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Publié par Guy Millière le 26 août 2013

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Je ne sais au moment où j’écris ces lignes si l’armée syrienne a ou non utilisé des armes chimiques contre les populations d’un faubourg de Damas. C’est tout à fait possible. Il se peut aussi que ce soient les factions radicales sunnites en guerre contre le régime syrien qui soient responsables de ce qui s’est passé voici peu.

Ce que je sais est que l’armée syrienne a déjà utilisé des armes chimiques au cours des deux dernières années, et que les factions radicales sunnites en ont utilisé elles aussi, en captant des stocks de l’armée syrienne.

Ce que je sais est que la guerre qui fait rage en Syrie a déjà fait cent mille morts, peut-être davantage, et que si l’armée syrienne est capable de la plus abjecte brutalité, les factions radicales sunnites ne valent pas mieux que lui en termes d’abjection et de brutalité.

Ce que je sais est que l’administration Obama, après avoir parlé, jusqu’au printemps 2011, de Bachar Al Assad comme d’un « réformiste », a encouragé les factions radicales sunnites dans le pays et s’est faite ainsi l’alliée de la Turquie d’Erdogan, du Qatar, des Frères musulmans en Syrie, de branches d’al Qaida présentes sur le terrain, pour tenter de renverser Bachar Al Assad : sans aller jusqu’à une intervention directe aux fins de ménager la Russie, l’Iran, et la Chine, principaux alliés du régime Assad.

Ce que je sais est que la situation régionale a changé ces dernières semaines : depuis le renversement de Mohamed Morsi et des Frères musulmans en Egypte, je l’ai déjà dit, l’Arabie Saoudite essaie de reprendre la situation régionale en main, et l’installation au pouvoir du général Sissi au Caire a été, pour les dirigeants saoudiens, une étape dans cette direction, juste une étape.

Ce que je sais est que le général Sissi a pris position en faveur du régime Assad : parce que l’ennemi du régime Assad est constitué de ses propres ennemis, et parce que les dirigeants saoudiens tentent de modérer les ardeurs des Frères musulmans syriens aux fins de parvenir à un compromis entre eux et le régime Assad, ce qui ressemble à une mission impossible.

Ce que je sais est que Bachar Al Assad a discerné ces derniers temps une opportunité de l’emporter sur ses ennemis, et de sauver ce qui peut l’être pour lui, et ce que je sais aussi est que les factions radicales sunnites opposées au régime Assad sont présentement en mauvaise posture, et espèrent qu’une intervention extérieure leur viendra en aide.

Ce que je sais est que l’Arabie Saoudite souhaiterait en Syrie un régime Assad affaibli, mais maintenu, et est en pourparlers avec la Russie (le prince Bandar bin Sultan était à Moscou début août pour mener les pourparlers).

Ce que je sais est que la Russie veut aussi un régime Assad affaibli, mais maintenu, et fera tout pour parvenir à ses fins.

Ce que je sais est que la Turquie d’Erdogan souhaiterait, elle, le renversement du régime Assad, mais ne peut le dire trop ouvertement, car elle dépend financièrement de l’Arabie Saoudite, et ne peut se permettre de fâcher la Russie et l’Iran.

Ce que je sais est que l’Iran des mollahs observe la situation : les mollahs entendent assurer la survie du régime Assad, mais se rallieront à ce que veut la Russie, car ils dépendent d’elle pour leurs dispositifs nucléaires. L’important pour eux est de parachever l’élimination des Etats-Unis de la région, d’avancer vers l’arme atomique, et, autant que possible, d’endiguer la contre offensive saoudienne. Tout en entendant assurer la survie du régime Assad, ils ne s’empêcheront pas d’aider les radicaux sunnites là où cela sert leurs intérêts.

Cette situation complexe et mouvante est l’un des fruits pourris de la politique étrangère de l’administration Obama dans la région. Cette politique étrangère, je l’ai expliqué, a subi un revers majeur avec l’éviction du pouvoir de Mohamed Morsi et des Frères musulmans égyptiens.

Obama semble aujourd’hui envisager une intervention contre le régime Assad. Une intervention du type de celle dont on parle à Washington présentement, cela dit, l’envoi de quelques missiles sur des bases militaires de l’armée syrienne et sur des stocks d’armes chimiques, serait pire qu’une non intervention et serait à même de déboucher sur un chaos bien pire que celui engendré par l’intervention en Libye contre Kadhafi.

La France, et désormais le Royaume Uni, entendent entraîner l’Europe vers une intervention anti Assad façon Obama, en raison de leurs liens avec le Qatar.

