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Publié par Michel Garroté le 21 août 2013

 

coran-avertissement

 

Michel Garroté, réd en chef  –-  A propos de la situation qui règne actuellement en Egypte, notamment le fléau appelé « Frères musulmans », j’aimerais rappeler ici que l’anthropologie chrétienne, c’est à dire, la philosophie chrétienne et la théologie chrétienne combinées, dans l’étude de la personne humaine, cette anthropologie est essentiellement forgée par celles et ceux que l’Eglise appelle les saintes et les saints. En ce qui me concerne, j’ai toujours souhaité – et je souhaite encore – élargir le travail des idées, dans le cadre d’une anthropologie judéo-chrétienne de la société libre et laïque.

Avec, par exemple, saint Jean évangéliste, saint Bernard, sainte Catherine de Sienne et saint Thomas d’Aquin, les catholiques ont toute la littérature catholique nécessaire pour s’apercevoir que primo, le christianisme est issu du judaïsme ; et secundo, que contrairement au judaïsme et au christianisme, tous deux issus de la bible, l’islam, lui, dès sa naissance au 7e siècle, n’est issu que de Mahomet, du coran et de la conquête par la force du sabre.

Or, même un athée et un agnostique sont en mesure de constater que Mahomet et le coran n’arrivent pas à la cheville de la bible, à la cheville des prophètes d’Israël, à la cheville de David et ses psaumes, à la cheville des écrits de saint Jean évangéliste, de saint Bernard, de sainte Catherine de Sienne et de saint Thomas d’Aquin.

En fait, que l’on soit croyant ou pas, l’intelligence suffit pour constater que le coran est une livre assez dérisoire en comparaison de la bible et en comparaison des écrits des prophètes d’Israël, des saintes et des saints, sans oublier certains auteurs évangélistes prophétiques.

Il est vrai qu’une partie du clergé catholique semble avoir un degré de culture, de connaissance, de foi et d’intelligence, degré soit très limité, degré soit très infesté par le désir de plaire – à n’importe quel prix – à tous les musulmans.

Pour ce qui concerne le pontificat de Benoît XVI, il me faudrait un long article pour tenter d’expliquer, même brièvement, sa pensée et sa position. Je crois que sur le fond, Benoît XVI a toujours été conscient du désastre annoncé, qui se prépare, avec l’idéologie islamiste.

A propos de la situation en Egypte et à propos de Benoît XVI, pape émérite, l’excellent Sandro Magister, dans Chiesa Espresso Repubblica, écrit, le 20 août 2013 : En l’espace de quelques jours, c’est par dizaines que des églises, des couvents, des logements de chrétiens ont été pris d’assaut ou incendiés en Égypte (ndmg – par les Frères musulmans afin de se venger de leur éviction du pouvoir par l’armée et par le peuple). Une tragédie dans la tragédie, après le coup d’état qui a plongé le pays du Nil dans une guerre civile qui a fait des centaines, si ce n’est des milliers, de victimes. Toutefois « L’Osservatore Romano » du 18 août, qui a mentionné les nombreux appels à la cessation des violences, n’est pas parvenu à en citer un seul qui provienne du monde musulman. Ce silence public des guides spirituels musulmans n’est pas surprenant. Il accompagne presque tous les actes de violence politique auxquels participent des musulmans, dans une région du globe ou une autre.

Sandro Magister : C’est un silence qui ne s’explique pas uniquement par des calculs d’opportunité ou par la crainte de mesures de rétorsion. Ni par le seul fait qu’aujourd’hui, en Égypte, le principal conflit oppose deux factions musulmanes qui sont l’une comme l’autre bien décidées à mettre en œuvre par la force les préceptes de l’islam : parce que non seulement les Frères Musulmans du président déposé Mohamed Morsi conçoivent la lutte politique comme un jihad, comme une guerre sainte, mais c’est également le cas de leur adversaire Abdel Fattah Al Sisi, le général qui a été mis à la tête des forces armées par ce même Morsi qui le considérait comme le plus fidèle de tous les islamistes (ndmg – Al Sisi est tout de même moins cinglé que la fratrie des barbus).

