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Publié par Guy Millière le 29 juin 2013

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J’aimerais ne pas avoir à évoquer Obama si souvent.

J’aimerais surtout qu’Obama ne me donne pas de raison de l’évoquer. Pour cela, je sais, il faudrait qu’il ne soit plus à la Maison Blanche, et il m’arrive de compter les jours qui restent avant novembre 2016. Je pourrais traiter ici du voyage d’Obama en Afrique et de son remarquable discours de promotion du « mariage » gay au Sénégal, ou de la récente visite d’un adepte antisémite de l’islam radical de haut rang à la Maison Blanche, mais je préfère adopter une vue d’ensemble.

J’ai récemment écrit qu’Obama rétrécissait et semblait ridicule aux yeux de nombre de dirigeants du monde. Le fait de rétrécir et de sembler ridicule ne l’empêche pas d’être nuisible.

L’affaire Snowden, et la façon dont la Chine, la Russie, l’Equateur traitent le mandat d’arrêt international lancé par les Etats-Unis contre celui qui a divulgué les actuels programmes de surveillance de la NSA en constitue une preuve : l’impuissance américaine, entièrement le résultat de la présidence Obama, en ce dossier est ridicule, le fait qu’elle soit à ce point visible est nuisible, car cela montre que, sous Obama, plus personne, pas même un petit pays d’Amérique latine, ne craint les Etats-Unis.

J’ai récemment analysé la succession de scandales qui ont touché l’administration Obama, le dernier en date étant, précisément, l’affaire Snowden, et ces scandales eux-mêmes peuvent paraître ridicules, alors qu’ils sont surtout inquiétants en raison de ce qu’ils révèlent de ce que deviennent les Etats-Unis sous Obama : ils montrent eux-mêmes la nocivité d’Obama, et la façon dont celui-ci ébranle la liberté des êtres humains et la sécurité du monde.

(Le fait que les grands médias américains et les médias européens utilisent l’affaire Snowden pour occulter tous les scandales précédents, en espérant qu’ils glisseront sous le tapis, et le fait qu’ils présentent l’affaire Snowden comme un problème de surveillance globale mise en place par la NSA, sans incriminer une seule seconde Obama et la façon totalitaire dont il a utilisé la NSA montre la nocivité des grands médias américains et des médias européens, mais c’est une autre histoire).

J’ai traité dans divers articles les effets de la doctrine Obama en politique étrangère : ces effets sont eux-mêmes très inquiétants et montrent eux aussi la nocivité d’Obama.

J’ai traité plus particulièrement des effets de la doctrine Obama au Proche-Orient, et ces effets deviennent aujourd’hui bien plus qu’inquiétants, et ils révèlent l’extrême nocivité d’Obama, voire la nocivité absolue d’Obama.

Ces effets, présentement, s’accélèrent.

On a appris ces derniers jours que l’administration Obama entendait effectivement redonner le pouvoir aux talibans en Afghanistan : le projet était dans l’atmosphère depuis 2009, et il avance, par le biais de négociations menées au Qatar, où les talibans viennent d’ouvrir un bureau aux allures d’ambassade, avec la bénédiction d’Obama. La situation en Afghanistan, à la fin de la présidence Bush étaient stabilisée : Obama a décidé de changer les règles d’engagement et la mission des soldats sur place, ce qui a fait des morts inutiles. Il a cherché des «talibans modérés» : il ne cherche plus, et s’adresse désormais aux talibans tout court. L’Afghanistan va redevenir une base arrière d’al Qaida, en coopération avec le Pakistan voisin. Le gouvernement Karzai va devoir choisir un lieu d’exil. La burqa va revenir, lourdement, dans tout le pays. Les morts occidentaux en Afghanistan sont morts pour rien. L’islam radical et le terrorisme islamique remportent une grande victoire. Depuis Doha, les talibans ont déjà renoué des liens avec des groupes djihadistes en Afrique subsaharienne et au Yemen.

On sait depuis longtemps que l’administration Obama tend la main au régime des mollahs à Téhéran. Le nouveau Président propulsé par Ali Khamenei va permettre à l’administration Obama de tendre la main de plus belle, et donner à Obama ce qu’il voulait, à savoir du temps pour la diplomatie, jusqu’au moment où l’Iran aura la bombe atomique ou sera sur le point de l’avoir. Il existe aujourd’hui une alliance tacite Obama Khamenei contre toute tentative d’intervention israélienne à l’encontre du nucléaire iranien. Et une intervention israélienne aujourd’hui se ferait contre la volonté d’Obama qui entend réintégrer l’Iran dans le jeu diplomatique international. Obama n’ayant aucun poids vis-à-vis de Khamenei, seul Vladimir Poutine peut influer désormais sur ce dernier. Le régime islamiste iranien remporte une grande victoire, tout comme Poutine.

