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Publié par Guy Millière le 29 juillet 2013

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Que ferait Karl Marx s’il était Président des Etats Unis ? On ne peut le dire avec exactitude. On ne peut faire parler et agir les morts. Mais on peut se livrer à quelques hypothèses.

Il aiguiserait sans doute les conflits inter-ethniques en voyant en eux un prélude à la révolution qu’il appellerait de ses vœux, et il opposerait les noirs aux blancs autant qu’il le pourrait. Il pratiquerait la victimisation des noirs et, plutôt que d’inciter les noirs à prendre exemple sur ceux parmi eux qui incarnent la réussite sociale, l’esprit d’entreprise, la créativité, le dynamisme, autant de facteurs peu propices à la révolution, il leur dirait qu’ils sont les victimes éternelles de l’homme blanc, et que si tant de noirs naissent dans des familles monoparentales, vivent dans une contre-culture du crime et de la délinquance qui fait des centaines de morts chaque année et emplit les prisons américaines, c’est, bien sûr, de la faute du racisme, cet abominable racisme qui a empêché un noir de devenir Président des Etats Unis en 2008.

Faute de pouvoir confisquer leurs biens, il utiliserait le système fiscal américain pour détruire ses adversaires politiques et les réduire au silence. Faute de pouvoir décréter la fin du capitalisme américain, il l’asphyxierait peu à peu en accroissant les impôts, en démultipliant l’endettement, en augmentant démesurément le nombre des assistés sociaux jusqu’à ce que ceux-ci représentent une masse sociale si importante que son parti soit assuré ou quasiment assuré d’emporter les élections en comptant sur les voix des uns pour légaliser le vol de l’argent des autres. Ne pouvant abolir la liberté d’entreprendre, il asservirait celle-ci en mettant en place un réseau d’entrepreneurs amis, auxquels il passerait des commandes et assurerait des contrats. Il nommerait un ministre de la justice pratiquant une justice politique, bien sûr. Il légaliserait des millions d’immigrants clandestins en leur promettant de rejoindre le nombre des assistés, et n’aurait pas besoin de leur demander leur vote au passage : car il saurait pour qui voteront les clandestins devenus immigrants légaux.

Il pourrait au passage appeler subtilement au lynchage d’un hispanique : il suffirait de dire que c’est un hispanique blanc, et comme cet hispanique a un nom juif, les hispaniques n’y verraient que fort peu de problème.

Confronté à une série sans précédents de violation du droit effectuées de manière éhontée par lui-même, ce qui serait très logique puisque Karl Marx ne se préoccupe pas du droit bourgeois, il pratiquerait une obstruction systématique, réduirait les témoins au silence, sous la menace, et s’assurerait de complicités dans tous les grands médias pour qu’y règne la loi du silence. Devant faire face aux conséquences économiques catastrophiques de ses décisions, il accuserait ses adversaires de ne pas le laisser pleinement faire ce qu’il veut pour assurer au pays un avenir radieux, illuminé par le socialisme.

Ce ne sont là, je l’ai dit, que quelques hypothèses.

Je ne peux dire avec exactitude ce que ferait Karl Marx s’il était Président des Etats-Unis aujourd’hui.

Mais je peux dire ce que ferait un disciple de Karl Marx aujourd’hui Président des Etats-Unis, parce que ce que je viens d’écrire est très exactement ce que fait Barack Obama.

En disciple de Karl Marx au vingt-et-unième siècle, Barack Obama a enrichi sa vision du monde de lectures supplémentaires, et il est visible qu’il a lu Lénine et sait ce que c’est qu’un révolutionnaire professionnel tel que décrit dans Que faire ? Il est visible qu’il a lu Franz Fanon et s’est imprégné des Damnés de la terre. Il est visible qu’il a lu Saul Alinsky, le maître à penser de l’extrême gauche américaine, auteur de Rules for Radicals, un marxiste léniniste qui savait que le marxisme léninisme aux Etats Unis ne pourrait s’imposer qu’en avançant masqué, sournoisement. Il est tellement visible qu’il a lu Saul Alinsky qu’il a enseigné les théories de Saul Alinsky pendant des années avant de les mettre en pratique. Et conformément aux théories de Saul Alinsky, il n’a pas hésité à utiliser tous les moyens disponibles pour détraquer davantage la société américaine : la « défense de l’environnement » qui lui permet, par le biais de l’Environmental Protection Agency de réglementer toute l’activité économique du pays et d’avoir droit de vie ou de mort sur toute entreprise, la défense de l’homosexualité, du mariage homosexuel et du prosélytisme gay jusque dans les forces armées aux fins de dissoudre la famille et l’armée, la défense de l’islam jusque dans ses formes les plus radicales.