Sandro Magister : Pour retrouver la racine ultime du silence des guides spirituels musulmans face à l’explosion de la violence d’inspiration musulmane, il suffit de faire quelque chose de simple. Il suffit de relire les premiers paragraphes du discours prononcé par Benoît XVI le 12 septembre 2006 dans le grand amphithéâtre de l’université de Ratisbonne. Les manifestations d’agressivité par lesquelles des hommes et des groupes musulmans ont réagi à ce discours ont été la tragique confirmation de la justesse de la thèse exposée par le pape Joseph Ratinzger. Selon celle-ci, la violence associée à la foi est l’inévitable produit du lien fragile qui existe entre foi et raison dans la doctrine musulmane.

Sandro Magister : Aucun pape avant Benoît XVI n’avait jamais eu la clarté de vision et le courage nécessaires pour formuler un jugement aussi net sur l’islam ou pour exprimer avec autant de rigueur la différence qui existe entre l’islam et le christianisme. Benoît XVI a été très critiqué au sein de l’Église catholique pour avoir fait preuve d’une telle audace. On l’a accusé d’avoir détruit le « dialogue » avec le monde musulman.

Sandro Magister : En réalité, deux mois à peine après Ratisbonne, le pape Ratzinger se recueillait en une prière silencieuse à la Mosquée Bleue d’Istanbul. Et il a pu accomplir ce geste – incompréhensible autrement – justement parce qu’il avait exprimé clairement sa pensée à ce sujet. Et c’est précisément du discours de Ratisbonne qu’est né ce germe de dialogue islamo-chrétien qui a trouvé une expression dans la « lettre des 138 sages » écrite au pape par des autorités musulmanes d’orientations diverses.

Sandro Magister : Ce n’est pas tout. Toujours pendant cet automne 2006, au cours de son voyage en Turquie, Benoît XVI dit clairement au monde musulman qu’il était confronté à ce même défi que le christianisme avait déjà affronté et dépassé de manière positive : « accueillir les véritables conquêtes de la philosophie des Lumières, les droits de l’homme et en particulier la liberté de la foi et de son exercice ». Sur ce point encore, jamais aucun pape n’avait été aussi loin avant Benoît XVI. Et après non plus. Jusqu’à aujourd’hui.

Sandro Magister : Voici ce que le pape François a dit à propos de la guerre civile qui enflamme l’Égypte, après l’Angélus du jour de l’Assomption : « Malheureusement des nouvelles douloureuses proviennent d’Égypte. Je tiens à assurer de ma prière toutes les victimes et leurs familles, les blessés et ceux qui souffrent. Prions ensemble pour la paix, le dialogue et la réconciliation dans ce cher pays et dans le monde entier ». Et trois jours plus tard, pendant l’Angélus du dimanche 18 août, il y a peut-être fait allusion : « L’Évangile n’autorise pas du tout l’utilisation de la force pour répandre la foi. C’est précisément le contraire : la vraie force du chrétien, c’est la force de la vérité et de l’amour, qui implique de renoncer à toute violence. Foi et violence sont incompatibles », conclut Sandro Magister.

Revenons au Ratzinger de 2006 et aux propos mémorables qu’il a alors consacrés à l’islam, propos qui sont également décisifs pour comprendre l’actuel drame égyptien. On peut lire ci-dessous ce qu’il avait dit dans son discours à l’Université de Ratisbonne le 12 septembre 2006 et comment il avait commenté – une fois revenu à Rome – le voyage qu’il venait de faire en Turquie au cours de ce même automne.

Son discours de Ratisbonne en 2006 – Benoît XVI : J’ai lu la partie, publiée par le professeur Théodore Khoury (de Münster), du dialogue sur le christianisme et l’islam et sur leur vérité respective, que le savant empereur byzantin Manuel II Paléologue mena avec un érudit perse, sans doute en 1391 durant ses quartiers d’hiver à Ankara.

Benoît XVI : Dans le septième entretien (« dialexis » – controverse) publié par le professeur Khoury, l’empereur en vient à parler du thème du djihad, de la guerre sainte. L’empereur savait certainement que, dans la sourate 2,256, on lit : pas de contrainte en matière de foi – c’est probablement l’une des plus anciennes sourates de la période initiale qui, nous dit une partie des spécialistes, remonte au temps où Mahomet lui-même était encore privé de pouvoir et menacé. Mais, naturellement, l’empereur connaissait aussi les dispositions – d’origine plus tardive – sur la guerre sainte, retenues par le Coran.

