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Publié par Guy Millière le 22 juin 2013

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Cela ne sera pas dit dans les médias français, bien sûr. L’idolâtrie a ses raisons que la raison ignore. Mais le discours que Barack Obama a prononcé à Berlin le 19 juin, censé être « historique », a été reçu avec une certaines froideur. Sans enthousiasme. Et pourtant, Obama avait choisi un auditoire trié soigneusement. Six mille personnes, invitées par l’ambassade des Etats-Unis, et d’obédience démocrate inconditionnelle. Barack Obama a, par ailleurs, eu un débit hésitant à la fin de son discours, ce qui n’a rien arrangé.

L’absence d’enthousiasme de l’auditoire s’explique. Même parmi les démocrates, il se dessine présentement un certain embarras concernant Obama.

Les procédés d’Obama comparés à ceux utilisés par la Stasi en Allemagne de l’Est

Un scandale, cela passe. Deux scandales, cela commence à devenir gênant. Une série de scandales qui semble interminable, cela devient inquiétant pour un parti qui doit faire face à des élections de mi mandat en 2014. Et puis certains de ces scandales auront des conséquences, même si Obama parvient à éviter une procédure d’impeachment, pourtant largement méritée. L’affaire de Benghazi est extrêmement grave, mais il reste possible de l’étouffer. L’utilisation de l’IRS a des fins de harcèlement politique jette un trouble plus grand : chaque Américain sait qu’il aura affaire à l’IRS tout au au long de sa vie (comme on le dit aux Etats Unis, il n’y a que deux choses certaines, la mort et les impôts), et chaque Américain sait que si l’IRS devient un instrument contre des adversaires d’un Président, cela crée un précédent qui pourrait être utilisé par un autre Président. Les écoutes de journalistes ont créé un malaise dans les grands médias : l’utilisation des moyens de surveillance de la NSA à des fins politiques a des relents totalitaires qui font passer un vent d’inquiétude sur ce que fait Obama, et en particulier chez les jeunes, qui ont massivement voté Obama, font partie de ce que Rush Limbaugh appelle les « low information voters », les électeurs à taux d’information très bas, et qui utilisent beaucoup le téléphone portable, internet, Facebook, tout ce qu’Obama fait surveiller en somme. Les six mille invités de Berlin étaient, disons, circonspects, et, vivant en Allemagne, où il existe un peu plus de pluralisme qu’en France, ils ont pu voir que les procédés d’Obama avaient été comparés à ceux utilisés par la Stasi en Allemagne de l’Est, ce qui n’était pas un compliment pour Obama. Ils ont pu aussi, en se rendant écouter le discours d’Obama, voir les banderoles ironiques déployées sur le parcours, et disant non pas Yes We Can, le slogan de 2008, mais Yes We Scan, qui pourrait être le slogan de 2013 : Oui, nous usons du scanner pour surveiller vos faits et gestes.

Au naturel, Obama parlerait comme Olivier Besancenot

Le débit hésitant d’Obama s’explique aussi. Obama lit tous ses discours. Et quand il n’a pas le texte, il est en grande difficulté. Or, Obama était à Berlin un jour de grand soleil, ce qui semblait gêner l’utilisation des téléprompteurs. Si Obama lit tous ses discours, ce n’est pas qu’il est idiot, c’est qu’il craint de s’écarter de la ligne et de tenir des propos trop proches de ce qu’il pense vraiment. Au naturel, Obama parlerait comme Olivier Besancenot peut parler en France, et ce n’est pas imaginable.

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Le contenu du discours écrit pour Obama me direz-vous ? Les obamalatres prosternés y ont vu un appel au désarmement nucléaire, et c’est exact, Obama a parlé de désarmement nucléaire. Son objectif n’a cessé d’être le désarmement des Etats-Unis et la dissémination accrue de l’utopie pacifiste et anti-occidentale d’un monde sans armes nucléaires. Obama a tendu la main à la Russie afin de proposer à Poutine que lui et Obama avancent de concert en chantant Peace and Love. Poutine a aussitôt répondu : non. A la différence d’Obama et des obamalatres, Poutine sait à quoi servent les armes nucléaires : à sanctuariser un pays et à dissuader des attaquants potentiels. Le nouveau Président iranien, le « modéré », dès sa première conférence de presse, a répondu non, lui aussi.

Obama va-t-il désarmer tout seul davantage qu’il l’a fait jusqu’à présent. C’est possible. Il le fera si le Congrès ne s’y oppose pas fermement. Le cas échéant, cela ne débouchera pas sur un monde sans armes nucléaires, mais sur une volonté des pays qui sont sous le parapluie nucléaire américain aujourd’hui de se doter eux-mêmes de l’arme nucléaire. Ces pays incluent le Japon, la Corée du Sud, l’Allemagne, l’Arabie Saoudite, la Turquie. Pour une avancée, ce serait une avancée ! Nul n’a jamais du expliquer à Obama que si les pays que je viens de citer n’ont pas glissé vers l’arme nucléaire, c’est précisément parce que les Etats-Unis sont armés. Ou si quelqu’un a tenté d’expliquer à Obama, il a du écouter d’une oreille distraite, préférant réécouter des diatribes gauchistes dans son Ipod, à moins que son iPod soit branché directement sur les systèmes d’écoutes de la NSA.

