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Publié par Dreuz Info le 20 juin 2013

Le Changement de peuple

« Ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? » — Bertolt Brecht

La plaisanterie fameuse de Brecht est devenue pour nous une réalité. « Le changement c’est maintenant », promettait François Hollande : le changement de peuple, oui, c’est maintenant, et aussi le changement de civilisation qu’il implique nécessairement. Les socialistes ont suivi les conseils de Terra Nova et escompté du nouveau peuple et de ses voix, naïvement, la garantie d’être au pouvoir à jamais. Mais de cette substitution démographique les gouvernements de droite sont tous aussi responsables que la gauche, de même que le patronat et les intérêts mondialistes, qui ont besoin pour leurs affaires de l’“homme remplaçable”, désoriginé, déculturé, désaffilié, échangeable et délocalisable à merci.

« Le Grand Remplacement » était un recueil de conférences. L’auteur reprend ici les mêmes thèmes, les unifie, les réorchestre et les enrichit, en un essai d’une seule venue.

En avant première pour les lecteurs de Dreuz, Renaud Camus nous fait partager un extrait de son nouveau livre, Le Changement de peuple* :

Le recours à l’explication socio-économique de tout, et en l’occurrence de la nocence consubstantielle au changement de peuple — pour ne pas dire au nouveau peuple, au peuple remplaçant, à des éléments surreprésentés en son sein —, a l’immense avantage de dispenser d’un jugement moral qui ne pourrait être que défavorable et qui bien entendu, en régime d’antiracisme dogmatique, ne doit pas l’être, ne peut pas l’être, puisqu’il encourrait, s’il l’était, le reproche sans recours de racisme. Le parti de l’In-nocence et moi avions accoutumé de considérer que l’antiracisme, qui est au fond la seule doctrine officielle absolue de notre République et des sociétés occidentales en général, et le seul résidu, l’insécable ultime, de notre système de transmission (ce qui doit être transmis et enseigné coûte que coûte, quand bien même plus rien d’autre ne le serait), était incritiquable en tant que morale mais éminemment critiquable en tant que dogme, en tant que structure de pouvoir et, accessoirement, de formidable instrument de carrière, pour les individus, à commencer par les travailleurs de l’esprit, qui ne peuvent guère espérer faire leur chemin sans lui payer tribut selon les rites, ce qu’on leur voit faire piteusement en toute occasion, comme aux acteurs. Mais nous étions pris dans une contradiction insurmontable puisque, tout en reconnaissant pleinement sa validité en tant que morale, en tant que règle pour le comportement des personnes, des groupes et des États, nous étions obligés de constater qu’il n’était pas une bonne morale, et a fortiori qu’il ne saurait être la morale même, et cela pour deux ordres principaux de raisons.

Le premier est qu’en permanence, constitutionnellement, pourrait-on dire, il fait bon marché de la vérité. Une morale, et la morale moins encore, ne peut s’exonérer de la vérité, qui est elle-même une exigence morale de premier rang. Non seulement l’antiracisme étouffe en permanence de la vérité, et cela de façon massive, bien plus massive que ce n’est le cas de la part du racisme, dont les pouvoirs de censure, dépourvu qu’il est, lui, de juges, de journalistes, d’hommes et de femmes politiques de son obédience en quantité significative, ne sont pas comparables ; mais encore il a dû instaurer, pour perpétuer son assise malgré les démentis constants des faits, la formidable illusion dans laquelle nous sommes plongés, ce règne du faux, ce que j’ai appelé le fauxel, ou faussel (comme dans faussaire) double inversé du réel et le recouvrant entièrement.

Le faussel, voile du mensonge, est percé, troué, déchiré, tous les jours un peu davantage par le crime, par la violence, par la guerre ethnique en Suède, par la guerre ethnique en France, par l’assassinat d’un soldat à Woolwich, par l’agression meurtrière contre un soldat à La Défense, par l’engagement de plus en plus fréquent de supposés “Français” dans le terrorisme anti-Français et anti-occidental, par le suicide d’un historien au pied de l’autel majeur de Notre-Dame3.

Tout à coup la réalité pousse son cri, et elle déchire un peu le voile. Et même la télévision, la radio et les journaux, sont parfois obligés de ne plus faire semblant de ne pas l’entendre.

Mais le faussel résiste, il continue d’imposer sa fiction malgré les déchirures et les trous vite colmatés que lui inflige, dans sa brutalité croissante, le réel sous-jacent.

Cette fiction, ce mensonge central qui commande tous les autres, c’est qu’en changeant de peuple on peut avoir encore la même histoire, la même culture, la même civilisation, le même pays, la même nation éternelle, la même France, la même Europe, la même identité — qu’en changeant la lame, puis le manche, on peut avoir encore le même couteau.