Conformément aux théories de Saul Alinsky, il change sans cesse de terrain, aux fins de désarçonner ses adversaires, et il y parvient, hélas, très bien pour l’heure : à peine avait-il mis en cause le « racisme » du système juridique américain (à mots feutrés bien entendu), et à peine avait-il appelé (à mots feutrés toujours) au lynchage de George Zimmermann qu’il cessait de parler de ces sujets, qu’il attaquait les Républicains en leur reprochant de parler de choses sans importance (telles que les actes terroristes commis à Benghazi, l’assassinat d’un ambassadeur des Etats-Unis et de trois agents de sécurité américains, le mensonge et la falsification pratiqués dans toute son administration et par lui-même à ce sujet, l’utilisation du fisc à des fins politiques, les écoutes illégales de journalistes) et de détruire l’économie du pays en entravant la possibilité du gouvernement de dépenser davantage et en protégeant les riches, les abominables riches.

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Pendant que Barack Obama tenait son discours vindicatif contre les Républicains (Knox College, 25 juillet), l’économie américaine continuait à se détériorer : stagnation économique avec une croissance qui n’est positive que parce que le gouvernement continue à dépenser sans compter et que les dépenses gouvernementales sont comptées dans l’activité économique, maintien du chômage à un niveau qui n’est pas plus élevé que parce que les pauvres assistés qui ont cessé de chercher un emploi, et qui approchent des cinquante millions, ne sont pas comptés parmi les chômeurs, baisse du niveau de vie, qui a chuté d’environ dix pour cent depuis qu’Obama est Président. Des secteurs tels que la production de pétrole sur des terres privées et l’exploitation du gaz de schiste ont continué à se développer, mais quiconque a lu les proclamations écologistes d’Obama sait qu’il entend faire son possible pour remédier à cette situation.

Pendant que Barack Obama tenait son discours aussi, la ville de Detroit déposait son bilan : Barack Obama n’en a pas parlé.

Sans doute parce que ce qui a conduit Detroit au dépôt de bilan, ce sont des politiques très semblables à celles pratiquées par Barack Obama depuis janvier 2009 : Detroit est morte sous des impôts de plus en plus écrasants qui ont peu à peu détruit l’activité économique, sous l’accroissement incessant du nombre des assistés, sous la pratique d’un crony capitalism, capitalisme d’accointances subventionné et protégé par le gouvernement. Ce fut, dans les années 1950, la ville la plus prospère du pays, celle qui, à l’époque avait le produit intérieur brut par habitant le plus élevé. Elle a compté jusqu’à deux millions d’habitants. Elle en compte sept cent mille aujourd’hui. Essentiellement des retraités, des fonctionnaires municipaux, des assistés sociaux. C’est un coupe gorge, une ville du tiers-monde au sein des Etats Unis. Je l’ai traversée en voiture voici quelques années, et j’aurais pu penser, parfois, être en Somalie ou en Afghanistan, car en lisière de Detroit, il y a Dearborn, principale ville musulmane, et islamique, des Etats Unis. Mieux valait ne pas s’arrêter aux feux rouges : d’ailleurs la moitié des feux rouges ne fonctionnaient plus. La gare ferroviaire ressemblait à une gare de Londres pendant la Deuxième Guerre Mondiale, en plus détérioré. Une maison sur quatre était à l’état de ruine, des bloc entiers étaient rasés. Nombre d’économistes ont souligné ces temps derniers que Detroit a été gérée par des démocrates depuis cinq décennies : ils ont souligné aussi que les Etats-Unis en leur ensemble étaient géré par un démocrate aux idées semblables aux idées de ceux qui ont géré Detroit, mais depuis quatre années et demi seulement. Si vous voulez imaginer ce que donneraient cinq décennies de présidence Obama, regardez Detroit présentement, et regardez Dearborn. Il y a une différence : les deux tiers des habitants de Detroit ont pu s’enfuir ailleurs au sein des Etats Unis.

Si les Etats Unis entiers devenaient Detroit, quelle issue y aurait-il ? En 2016, il y aura eu huit années de présidence Obama. Si Hillary Clinton était élue, elle qui a beaucoup lu Saul Alinsky, cela pourrait faire seize années. Je ne veux pas l’imaginer.

En Europe, nombre de gens trouvent toujours Barack Obama admirable, et considèrent les deux livres que j’ai consacré au personnage (La résistible ascension de Barack Obama et Le désastre Obama) très excessifs.

Ce sont pourtant des livres descriptifs. Simplement des livres descriptifs.

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