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Publié par Guy Millière le 17 août 2013

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Barack Obama a interrompu sa partie de golf pendant huit minutes pour faire une déclaration sur la situation en Egypte, dire qu’il déplorait la violence, incriminer l’armée égyptienne, mais pas les Frères musulmans, annoncer qu’il annulait des manœuvres militaires communes avec la même armée égyptienne, et ajouter que le chemin de la démocratie était long et difficile. Sans répondre à une seule question de journaliste, et non sans avoir dit que le chemin des Etats-Unis vers la démocratie avait été lui aussi long et difficile, il est retourné vers son activité favorite, et achever son parcours en dix-huit trous. François Hollande a, lui, interrompu son séjour chez les Bidochon pour sermonner l’ambassadeur d’Egypte et lui dire que la France exigeait la fin de la répression au Caire : ah mais ! François Hollande représente la France ! L’ambassadeur d’Egypte a dû trembler de peur. David Cameron a parlé comme François Hollande, ce qui ne le grandit pas. Dans la presse française, on a pu lire que la « communauté internationale réprouve ». Et c’est vrai que ce machin appelé la « communauté internationale », un conglomérat flasque et flou confit dans le politiquement correct, et où se confondent démocraties et dictatures réprouve. Recep Tayyip Erdogan réprouve tout particulièrement. L’émir du Qatar aussi. Et la parole de l’émir du Qatar est importante, puisque c’est lui qui semble dicter ce que disent François Hollande et David Cameron. Trêve de plaisanterie.

Ce qui se passe présentement en Egypte est de l’entière responsabilité de Barack Obama et de son administration, puisque ce sont eux qui ont agi pour que les Frères musulmans arrivent au pouvoir au Caire, et puisqu’ils ont entériné tout ce qu’a fait le Président issu des Frères musulmans, Mohamed Morsi pendant l’année qu’il a passé au pouvoir.

Mohamed Morsi a été élu dans un contexte de fanatisme et d’analphabétisme, porté par un mouvement totalitaire et son élection était censée être la dernière qui aurait eu lieu en Egypte s’il n’avait été renversé et s’il avait pu aller jusqu’au bout de son projet : instaurer un système totalitaire qui aurait fait naître une république islamique sunnite aussi charmante que la république islamique chiite en place à Téhéran. Il avait déjà fait entériner une constitution adéquate à l’instauration d’un régime totalitaire.

Les Frères musulmans n’ont pas seulement mis en place en un an les composants d’un régime totalitaire : ils ont achevé de ruiner une économie déjà exsangue, et ils ont multiplié les crimes et exactions en tous genres, exécutions sommaires ou viols par le biais de « mariages » islamiques très provisoires, agressions contre les Coptes, massacres de chiens, destructions d’églises.

L’armée égyptienne a usé de la violence, mais elle n’a fait que répondre à la violence des Frères musulmans. Elle n’établira pas la démocratie, mais elle n’a en rien interrompu un processus démocratique : elle a renversé ce qui était de facto une dictature par ce qui est de facto une dictature. Morsi pensait avoir purgé l’armée et l’avoir mis à sa botte : il a dû découvrir que la purge qu’il avait administrée n’était pas efficace et que le général Sisi, sur qui il pensait pouvoir compter avait d’autres projets.

Il y a eu six cent morts mercredi, et il y en aura d’autres. Mais dire que l’armée a tiré sur des civils innocents est présenter une vision faussée des choses : les places tenues par les Frères musulmans avaient des allures de camps retranchés, des armes y circulaient et y étaient utilisées, sans quoi il n’y aurait pas eu une cinquantaine de morts parmi les militaires et les forces de l’ordre. Les Frères musulmans ayant vu leurs plans déjoués et n’ayant pu aller jusqu’au bout de leur projet ont choisi d’envoyer leurs membres vers la mort en pensant que des « martyrs » apitoieraient les opinions occidentales, et cela a été le cas. Ils ont multiplié les exactions contre les Coptes et, faute de Juifs à tuer, s’en sont pris à la dernière synagogue du Caire. Ils vont continuer à tenter de semer le désordre et la violence, particulièrement dans le Sinaï.

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L’armée va vraisemblablement rétablir un régime du type Moubarak sans Moubarak.

Il est loin d’être certain qu’elle parvienne à rétablir la stabilité dans le pays avant de longue semaines, et il est moins certain encore qu’elle parvienne à redresser une économie tout au bord de la banqueroute. Mais, en évitant in extremis la mise en place d’un totalitarisme, elle a évité le pire. Elle a brisé le nid de djihadistes que devenait Le Caire.

Elle maintiendra l’accord de paix avec Israël, clé de la stabilité régionale, et si les Frères musulmans n’avaient pas touché à l’accord de paix avec Israël, il fallait être aveugle et sourd pour ignorer leurs intentions.

Elle préservera la navigation dans le canal de Suez, qui est d’un intérêt stratégique pour le monde.

Elle permettra la reconstitution d’une alliance entre puissances du statu quo avec l’Arabie Saoudite et les émirats du Golfe (sauf le Qatar).

Elle est au cœur de la volonté des puissances du statu quo d’arrêter la vague djihadiste telle qu’elle a déferlé depuis l’enclenchement de ce que les idiots utiles du djihadisme ont appelé le « printemps arabe ».

Ce qui se joue en Egypte concerne toute la région, et, par extension, tout le monde musulman.

C’est un échec sévère pour l’administration Obama et, bien qu’il en ait eu visiblement très envie, Barack Obama n’a pas rompu tous les ponts avec l’armée égyptienne qui, elle, a un mépris évident pour Barack Obama. Les manœuvres militaires communes annulées par Obama avaient en réalité déjà été annulées par l’armée égyptienne elle-même. Barack Obama peut annuler l’aide accordée annuellement à l’Egypte : celle-ci représente un peu plus de dix pour cent de l’argent que l’Arabie Saoudite vient de donner à l’armée égyptienne, et une telle décision de la part de Barack Obama ne changerait pas grand chose.

C’est un échec sévère pour les Frères musulmans et pour l’islam radical qu’ils incarnent.

C’est un échec pour les ambitions du Qatar.

Que Barack Obama parle comme il parle est logique. Que Recep Tayyip Erdogan parle comme il parle est logique aussi.

Que François Hollande et David Cameron parlent comme ils parlent et que ce machin appelé la « communauté internationale » comme disent les journaux, réprouve, montre où nous en sommes.

François Hollande et David Cameron préfèrent l’islam radical, ou, tout au moins se couchent devant lui. Ils invoquent une démocratie inexistante en Egypte. Ils font la cour à leurs ennemis. Ils ont peur. Ils sont lâches.

Le machin appelé « communauté internationale » est l’incarnation de la peur, de la lâcheté et de l’aveuglement volontaire.

Les puissances du statu quo incarnent, elles, une civilisation bloquée et un islam lui-même bloqué, dictatorial, féodal, mais elle n’incarnent pas un projet djihadiste révolutionnaire imprégné de national-socialisme et des élucubrations fanatiques de Hassan El Banna, de Sayyid Qutb et de l’Ikhwan. Elles sont dans le contexte actuel un moindre mal, et quand le choix n’est pas entre le bien et le mal, mais entre un moindre mal et un pire mal, mieux vaut le moindre mal.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour www.Dreuz.info

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