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Le second ordre de raisons qui font que l’antiracisme n’est pas une morale, et moins encore une bonne morale, c’est qu’il produit en permanence du malheur (ce qu’il est obligé de dissimuler en étouffant incessamment de la vérité, retour aux paragraphes précédents). Les sociétés bâties sous son égide, multiculturelles et pluriethniques, sont infiniment plus violentes, brutales, dysharmoniques, que celles qui n’ont pas connu sa férule sévère (d’autant plus sévère qu’elle s’efforce de faire tenir ensemble ce qui ne peut tenir ni debout, ni ensemble). Bien entendu le dogme, largement inspiré en cela par la sociologie et son instrument de prédilection la statistique, à laquelle il semble bien que l’on puisse faire dire à peu près ce que l’on veut selon l’objectif poursuivi, passe son temps à nier cette évidence — la nocence spécifique au remplacisme —, par exemple en mettant en cause les visions trop favorables du passé, qui seraient le fruit d’une illusion. Mais l’un des avantages qu’il y a à vieillir, c’est que les comparaisons auxquelles on peut se livrer personnellement permettent de remettre en cause, grâce à la seule mémoire, les allégations dénégationnistes des discours antiracistes sociologico-socialisants : je veux dire qui, au nom de la sociologie, ramènent tout au registre économique et social. Non, la société française et les sociétés européennes antérieures à la contre-colonisation n’étaient pas aussi violentes, non la méfiance entre les citoyens n’y était pas aussi répandue, l’ignorance n’y faisait pas à ce point autorité, le paysage n’y était pas aussi détérioré. Il ne s’agit pas de rendre l’immigration de masse responsable de tous les maux mais de se soumettre à cette évidence qu’elle les a considérablement aggravés : beaucoup des plus sérieux n’ont de réalité, même, que de son fait.

Ainsi on nous parle tous les jours du problème du logement.

Mais à la vérité il n’y a aucun problème du logement — même s’il est bien vrai, hélas, que des centaines de milliers et même des millions de nos compatriotes et non-compatriotes sont à la rue ou affreusement mal logés, et que tout le monde doit se serrer et se serrer toujours davantage, et pas seulement la ceinture.

Ce qu’il y a c’est un problème d’immigration de masse, et quand on dit qu’il faut bâtir et bâtir et bâtir encore on se garde bien de préciser que c’est pour loger les rangs serrés de continuels nouveaux arrivants et leur abondante progéniture, et accessoirement, c’est vrai, les malheureux représentants de l’ancien peuple que cette pression incessante prive d’un toit, et d’autant plus que le moins qu’on puisse dire est qu’ils ne bénéficient, ceux-là, d’aucune priorité.

On nous parle tous les jours du problème des prisons, et de la surpopulation carcérale, et de l’état déplorable de nos centrales et maisons d’arrêt.

Mais à la vérité il n’y a aucun problème des prisons — même si surpopulation et état déplorable des lieux sont, hélas, pleinement avérés.

Ce qu’il y a c’est un problème d’immigration de masse, et quand on dit que les prisons débordent il faudrait préciser que le changement de peuple est encore plus avancé, entre leurs murs, que le long de nos rues : c’est de sensibles des quartiers sensibles qu’elles sont pleines et qu’elles regorgent ; ils y sont déjà le fond de la population, et sur ce fond les indigènes, en voie d’extinction, font figure de pâle minorité visible.

On nous parle tous les jours du problème de l’insécurité, du racket, des ridiculement nommées incivilités, de la nouvelle hyper-violence, de la délinquance petite et grande, de ce que nous, les in-nocents nous appelons la nocence, afin de regrouper sous un seul vocable cet empêchement de vivre en paix (et parfois de vivre tout court) et les nuisances justement dénoncées par les écologistes.

Mais à la vérité il n’y a aucun problème d’insécurité et de violence — même si la violence, la brutalité et l’agressivité sont partout et si la vie devient un cauchemar pour un nombre sans cesse croissant de nos compatriotes.

Ce qu’il y a c’est un problème d’immigration de masse, de changement de peuple et de changement de civilisation, de coexistence tendue entre l’ancienne et la nouvelle, de lutte pour le territoire, et de conquête.

Bien loin de moi au demeurant de vouloir insinuer qu’en cette sourde guerre l’ancien peuple est toute innocence et le nouveau toute nocence.

Il est d’ailleurs bien facile de savoir comment se répartissent les responsabilités : il suffit de comprendre les messages cryptés du complexe médiatico-politique ; et les Français, sous le règne du faussel, sont tous devenus, par force, d’excellents traducteurs, décrypteurs, herméneutes de cette langue menteuse qu’on leur impose, cette langue qui est faite pour ne pas dire et ne pas laisser dire, pour ne pas voir et surtout pour ne pas montrer.

Ils savent ce que signifie des jeunes, des quartiers populaires, des zones sensibles, des règlements de compte entre bandes rivales, des recours aux autorités religieuses pour tâcher de ramener le calme, des incidents à l’issue d’un match

Ils savent que lorsqu’on donne les noms des protagonistes, leurs prénoms et leurs noms, c’est l’ancien peuple qui est à incriminer, et cela on le peut toujours, rien ne l’interdit, bien au contraire ; et que c’est le nouveau quand on ne les donne pas parce que le nouveau, qui a l’avenir entre les mains et l’innocence infuse, lui, ne doit jamais être fustigé et, comment dit-on ?, stigmatisé.

C’est assez facile à comprendre et à pratiquer, au fond, le faussel.

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