Benoît XVI : Sans entrer dans des détails comme le traitement différent des « détenteurs d’Écritures » et des « infidèles », il s’adresse à son interlocuteur d’une manière étonnamment abrupte – abrupte au point d’être pour nous inacceptable –, qui nous surprend et pose tout simplement la question centrale du rapport entre religion et violence en général. Il dit : « Montre-moi ce que Mahomet a apporté de nouveau et tu ne trouveras que du mauvais et de l’inhumain comme ceci, qu’il a prescrit de répandre par l’épée la foi qu’il prêchait ». Après s’être prononcé de manière si peu amène, l’empereur explique minutieusement pourquoi la diffusion de la foi par la violence est contraire à la raison. Elle est contraire à la nature de Dieu et à la nature de l’âme. « Dieu ne prend pas plaisir au sang, dit-il, et ne pas agir selon la raison (‘sun logo’) est contraire à la nature de Dieu. La foi est fruit de l’âme, non pas du corps. Celui qui veut conduire quelqu’un vers la foi doit être capable de parler et de penser de façon juste et non pas de recourir à la violence et à la menace. Pour convaincre une âme douée de raison, on n’a pas besoin de son bras, ni d’objets pour frapper, ni d’aucun autre moyen qui menace quelqu’un de mort ».

Benoît XVI : L’affirmation décisive de cette argumentation contre la conversion par la force dit : « Ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu ». L’éditeur du texte, Théodore Khoury, commente à ce sujet: « Pour l’empereur, byzantin nourri de philosophie grecque, cette affirmation est évidente. Pour la doctrine musulmane, au contraire, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n’est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle qui consiste à être raisonnable ». Khoury cite à ce propos un travail du célèbre islamologue français R. Arnaldez, qui note qu’Ibn Hazm va jusqu’à expliquer que Dieu n’est pas même tenu par sa propre parole et que rien ne l’oblige à nous révéler la vérité. Si tel était son vouloir, l’homme devrait être idolâtre.

Benoît XVI : À partir de là, pour la compréhension de Dieu et du même coup pour la réalisation concrète de la religion, apparaît un dilemme qui constitue un défi très immédiat. Est-ce seulement grec de penser qu’agir de façon contraire à la raison est en contradiction avec la nature de Dieu, ou cela vaut-il toujours et en soi ? Je pense que, sur ce point, la concordance parfaite, entre ce qui est grec, dans le meilleur sens du terme, et la foi en Dieu, fondée sur la Bible, devient manifeste.

Benoît XVI : En référence au premier verset de la Genèse, premier verset de toute la Bible, Jean a ouvert le prologue de son évangile par ces mots : « Au commencement était le logos ». C’est exactement le mot employé par l’empereur. Dieu agit « sun logo », avec logos. Logos désigne à la fois la raison et la parole – une raison qui est créatrice et capable de se communiquer, mais justement comme raison. Jean nous a ainsi fait don de la parole ultime de la notion biblique de Dieu, la parole par laquelle tous les chemins souvent difficiles et tortueux de la foi biblique parviennent à leur but et trouvent leur synthèse. Au commencement était le Logos et le Logos est Dieu.

A son retour de Turquie en 2006 – Benoît XVI : Dans un dialogue à intensifier avec l’Islam, nous devrons garder à l’esprit le fait que le monde musulman se trouve aujourd’hui avec une grande urgence face à une tâche très semblable à celle qui fut imposée aux chrétiens à partir du siècle des Lumières et à laquelle le Concile Vatican II a apporté des solutions concrètes pour l’Église catholique au terme d’une longue et difficile recherche.

Benoît XVI : D’une part, nous devons nous opposer à la dictature de la raison positiviste, qui exclut Dieu de la vie de la communauté et de l’organisation publique, privant ainsi l’homme de ses critères spécifiques de mesure. D’autre part, il est nécessaire d’accueillir les véritables conquêtes de la philosophie des Lumières, les droits de l’homme et en particulier la liberté de la foi et de son exercice, en y reconnaissant les éléments essentiels également pour l’authenticité de la religion.