On peut être quasiment assuré qu’Obama, la France et le Royaume Uni n’obtiendront pas le moindre aval des Nations Unies où la Russie et la Chine opposent et opposeront leur veto.

On peut être quasiment assuré aussi qu’Obama, la France et le Royaume-Uni envisagent une intervention par l’intermédiaire de l’Otan, dont la Turquie d’Erdogan est un membre important.

On peut être quasiment assuré qu’une telle intervention serait pire qu’une non intervention, je l’ai dit.

D’ores et déjà, les branches d’al Qaida en Syrie tentent une extension du conflit vers le Liban, et aux attentats contre le Hezbollah succèdent des attentats contre les sunnites libanais : l’extension du conflit vers le Liban serait sans doute au programme en cas d’intervention.

Des branches d’al Qaida pourraient aussi frapper Israël, et les tirs sur le Nord d’Israël jeudi dernier venaient de branches d’al Qaida, et avaient pour but de pousser Israël à répliquer.

Le régime Assad, s’il était acculé, pourrait lui-même tenter une extension du conflit : en direction d’Israël. L’Iran, le Hezbollah, pourraient réagir aussi. L’attitude de la Russie dans les prochains jours devra être observée de très près.

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La plus extrême vigilance est de mise, tout particulièrement pour Israël.

Une intervention bien plus tôt, lors des premières émeutes en Syrie aurait pu être envisageable. Aujourd’hui, et depuis longtemps, il est trop tard : la Russie, et l’Iran sont très engagés au côté d’Assad, le Hezbollah aussi. La Chine est en retrait, mais impliquée elle-même. Les opposants à Assad, Frères musulmans en Syrie, branches d’al Qaida, sont aussi abjects et brutaux qu’Assad, et, présentement, plus fanatiques.

Une intervention sans troupes au sol (et envoyer des troupes au sol ne sera pas envisagé, et n’est pas envisageable) reproduirait le scénario libyen, avec des acteurs bien plus chargés en risque d’explosion qu’en Libye, où le résultat est jusqu’à ce jour, effroyable.

Une intervention telle que celle qui pourrait se profiler servirait les calculs étroits et islamistes d’Obama, et constitueraient pour lui (et pour le Qatar) une forme de revanche après le revers subi en Egypte. Elle servirait les appétits d’Erdogan. On ne voit pas en quoi elle servirait la France et le Royaume Uni, si ce n’est en servant le Qatar. Elle serait l’aide qu’attendent les factions radicales sunnites en Syrie.

Ce qui me semble le plus consternant dans les commentaires que je vois circuler en France sur le sujet est que personne ou presque ne pointe du doigt la politique étrangère de l’administration Obama et ses conséquences, passées et présentes, dans toute la région. Prétendre analyser ce qui se passe dans le grand Moyen Orient en ignorant cette dimension essentielle des choses équivaut à s’aveugler et à aveugler.

Ce qui me semble particulièrement hypocrite et irresponsable est de voir des gens en France prétendre s’alarmer du comportement du régime Assad et de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie, mais ne pas s’alarmer du chaos régional déjà existant, de parler fort peu de la Turquie, du Qatar, d’al Qaida, des Frères musulmans en Syrie, de l’Iran, de la Russie, de l’Arabie Saoudite, et de n’évoquer jamais ou presque toutes les implications d’une éventuelle intervention en Syrie telle qu’envisagée.

Ce qui me semble immonde est que ces gens qui prétendent s’alarmer ne parlent jamais des responsabilités immenses, et criminelles, de Barack Obama dans ce qui se passe.

Ils ont voulu ce sale type à la présidence des Etats Unis : ils connaissaient ses idées et ses projets, et ils s’extasiaient. Ils sont face aux effets de ses idées et de ses projets. Ils ont eu ce qu’ils voulaient : ils devraient se réjouir et demander qu’on lui décerne un deuxième prix Nobel de la paix. Et exiger qu’on lui remette le prix sur fonds de photographies des charniers syriens : ce serait adéquat.

Je ne sais s’ils se réjouissent, mais je sais qu’ils sont toujours prêts à suivre Obama, fut-ce jusqu’au fond du gouffre.

Avoir vu Bernard Henri Levy, qui fait partie du fan club d’Obama, et qui n’a apparemment pas honte d’avoir contribué au scénario libyen, et donc à la dissémination d’armes dirigées contre Israël dans le Sinai, venir à la télévision défendre l’idée d’une intervention en Syrie reproduisant le scénario libyen, en pire, m’a donné la nausée.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour www.Dreuz.info

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