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Publié par Gaïa le 9 août 2013

Var-matin a recueilli le témoignage de Stéphane S., attaqué par un chien dangereux, samedi soir dans un train. De Marseille à Toulon, son trajet s’est transformé en un voyage infernal

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Il est debout. Sans regret. Mais profondément choqué par les violences qu’il a subies samedi soir, alors qu’il rentrait du travail par le train express régional de 20 h 35. Stéphane S., 34 ans, est agent de sécurité dans un supermarché à Marseille.

Pas le genre de garçon à chercher des embrouilles, ni à être effrayé par une discussion houleuse. Avec le recul, il sait que seuls ses bons réflexes l’ont sauvé de blessures graves. Pendant quelques minutes, il a affronté les crocs et les coups. Les assauts répétés d’un chien d’attaque, et de deux agresseurs.

Les plaies au bras et à l’arcade sourcilière sont presque cicatrisées. Bien plus vite que la blessure morale.

« T’es qui ? Le train n’est pas à toi »

Le train roule à hauteur de Bandol, samedi soir vers 21 h. Dans un wagon à l’avant du TER, deux voyageurs s’allument un joint. Ils ont avec eux un american stafford terrier, un chien possiblement dangereux. Stéphane raconte la suite.

« Ils ont allumé leur joint. Je leur ai dit qu’il fallait l’éteindre. Tout de suite ils m’ont répondu : « Qui tu es, toi pour dire ça, le train n’est pas à toi… ». Ils ont détaché le chien et l’ont lancé sur moi. »

« Le chien, il décollait du sol »

« Physiquement, je connais les techniques. Je me suis mis en position de défense. » Il mime le geste, rassemble ses deux avant-bras devant le visage et remonte un genou contre son corps.

Il était debout, appuyé au wagon. « Heureusement, si j’avais été assis, le chien m’attrapait à la tête, j’étais foutu. »

L’attaque a duré de longues minutes.

« Le chien, il décollait du sol sans arrêt, il était tout le temps sur moi. Mais il ne m’a pas attrapé, alors ça a énervé l’un des deux, qui est passé par-derrière, pour me mettre des coups de poings pour m’affaiblir. »

Sa chemise blanche est couverte de sang.

« Celui qui bouge a son compte »

Dans le wagon, les passagers sont tétanisés. « Tout le monde criait, c’était la panique totale dans le train. Ils ont dit : « Celui qui bouge, il a son compte ». Un seul en a eu le courage, c’est celui qui a été mordu au ventre. Je crois qu’il est sans papiers. Au commissariat, il a dit qu’il n’avait pas sa carte d’identité sur lui. Après, il a disparu. »

Quand le chien fond sur le second voyageur, « tout le monde grimpait sur les fauteuils ». Stéphane n’hésite plus, il bat provisoirement en retraite.

« Ma chance, c’est que la porte de la cabine du conducteur était ouverte. » Mais encore le chien et les frères sont à ses trousses. « Je revois la mâchoire du chien, ses muscles. Il y a plein de choses qui me reviennent dans la tête. » Son regard se perd, absent. Lourd.

La fuite et le pardon

Finalement, le conducteur stoppe le train. Les deux voyous s’échappent. Stéphane est consterné. « Si je les laisse partir, ils vont recommencer sur quelqu’un d’autre », s’exclame-t-il. Il part derrière le frère qui n’a pas le chien avec lui. Ce sera le premier interpellé par la police. Le second le sera environ une demi-heure plus tard.

Stéphane était présent à l’audience, la justice lui a demandé d’être là pour témoigner. Son récit était primordial. « En entrant dans la salle, ils m’ont demandé pardon. J’ai accepté leurs excuses. » Le tribunal non. La dette vis-à-vis de la société ne sera payée qu’à la sortie de prison.

http://www.nicematin.com/toulon/agresse-dans-un-ter-entre-marseille-et-toulon-ils-ont-lache-le-chien-c%E2%80%99etait-la-panique-total.1386849.html#sthash.GAvm8pLS.dpuf

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