Benoît XVI : De même que dans la communauté chrétienne, il y a eu une longue recherche sur la juste place de la foi face à ces convictions – une recherche qui ne sera certainement jamais conclue de façon définitive – ainsi, le monde musulman également, avec sa tradition propre, se trouve face au grand devoir de trouver les solutions adaptées à cet égard.

Benoît XVI : Le contenu du dialogue entre chrétiens et musulmans consistera en ce moment en particulier à se rencontrer dans cet engagement en vue de trouver les solutions appropriées. Nous chrétiens, nous sentons solidaires de tous ceux qui, précisément sur la base de leur conviction religieuse de musulmans, s’engagent contre la violence et pour l’harmonie entre foi et religion, entre religion et liberté, concluait Benoît XVI en 2006.

De son côté, en 2006 également, Sandro Magister analysait ce discours de Benoît XVI à Ratisbonne. Sandro Magister : La magistrale leçon du pape théologien, à la chaire de l’université de Ratisbonne, a vraiment donné des frissons au monde. Parce que ce que le Pape a dit est réellement advenu. Le Pape a expliqué la distance entre le Dieu des chrétiens, qui est amour, immolé en Jésus sur la croix, mais qui est aussi « Logos », c’est à dire raison, et le Dieu adoré par l’islam, si transcendant et sublime qu’il n’est plus lié à rien, pas même à cette raisonnable assertion selon laquelle il ne doit y avoir « aucune contrainte en matière de foi ». C’est ce que le Coran écrit, dans la sourate rappelée par le pape, mais il écrit plus loin autre chose, et même le contraire. Et la violence qui s’est emparée du monde musulman contre le pape et les chrétiens confirme qu’il faut aussi en tenir compte, que cela donne forme et substance au regard que les myriades de fidèles d’Allah jettent sur le monde des infidèles.

Sandro Magister : L’autre aspect du discours du Pape Joseph Ratzinger à Ratisbonne, c’est le sang versé à Mogadiscio la musulmane, par soeur Leonella Sgorbati, femme voilée mais libre, une martyre dont les derniers mots ont été pour ses assassins « je pardonne ». En réalité, la plus grande partie de la leçon de Benoît XVI à Ratisbonne s’adressait au monde chrétien, à l’Occident et à l’Europe, à ses jugements si péremptoires, trop même, à sa raison dépouillée au point d’avoir perdu la « crainte de Dieu ». Mais là aussi, les paroles du Pape ont trouvé leur confirmation dans les faits: simultanément avec la montée de la violence verbale et physique de la part des musulmans, de l’autre côté, celui qui était théoriquement le sien, le pape a été mitraillé d’un feu incessant venant de ses propres rangs. Et de même que les doctes compagnons de Job le rendaient responsable de leurs malheurs, autour de Benoît XVI, ce fut un véritable tourbillon de conseils et de reproches du même genre.

Sandro Magister : Et il en a été ainsi jusqu’au Vatican. Benoît XVI a eu la chance d’introniser un nouveau secrétaire d’état, et un nouveau ministre des affaires étrangères, tous deux parmi ses fidèles très proches, précisément le jour où a commencé l’attaque musulmane contre lui, le vendredi 15 septembre, alors qu’il était à peine rentré de son voyage en Bavière. Mais la bronca de ceux qui, à la curie, lui sont hostiles, ne s’est pas calmée pour autant. Passe encore pour le nouveau ministre des affaires étrangères, l’archevêque corse Dominique Mamberti, qui a été nonce au soudan et en Somalie, et auparavant à Alger et en Arabie Saoudite, et qui est donc un connaiseur direct du monde arabe et musulman, versé dans l’art de la diplomatie. Mais la nomination comme nouveau secrétaire d’état du Cardinal Tarcisio Bertone, cela, non, ils ne lui ont pas pardonné, le fait que Bertone ne soit pas un diplomate de carrière mais un homme de doctrine et un pasteur d’âmes se retourne encore davantage contre le Pape, comme preuve de son incapacité sur la scène politique mondiale.

