de travailleurs sont emprisonnés, condamnés pour avoir demandé une augmentation de salaire ou une amélioration de leur condition de travail.

Nabil Ennasri le gentil

Dans cette « démocratie en construction », comme le présente le remplaçant de Tariq Ramadan Nabil Ennasri, Mohammed Al-Ajami, un Qatari, a été condamné en novembre 2011 à 15 ans de prison pour avoir écrit un poème interprété par la « justice » comme un appel au renversement de la dictature.

Mahmoud Bounab, un tunisien ex-directeur d’Al-Jazeera enfants, est en prison depuis 2011 en attendant la révision de son procès.

Et n’oublions pas le Qatargate, révélé par le magazine France Football le 29 janvier 2013, qui explique « comment ils ont acheté le Mondial 2022 ». Le 11 janvier 2013, Europe 1 révèlait que Zinédine Zidane aurait touché près de 11 millions d’euros pour avoir soutenu la candidature du Qatar.

Alors que l’Europe tente de décrire le salafisme comme synonyme exclusif du terrorisme islamiste, c’est le Qatar, et le wahhabisme, qui est la forme la plus extrémiste de l’islam, la plus perverse, responsable des attentats du 11 septembre, et qui tisse sa toile dans le monde occidental.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info et source :

http://www.tunisie-secret.com/Des-sportifs-Francais-temoignent-le-Qatar-est-un-emirat-esclavagiste_a388.html

2« Le vilain petit Qatar. Cet ami qui nous veut du bien » Nicolas Beau et Jacques-Marie Bourget, éditions Fayard.

http://edition.cnn.com/2013/04/30/sport/football/football-qatar-world-cup-2022-worker-rights

qatar-2022-laborers

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