En Irak, le retrait américain organisé par Obama a fait du pays un satellite de l’Iran, une base arrière pour l’armement du régime syrien résiduel par le régime iranien, et a permis un retour à une guerre civile menée par les sunnites, armés par le Qatar, l’Arabie Saoudite et la Turquie. Al Qaida est à nouveau implantée en Irak. C’est là encore une victoire pour le régime islamiste iranien, et c’est une demi-victoire pour le terrorisme islamique sunnite.

La Syrie continue à se décomposer. Si les régions kurdes sont en situation d’autonomie de fait, et se rapprochent des régions kurdes irakiennes, elles aussi en autonomie de fait, la guerre entre zones sunnites et zones tenues encore par le régime Assad s’exacerbe. Le régime Assad, et, en réalité, l’alliance Iran Hezbollah Russie qui le soutient a regagné du terrain et paru en mesure de l’emporter récemment. Ce qui a poussé le Qatar et l’Arabie Saoudite à tirer les signaux d’alarme : Obama, qui est très lié aux Frères musulmans s’est vu demander de respecter ses promesses, et bien qu’Obama ne veuille pas froisser la Russie et l’Iran, qui le méprisent, a continué à former des combattants sunnites en Jordanie et à livrer des armes aux factions sunnites. La France, largement soumise au Qatar, et la Grande Bretagne, largement soumise à l’Arabie Saoudite et au Qatar, se sont précipitées à Doha pour rejoindre les « amis de la Syrie » au côté d’Obama, et se comportent donc en amis des Frères musulmans syriens, en se refusant pour l’heure à fournir trop d’armes à ceux-ci, car les cloisons séparant les Frères musulmans syriens de mouvements liés à a al Qaida, tels Jabhat al Nusra ne sont pas du tout imperméables. Les Etats-Unis d’Obama, suivis par la France et le Royaume Uni, aident donc des islamistes sunnites pas du tout imperméables à al Qaida, et en aidant les Frères musulmans syriens aident donc un mouvement déjà au pouvoir dans quasiment toute l’Afrique du Nord.

La Russie, l’Iran et le Hezbollah n’étant pas prêts à lâcher le régime Assad, les morts vont continuer à s’ajouter aux morts.

Des djihadistes européens partent combattre et se former en Syrie. La Syrie comme telle n’existe plus et n’est désormais qu’un champ de bataille morcelé, comme je l’ai déjà expliqué, en trois zones. Il n’y a pas de « modérés » en Syrie aujourd’hui, sinon les Kurdes. L’occasion de soutenir les modérés a été manquée il y a deux ans, et il est trop tard. Obama ne pouvait soutenir des modérés, c’est contraire à ses idées. Il aurait pu soutenir le régime Assad, pour faire plaisir à la Russie et à l’Iran, mais il ne le pouvait sans froisser les Frères musulmans, d’où le chaos actuel. Ce chaos est une victoire pour l’islam radical, car quand bien même des islamistes sunnites tirent sur des islamistes chiites, et vice versa, il ne reste sur le terrain que des islamistes, les uns aidés par l ‘Iran, le Hezbollah et la Russie, les autres aidés par le Qatar, l’Arabie Saoudite, les Etats Unis d’Obama, la Grande Bretagne et la France.

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La guerre syrienne est en train de déborder vers le Liban. Elle risque de déborder vers la Jordanie, qui sert de bases arrière aux factions sunnites soutenues par le Qatar, l’Arabie Saoudite, les Etats Unis d’Obama, la Grande Bretagne et la France, et la Jordanie a sur son sol des centaines de milliers de réfugiés syriens. Les Frères musulmans ont le projet très explicite de prendre le pouvoir à Amman et de profiter des circonstances dès que l’opportunité se présentera. Dès lors qu’Obama a un faible pour les Frères musulmans, tout est possible. La déstabilisation de la Jordanie est elle-même une victoire pour l’islam radical sunnite.

On peut ajouter que l’Egypte glisse chaque jour davantage vers le naufrage économique et social, car le régime des Frères musulmans n’a fait qu’y précipiter l’économie vers la destruction, d’où les manifestations et les émeutes qui ne cessent pas, et devraient connaître une apothéose provisoire ce dimanche. (non seulement l’ambassade des Etats Unis au Caire a incité les Egyptiens, et particulièrement les Coptes à ne pas manifester, mais la Maison Blanche a dépêché quatre cent soldats des forces spéciales américaines pour prêter main forte à Mohamed Morsi).