Sandro Magister : En Bavière, en attendant la passation de pouvoir, c’est le secrétaire d’état sortant, qui accompagnait Benoît XVI, le cardinal Angelo Sodano, toute une vie passée dans la diplomatie. Mais le pape s’est bien gardé de lui faire contrôler par anticipation, la lectio qu’il s’apprêtait à dispenser à Ratisbonne. Des blocs entiers du texte auraient été censurés, si le critère suprême retenu avait été cette Realpolitik dont se nourrit la diplomatie vaticane de Sodano et de ses pareils. Pour Benoît XVI aussi, pourtant, le réalisme dans les rapports entre l’Eglise et les états est une valeur. Et voilà les protestations de l’islam « offensé »: menaces, cortèges, incendies de son effigie, gouvernements qui exigent des rétractations, ambassadeurs rappelés, églises incendié, une relieuse assassinée.

Sandro Magister : Benoît XVI ne nie pas sa juste valeur au réalisme politique. Le secrétariat d’état a mobilisé le maillage de ses nonciatures afin de tenir à la disposition des gouvernements le texte intégral de la leçon de Ratisbonne, ainsi que la note officielle d’explication diffusée le dimanche 16 septembre 2006 par le cardinal Bertone. Et les justifications lors de l’Angélus du dimanche 17 septembre 2006 faites par le Pape en personne. Fin septembre 2006, les ambassadeurs des pays à majorité musulmane seront convoqués au Vatican pour détendre la situation. Et le conseil pontifical pour la culture, présidé par le cardinal Poupard, prépara une rencontre avec les représentants religieux de l’islam.

Sandro Magister : Mais pour Benoît XVI, le réalisme n’est pas tout. Le dialogue qu’il veut nouer avec l’islam n’est pas fait de lâches silences et d’embrassades solennelles. Il n’est pas fait d’humiliations qui, dans le camp musulman, sont interprétés comme des actes de soumission. La citation qu’il a faite à Ratisbonne du « Dialogue avec un mahométan » écrit à la fin du XIVème siècle par un chrétien, l’empereur byzantin Manuel II Paléologue, il l’avait choisi en connaissance de cause. On est en guerre, Constantinople est assiégée, et d’ici un demi-siècle, en 1453, elle sera tombée sous domination ottomane. Mais l’érudit empereur chrétien entraîne son interlocuteur persan sur le terrain de la vérité, de la raison, de la loi, de la violence tout ce qui fait la différence entre la foi chrétienne et l’islam, sur ces questions essentielles dont découle la guerre ou la paix entre deux civilisations.

Sandro Magister : Les temps actuels aussi sont considérés par le Pape Ratzinger comme porteurs de guerre et de guerre sainte. Mais il demande à l’islam de fixer lui-même une limite au jihad. Il propose aux musulmans de dissocier la violence de la foi, comme il est prescrit dans le Coran. Et de relier au contraire à nouveau la foi à la raison parce que « agir contre la raison est en contradiction avec la nature de Dieu ». A Ratisbonne, le pape a exalté la grandeur de la philosophie grecque, celle d’Aristote et de Platon. Il a montré qu’elle était partie intégrante de la foi biblique et chrétienne dans le Dieu qui est « Logos ». Et même cela, il l’a fait en connaissance de cause. Quand Paléologue discutait avec son interlocuteur persan, la culture islamique venait de sortir de sa période la plus féconde, celle qui avait vu la greffe de la philosophie grecque sur le tronc de la foi coranique. En demandant aujourd’hui à l’islam de rallumer la lumière de la raison aristotélicienne, Benoît XVI ne demande pas l’impossible.

Sandro Magister : L’islam a eu son Averroès, le grand commentateur arabe d’Aristote, dont un géant de la théologie catholique comme Thomas d’Aquin fit son miel. Un retour aujourd’hui à la synthèse entre foi et raison est la seule voie qui permettrait à l’interprétation islamique du Coran, de se libérer des paralysies du fondamentalisme, et de l’obsession du jihad. C’est le seul terrain pour un dialogue véridique du monde musulman avec le christianisme et l’occident. A l’Angélus du dimanche 17 septembre 2006, repris en direct même par la chaîne Al Jazira, Benoît XVI a dit son regret que sa leçon ait été à ce point mal interprétée. Il a dit qu’il ne partageait pas l’opinion de Manuel II Paléologue dans le passage cité par lui, selon lequel, dans tout ce que Mahomet a apporté avec lui, « tu ne trouveras que des choses méchantes et inhumaines, comme l’injonction de défendre la foi au moyen de l’épée ».

