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Publié par Michel Garroté le 22 août 2013

 

Moyen-Orient-Carte

 

Michel Garroté, réd en chef  –-  Les derniers événements survenus en Egypte et en Syrie me donnent  —  une fois encore  —  l’occasion de rappeler que, selon moi, l’alliance de l’Occident avec tel ou tel pays musulman, cette alliance doit être considérée comme une alliance tactique à court terme, même si elle est renouvelable pendant un certain laps de temps. L’Occident doit aussi admettre une bonne fois pour toutes que l’islam est imprévisible ; et que par conséquent, la stratégie globale à moyen et long terme de l’Occident, face à l’islam, reste, essentiellement, un ensemble de tactiques à court terme, modifiables à tout instant.

Dans ce contexte, l’Occident a tout intérêt à maintenir un équilibre des forces entre islam sunnite et islam chiite. Et si les deux branches de l’islam, la branche sunnite et la branche chiite sont en guerre, l’Occident doit apprendre à en « tirer profit » dans le bon sens du terme. Car le temps que ces deux branches de l’islam consacrent à se combattre signifie toujours un temps de répit pour l’Occident, parfois mais pas toujours un temps de répit pour les chrétiens d’Orient et souvent un temps de répit pour Israël.

Enfin, il faut cesser d’appréhender, d’une part, l’islam en terre d’islam ; et d’autre part, l’islam en Occident. Car il s’agit, dans les deux cas, du même islam et du même coran. Le discours islamophile de la gauche française ne changera rien à cette réalité.

Egypte et Arabie saoudite

Je lis que les États-Unis et l’Union européenne peinent à sanctionner le nouveau gouvernement égyptien parce que le plus grand allié de l’Egypte au Moyen-Orient, à savoir l’Arabie saoudite, pèse de tout son poids pour protéger l’armée égyptienne. Pour ce qui me concerne, cela est, en soi, positif.

Les positions de la communauté internationale sur l’Égypte ont pris une étrange direction, s’étonne en substance le chef de la diplomatie saoudienne, le prince Saoud al-Fayçal, qui ajoute : « Nous n’allons pas oublier ces positions hostiles aux Nations arabes et islamiques si elles sont maintenues ». Tandis que l’Union européenne discute de la possibilité de suspendre l’aide financière de 5 milliards d’euros qu’elle a promise à l’Égypte en 2012, le ministre saoudien assure que les pays arabes sont prêts à compenser toute sanction occidentale.

Les monarchies du Golfe ont déjà annoncé le versement au nouvel exécutif égyptien de douze milliards de dollars, dont cinq milliards pour l’Arabie saoudite, quatre pour le Koweït et trois pour les Émirats arabes unis. Un geste d’autant plus vital pour l’Egypte que, contrairement à l’aide occidentale versée par le biais de livraisons de matériel militaire ou d’aide aux ONG, les dollars du Golfe vont directement alimenter les réserves de la banque centrale égyptienne.

Le roi Abdallah d’Arabie saoudite a expliqué son soutien au Caire en vertu de la lutte contre le terrorisme, l’extrémisme et la sédition, autrement dit contre les Frères musulmans. Partenaires de l’Égypte sous Moubarak conformément à l’alliance USA-Arabie saoudite-Egypte, les Saoudiens n’ont pas digéré la prise du pouvoir par les Frères hallucinés musulmans.

La chute de Moubarak a constitué un traumatisme en Arabie saoudite, car Obama a lâché celui-ci pour se rapprocher des Frères musulmans, note en substance le politologue Karim Sader. Un véritable camouflet pour l’Arabie saoudite qui historiquement à toujours eu peur des Frères musulmans. Les Frères musulmans étant un mouvement islamiste révolutionnaire s’engageant en politique, ils étaient capables à terme de contester la logique dynastique wahhabite (ndmg – saoudienne) dans les pays du Golfe, explique en substance l’analyste David Rigoulet-Roze.

Peuplée de 28 millions d’habitants, l’Arabie saoudite, une monarchie dirigée par la dynastie Saoud, n’a pas été pas été épargnée par « les soubresauts du Printemps arabe » (ndmg – en clair, par l’hiver islamique…). L’est du pays, riche en pétrole, a été le théâtre en 2011 de manifestations des chiites, population minoritaire dans le pays (10%) et l’arrestation en juillet 2012 d’un dignitaire chiite prônant la scission des régions chiites pétrolifères de Qatif et d’Al-Hassa (ndmg – tous les pays de la région risquent des scissions et ce n’est pas forcément une mauvaise chose de notre point de vue).

L’intervention de l’armée égyptienne été bien accueillie par l’Arabie saoudite. Premier pays à féliciter le nouveau président égyptien de transition, Adly Mansour, l’Arabie saoudite a rapidement usé du même vocabulaire que l’armée à l’encontre des manifestants islamistes. Le prince Saoud al-Fayçal leur reproche notamment d’avoir incendié des bâtiments publics, amassé des armes et utilisé des femmes et des enfants comme boucliers humains dans une tentative de gagner les faveurs de l’opinion publique (ndmg – les Frères musulmans ont effectivement commis tout cela et pire encore). Le nouvel homme fort du pays, le général Abdel Fattah al-Sissi, est un ancien attaché militaire de l’ambassade égyptienne en Arabie saoudite.

