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Publié par Guy Millière le 25 juillet 2013

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Ce qui s’est passé ces derniers jours à Trappes suit de près ce qui s’est passé à Brétigny sur Orge. Voici quelques semaines, c’était le quartier du Trocadéro qui s’embrasait.

Au cours des dix dernières années, il n’y a quasiment pas une ville de France qui n’ait été touchée par des émeutes.

Les viols, les meurtres, les vols avec effraction, les actes de pillage sont trop nombreux pour être énumérés et font l’objet de livres tels que France Orange mécanique.

La police tente de faire son travail, mais reçoit des ordres, et se voit demander d’agir avec « parcimonie », et, souvent, de se tourner vers d’autres objectifs, plus rémunérateurs et plus politiquement corrects, tels que la « délinquance routière ».

La justice, elle, n’a plus à recevoir d’ordre : le travail d’infiltration du Syndicat de la magistrature a joué son rôle. Un autre livre dit à ce sujet ce qui doit l’être : Quand la justice crée l’insécurité, de Xavier Bébin.

Le gouvernement actuel est à incriminer, bien sûr, et il a montré qu’il avait des priorités : le mariage homosexuel et la répression sans merci contre ceux qui défendent le mariage hétérosexuel, l’aggravation de la pression fiscale.

Mais, je l’ai dit, c’était à peine mieux sous Nicolas Sarkozy.

La réalité est que la France est en plein délabrement. Les institutions censées y maintenir le droit et la sécurité et garantir la liberté sont totalement dévoyées.

Les zones de non droit sont en réalité aujourd’hui des zones autonomes où règne la loi des bandes et de la horde. Des groupes islamiques y font régner ici ou là la règle de la umma, et considèrent la moindre présence française comme une insulte pour eux.

Les décisions politiques dans un nombre croissant de domaines sont les otages des zones autonomes et des groupes islamiques, tout comme elles sont de plus en plus prisonnières des financements venus de pays musulmans qui comblent des fins de mois difficiles et achètent des politiciens pour un prix désormais pas très élevé.

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J’avais dit que je ferais un bilan économique du pays aujourd’hui : ce bilan, en ce contexte, devrait ressembler à un dépôt de bilan. La fiscalité fait désormais fuir entrepreneurs et entreprises. La redistribution fait vivre des dizaines de milliers de bureaucrates, et une part importante des neuf millions de pauvres que compte le pays, et elle assure l’essentiel ou une part notable des revenus de trois personnes sur quatre. Les données observées depuis l’étranger montrent que si la France a une natalité moyenne de 1,9 enfants par femme, celle-ci inclut une sous-représentation des familles juives ou chrétiennes et une surreprésentation des familles musulmanes, ce qui indique un changement de peuple, comme l’a noté Renaud Camus. Les flux migratoires montrent, en supplément, un départ des gens porteurs de capital humain et intellectuel et une arrivée continue de gens sans capital humain et intellectuel. L’endettement augmente de façon telle que désormais, aucune des grandes agences de notation ne maintient la France au niveau du triple A, et ce n’est sans doute que le début de la dégringolade.

Non seulement, et j’y reviendra, aucun parti politique ne propose des mesures à même de sortir de l’ornière, mais, et c’est bien plus dramatique encore, aucun parti politique qui proposerait des mesures à même de sortir le pays de l’ornière n’est en mesure de l’emporter dans quelque élections que ce soit. D’une part, parce que les populations sans capital humain et intellectuel ou avec peu de capital humain et intellectuel constituent une part importante de l’électorat, et votent pour continuer à recevoir. D’autre part parce qu’une part importante des populations ayant encore un capital humain et intellectuel pensent comme on leur dit de penser à l’école, à l’université, dans les grands médias, et vivent le cerveau essoré.

Une majorité des jeunes Français (cinquante deux pour cent) veut désormais quitter le pays, et je le comprends : qui veut rester à bord d’un bateau qui coule ?

La France risque fort dans quelques années de ressembler au portrait que j’en avais, avec tristesse, tracé dans des livres tels que Un goût de cendres et Pourquoi la France ne fait plus rêver, publiés il y a douze ans pour le premier, cinq ans pour le deuxième : un pays perforé de quartiers délabrés, revenus à l’état sauvage, où subsisteront des zones de richesse comme il en existe en Afrique subsaharienne ou en Amérique du Sud, avec une population faite de jeunes frustrés et ressentimentaux détestant la France et l’Occident, souvent musulmans, de gens plus âgés, crispés sur ce qui reste de leurs « avantages acquis » et de leurs droits de propriété, et quelques riches se protégeant comme ils le peuvent, et ayant déjà un pied à l’extérieur.

A mesure que le temps passe, le portrait que j’avais tracé se fait, hélas, de plus en plus rassemblant.

Dans l’Index of Economic Freedom publié chaque année par le Wall Street Journal et la Heritage Foundation, la France est tombée au soixante deuxième rang mondial, entre la Thaïlande et le Rwanda. Et je réponds à ceux qui me disent parfois que les social-démocraties européennes s’en sortent mieux, que celles-ci sont elles-mêmes dans une très mauvaise passe, mais sont moins sclérosées que la France, qui est derrière, loin derrière les autres pays d’Europe. Dans le même classement, le Danemark est au neuvième rang, la Finlande est seizième, les Pays Bas dix septièmes, la Suède dix-huitième, l’Allemagne dix-neuvième, la Norvège trente et unième. Le Royaume Uni est quatorzième, la Hongrie, la République tchèque, la Pologne, la Slovaquie, Israël, sont mieux classés que la France, bien mieux.

L’Index of Economic Freedom ne prend en compte que les données économiques, si on y ajoute les autres données, je crains qu’il faille placer la France plus bas encore.

Comme l’a dit François Hollande le 14 juillet, tout va de mieux en mieux.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour www.Dreuz.info

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