Sandro Magister : Mais il ne s’est excusé de rien, il n’a pas retiré une seule ligne. Pour lui, la leçon de Ratisbonne n’était pas un exercice académique. Là, il n’a pas abandonné les habits du pape pour parler seulement dans le langage sophistiqué du théologien devant un auditoire composé uniquement de spécialistes. En lui, le pape et le théologien sont une seule et même personne. Le cardinal Camillo Ruini qui, plus que tous les autres dirigeants de l’Eglise a compris l’essence de ce pontificat, a dit le lundi 18 septembre 2006 devant les évêques italiens que « les lignes fondamentales du message que Benoît XVI propose à l’Eglise et au monde se trouvent dans ces trois textes : l’encyclique « Deus Caritas es » ; le discours à la curie romaine du 22 décembre 2005 ; et, dernier, mais pas le moindre, « la splendide leçon de Ratisbonne ».

Sandro Magister : Benoît XVI est confiant. Il n’aurait pas osé en faire autant s’il ne croyait pas en une réelle possibilité pour que la pensée islamique s’ouvre à une nouvelle interprétation du Coran, qui marie foi, raison et liberté. Pourtant, trop faibles et rares, presque introuvables, sont les voix qui, dans le monde musulman, ont accueilli son offre de dialogue. Et le pape est trop seul, dans cette Europe perdue, qui ressemble de plus en plus à l’Eurabia décrite par Oriana Fallaci, une « athée chrétienne », qu’il a lue, rencontrée et estimée. Et puis, il y a la violence qui retombe sur les chrétiens en terre d’islam, et même au-delà. Quitte, pour faire taire le Pape à tuer les siens, et ce d’autant plus qu’ils sont innocents, une soeur, une femme, concluait Sandro Magister.

De son côté, toujours en 2006, Elmar Burchia, sur Dagospia, analysait la situation comme ceci : « Montre-moi ce que Mahomet a apporté de nouveau ». C’est cette citation de l’empereur byzantin Manuel Paléologue II, insérée dans le discours du pape à l’Université de Regensburg (Ratisbonne en français) du 12 septembre 2006, qui a provoqué la réaction indigné du monde islamique et le silence de la classe politique internationale, contraignant le Saint-Père à se « justifier » à plusieurs reprises lors des jours précédents. Et après son « regret » d’avoir été « mal compris », le pape Ratzinger ouvre à présent les portes à une rencontre avec le monde islamique.

Elmar Burchia : Serait-ce un pas en arrière du souverain pontife qui, de cette manière, voudrait réparer ses torts ? Il semblerait que non. En fait, le dernier numéro de l’hebdomadaire allemand « Focus » nous apprend que, selon des sources vaticanes (?) un proche collaborateur de Ratzinger aurait « vivement conseillé au Saint-Père de retirer les passages incriminés du discours de Ratisbonne ». Passages que, pourtant, le Saint-Père a tenu à tout prix à citer.

Elmar Burchia : En somme, tout aurait été calculé, avant le voyage en Allemagne. Aucun lapsus, aucun malentendu. Ces citations sur l’islam et la violence étaient, selon Focus, déjà prévues. Le but ? Selon les sources de l’hebdomadaire, cela n’a jamais été un secret que le pape Ratzinger souhaite alimenter un débat, y compris autocritique, soit entre les religions, soit entre la raison moderne, la foi des chrétiens et la violence. Poser sur le tapis la difficile et problématique question « islam-religion chrétienne », même de manière brutale. Selon Focus, le pape théologien Benoît XVI savait à quoi s’en tenir sur les réactions de violence et de contestation à son discours, concluait Elmar Burchia.

Reproduction autorisée avec mention :

M. Garroté réd chef www.dreuz.info

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