La construction d’un barrage sur le Nil en Ethiopie, en accord avec d’autres pays de la région, dont le Soudan, risque d’accélérer le naufrage, et de conduire à une guerre entre l’Egypte et l’Ethiopie, avec participation possible du Soudan. La victoire de l’islam radical sunnite en Egypte, et la façon dont l’Ethiopie se conduit, sans le moindre mot d’Obama alors que les Etats-Unis sont censés être alliés de l’Ethiopie (comme ils sont censés être alliés de l’Egypte) pourraient embraser toute l’Afrique de l’Est, où Obama ne mettra d’ailleurs pas les pieds pendant son voyage actuel en Afrique.

On peut ajouter que la Libye se décompose, et est, de facto, scindée entre la Tripolitaine où gouvernement les Frères musulmans et la Cyrénaique autour de Benghazi où ce sont des factions liées à al Qaida qui ont la haute main, le Sud, Fezzan, se partageant entre divers groupes djihadistes.

On peut ajouter la Turquie, où Erdogan vient d’écraser le soulèvement de la jeunesse turque libérale, républicaine et modérée : Obama n’a rien dit à Erdogan. Il n’a cessé de compter sur Erdogan pour être l’un des artisans de la restauration d’une unité sunnite islamiste aux allures de califat. Erdogan vient de recevoir des dirigeants du Hamas. L’administration Obama aimerait réintégrer le Hamas dans le « processus de paix » que Kerry tente de faire avaler aux dirigeants israéliens.

Le Hamas étant désormais tenu par les Frères musulmans égyptiens et s’étant émancipé de ses liens avec l’Iran, il subit une déstabilisation au sein de Gaza par le Djihad islamique financé par l’Iran, et lié au Hezbollah, d’où les missiles tirés contre Israël ces derniers jours, par le Djihad islamique.

Obama voulait un monde musulman plus sûr pour l’islam radical. Il voulait défaire ce que Bush avait tenté de faire en tentant de briser l’islam radical. Il voulait ôter aux Etats Unis toute influence régionale. Il voulait une réunification islamiste du monde sunnite sous l’égide des Frères musulmans et une sanctuarisation de l’Iran, un Israël réduit aux « frontières de 1967 » et contraint à une « paix » islamique.

Les résultats sont mirifiques.

Le monde musulman est effectivement plus sûr pour l’islam radical. Ce que Bush a tenté de faire est effectivement anéanti. Les Etats Unis ont perdu toute influence régionale ou presque. La réunification du monde sunnite sous l’égide des Frères musulmans a avancé, puis a buté sur le régime syrien et sur le retour de la Russie. La sanctuarisation de l’Iran est en chemin. Israël n’a pas cédé, jusqu’à présent.

Les perdants dans ce fatras aux allures de débâcle sont, pour l’heure, tous les alliés régionaux des Etats-Unis dans le monde arabe. Seuls subsistent parmi eux la Jordanie, affaiblie, et l’Arabie Saoudite, qui soutient les Frères musulmans en Syrie parce qu’elle craint les visées hégémoniques de l’Iran. Le régime afghan mis en place sous Bush fait aussi partie des perdants, tout comme les partis syriens modérés et les Turcs attachés aux principes du kemalisme.

Les gagnants sont toutes les factions islamistes, des diverses branches des Frères musulmans aux talibans à al Qaida, la république islamique d’Iran, la Russie, qui redevient une puissance régionale qui compte, le Qatar, qui a joué depuis longtemps la carte des Frères musulmans et d’al Qaida et s’est assuré des allégeances européennes, à Paris et à Londres, l’AKP d’Erdogan en Turquie.

On peut classer Israël parmi les gagnants, pour l’heure, car dans le fatras, islamiste sunnites et islamistes chiites s’entretuent, et l’effondrement de la Syrie d’un côté et de l’Egypte de l’autre en font pour l’heure des nuisances moindres pour Israël. On peut classer Israël parmi les gagnants aussi, car l’influence considérablement amoindrie des Etats-Unis dans la région a permis à Israël de ne pas céder, de faire attendre Kerry dans le vestibule et de laisser parler Obama, en prêtant une oreille discrète à ce qu’il dit, et en écoutant plus attentivement Poutine, qui est un cynique autoritaire, mais un homme sérieux.

On peut classer parmi les perdants, par incidence, l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas, qui serait balayée par le Hamas et les Frères musulmans si l’Europe et l’administration Obama ne la maintenaient sous perfusion.

On peut classer parmi les perdants aussi l’Europe, car le fatras aux allures de débâcle se déroule à ses portes, et les djihadistes européens partis combattre et se former en Syrie ne resteront pas en Syrie.

Nul en Europe ou presque ne voit que le fatras aux allures de débâcle est né de la doctrine Obama, bien sûr….

Nul ou presque ne le voit, à moins qu’il faille dire que nul ou presque ne veut le voir. S’aveugler n’empêche pas de subir les conséquences. Le prix des années Obama sera très élevé, vraiment très élevé. Un jour ou l’autre, l’addition devra être payée.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour www.Dreuz.info

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