L’Egypte et le Qatar

La mise à l’écart des Frères musulmans a été saluée par l’ensemble des monarchies du Golfe, à l’exception du Qatar qui n’avait pas ménagé ses efforts pour les soutenir, en raison la connivence idéologique entre cette formation et une partie l’appareil d’État du Qatar. L’analyste Nabil Ennasri raconte en substance que le Qatar aurait compris que ce mouvement devenait l’épicentre de la vie politique de beaucoup de pays arabes et qu’il valait donc mieux jeter les bases d’une coordination mutuellement profitable…

Très vite, le Qatar avait gratifié les Frères musulmans égyptiens d’une aide de sept milliards de dollars. Le Qatar se retrouve dans une position délicate car il ne peut abandonner les Frères sur lesquels il a engagé de l’argent, mais il n’a pas les moyens de s’opposer à l’Arabie saoudite, souligne en substance le politologue Karim Sader. Avec la chute du pouvoir islamiste, l’Arabie saoudite tient en tout cas sa revanche sur son rival qatari.

Egypte et Turquie

Le seul pays sunnite à tenir tête à l’Arabie saoudite n’est pas arabe, c’est la Turquie. Depuis l’éviction de la confrérie islamiste égyptienne dont est issu le parti turc islamiste au pouvoir à Ankara, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan ne cesse de fustiger l’inaction internationale face à la situation en Égypte (ndmg – et de tout mettre sur le dos d’Israël…), quitte à provoquer une crise de leadership au sein du monde sunnite (ndmg – ce qui de notre point de vue est plutôt positif). Le président turc, lui, est allé jusqu’à affirmer qu’il n’y avait aucune différence entre le chef de l’armée égyptienne Abdel Fattah al-Sissi et le dictateur syrien Bachar el-Assad… (fin des extraits remaniés et commentés ; cf. premier lien en bas de page).

Les armes chimiques en Syrie

L’arsenal chimique syrien, qui existe depuis plusieurs décennies, est considéré comme l’un des plus importants au Moyen-Orient, mais il continue à faire l’objet de supputations, les données publiques étant quasi inexistantes (extraits remaniés et commentés ; cf. deuxième lien en bas de page). L’opposition syrienne a accusé l’armée d’avoir eu recours à des armes chimiques près de Damas, faisant 1’300 morts, et a réclamé une réunion urgente du Conseil de sécurité de l’ONU. Les autorités et l’armée syriennes ont catégoriquement démenti ces accusations (ndmg – je note que les médias tantôt infirment, tantôt confirment, l’existence d’ADM au Moyen-Orient, selon l’idéologie qui leur convient).

Le Royaume-Uni, la France et les États-Unis accusent l’armée syrienne d’avoir eu recours à plusieurs reprises à des armes chimiques contre l’opposition. De son côté, la Russie, alliée de Damas, affirme avoir la preuve que les rebelles ont utilisé du gaz sarin près d’Alep. Le régime syrien a reconnu pour la première fois le 23 juillet 2012 posséder des armes chimiques et a menacé de les utiliser en cas d’intervention militaire occidentale, mais jamais contre sa population. En mars, gouvernement et rébellion s’étaient accusés mutuellement d’avoir employé des armes chimiques dans le conflit.

Le programme chimique syrien a débuté dans les années 1970, avec l’aide de l’Égypte puis de l’ex-URSS. La Russie, dans les années 1990, puis l’Iran, depuis 2005, lui ont également fourni un soutien, affirme la Nuclear Threat Initiative (NTI), une organisation recensant les données ouvertes sur les armes de destruction massive (ndmg – NTI n’est apparemment pas informé de la contribution majeure de la Corée du Nord et même de la Chine).

Selon une experte, il s’agit du plus grand programme d’armes chimiques au Proche-Orient. D’importantes informations sur ce programme ont été collectées auprès d’officiers ayant fait défection, mais elles sont loin d’être complètes, a précisé cette experte (ndmg-ce qu’apparemment l’experte oublie, c’est qu’un tiers des ADM de Saddam Hussein sont passées par camions en Syrie peu avant la seconde guerre du Golfe, la file des camions porteurs d’ADM ayant évidemment été repérée par les satellites américains…). Selon un expert au centre d’études sur la non-prolifération à l’Institut Monterey (États-Unis), les stocks syriens sont de l’ordre de centaines de tonnes d’agents chimiques divers.

La panoplie syrienne d’agents chimiques est assez robuste, estime aussi un spécialiste français. Les Syriens ont réussi à maîtriser la synthèse des organophosphorés : c’est la dernière génération la plus efficace et la plus toxique des armements chimiques. Dans cette famille, on trouve le sarin et le VX », ainsi que des agents beaucoup plus anciens comme le gaz moutarde, estime cet expert. Le 30 janvier, l’aviation israélienne a bombardé près de Damas un site de missiles sol-air et un complexe militaire adjacent abritant des produits chimiques. Israël redoute des transferts d’armes chimiques au Hezbollah libanais. Le raid pourrait avoir endommagé le principal centre de « recherche » sur les armes biologiques et chimiques dans le pays (fin des extraits remaniés et commentés ; cf. deuxième lien en bas de page).

Reproduction autorisée avec mention :

M. Garroté réd chef www.dreuz.info

Ainsi que sources :

http://www.lepoint.fr/monde/comment-le-qatar-et-arabie-saoudite-s-affrontent-en-egypte-21-08-2013-1716008_24.php

http://www.lepoint.fr/monde/l-arsenal-mysterieux-des-armes-chimiques-syriennes-21-08-2013-1716002_24.php

 

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