Autre élément essentiel du discours d’Obama ? La lutte contre le réchauffement global. Toutes les données scientifiques disponibles, sauf celles faussées par les Lyssenko rémunérés par l’ONU, indiquent qu’il n’y a pas de réchauffement global, et moins encore de réchauffement global provoqué par les activités humaines. Mais Obama n’est pas du genre à s’arrêter à de tels détails insignifiants. Il a un dogme et il suit les prescriptions de son dogme. Il va tout faire pour que l’énergie coûte encore plus cher aux Etats-Unis, pour que des forêts d’éoliennes voient le jour, pour rajouter des taxes aux taxes. Il espère que les Européens le suivront et comprendront que c’est, comme il dit, la « cause majeure de notre temps ». Dans tous les pays d’Europe où la croissance est négative et où le chômage explose, les populations ont d’autres préoccupations, mais cela, Obama n’en a que faire. En Allemagne même, où Angela Merkel a écouté Obama d’un air consterné, des décisions écologistes ineptes ont occasionné des surcouts énergétiques graves auxquels Angela Merkel aimerait bien remédier, mais cela, Obama n’en a que faire aussi. Le maintien d’une croissance asthénique aux Etats Unis, qui ne peut que découler des projets d’Obama en matière de « réchauffement global », ne peut qu’aggraver les difficultés économiques européennes. Mais cela encore, Obama n’en a que faire.

Si les Européens devaient voter aux élections américaines, ils n’auraient pas réélu Obama à hauteur d’un peu plus de cinquante pour cent, comme cela a été le cas en novembre dernier aux Etats Unis, ils lui auraient offert un score digne d’un pays de parti unique. Quatre vingt pour cent au moins.

S’ils étaient électeurs pour la présidence des Etats Unis, les Européens ne seraient pas des low information voters, mais des no information voters.

Obama les déçoit, surtout depuis les révélations sur l’utilisation de la NSA, mais ils en veulent surtout aux Etats Unis d’être les Etats Unis et se disent qu’Obama les déçoit, somme toutes, parce qu’il est Américain, mais qu’il reste néanmoins Obama, leur idole.

On comprend que des gens qui seraient des no information voters s’ils étaient électeurs pour la présidence des Etats Unis aiment encore Obama : ils ne savent rien de lui.

Et puis, un homme qui entend abaisser les Etats-Unis et les désarmer a tout pour plaire aux Européens, même si cela signifie, à terme, leur propre désarmement. Un homme qui parle comme un écologiste fondamentaliste a tout pour plaire aux Européens, même si cela signifie difficultés économiques accrues pour l’Europe. Un homme qui mutile l’économe américaine a tout pour plaire aux Européens, même si cela mutile aussi les économies européennes.

Poutine traite Obama par le mépris et le prend visiblement pour un crétin

Au niveau où les choses importantes se décident, on n’en a pas moins pris la mesure d’Obama. Poutine traite Obama par le mépris et le prend visiblement pour un crétin. Les dirigeants chinois font de même. Ali Khamenei prend Obama pour un âne bâté. Angela Merkel ne parvient que très difficilement à esquisser un sourire quand elle lui parle. Netanyahu, lui, sourit comme on peut sourire quand on voit passer l’idiot du village et quand Obama lui dit qu’il est le Président des Etats Unis, fait semblant de le croire.

Obama est, en ce moment, l’homme qui rétrécit : sa stature internationale devient insignifiante.

Son discours « historique » a été lui-même insignifiant. Au même endroit, John Kenney avait dit : « Ich Bin ein Berliner ». Et si, en allemand, cela pouvait se traduire par « Je suis un Berlinois », ou par « Je suis un beignet », les Allemands ont entendu, « Je suis un Berlinois », et ont vu là un soutien à la liberté de Berlin. Plus tard, Ronald Reagan en cet endroit a demandé à Gorbatchev de faire « tomber le mur », et le mur est tombé un peu plus tard. Ce qu’a dit Obama était tellement inepte qu’il aurait mieux fait de ne rien dire. Il n’a pas été un Berlinois, pas même un beignet, et il n’a fait tomber ou demandé qu’on fasse tomber aucun mur.

Il rétrécit à vue d’oeil : cela ne l’empêche pas d’être nuisible, hélas.

Seuls les journalistes européens et les journalistes des grands médias américains ne semblent pas voir qu’il est nuisible et qu’il est l’homme qui rétrécit.

Les low information voters et ceux qui seraient des no information voters s’ils étaient électeurs pour la présidence des Etats Unis dès lors ne voient pas non plus, même s’ils discernent qu’il y a quelque chose qui cloche.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour www.Dreuz.info

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