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Publié par Michel Garroté le 27 août 2013

Crans-Montana-2

Michel Garroté, réd en chef  –-  Le canton du Valais (en Suisse) est mon pays d’adoption. Certes, je suis d’origine germano-espagnole et je suis né à Genève. Je suis citoyen suisse. Cependant, le Valais est mon pays d’adoption, celui que j’ai librement choisi. J’aime le Valais, canton pas comme les autres. J’aime le Valais, car je peux y vivre et m’y exprimer librement. J’aime la montagne valaisanne où je réside, au-dessus et au-delà du politiquement correct urbain. Aujourd’hui, je vais vous parler d’Oskar Freysinger, et, surtout, de Slobodan Despot.

Editeur, essayiste, romancier, Slobodan Despot est aussi un communicateur patenté. Il rejoint l’équipe d’Oskar Freysinger, ministre valaisan de la formation et de la sécurité, pour assumer un mandat de relations publiques qui englobe également la stratégie. L’équipe Freysinger compte donc un nouveau pilier, quasiment au sens rugbystique du terme si l’on considère la carrure de Slobodan Despot.

Nouveau porte-parole du conseiller d’Etat (ministre de la formation et de la sécurité), l’éditeur Slobodan Despot basé à Saillon est un proche du politicien depuis des lustres: éditeur et biographe d’Oskar Freysinger (« Oskar et les minarets », éditions Favre), camping et VTT en commun, participation discrète à diverses campagnes.

Et surtout, les deux écrivains partagent la passion dévorante des mots et des beaux textes, ainsi qu’un culte joyeux du contre-pied et du politically incorrect. Détail sympathique : le Suisse Freysinger a des origines autrichiennes et le Suisse Slobodan Despot a des origines serbes. Ci-dessous, quelques extraits d’un entretien avec Slobodan Despot paru dans Le Nouvelliste du Valais.

Slobodan Despot, vous signez là votre entrée en politique ou ne s’agit-il là que d’un nouveau chapitre dans le livre de votre amitié ?

S. D. : Je ne fais pas de politique, à moins que la passion du débat d’idées et l’aversion pour le nivellement soient un programme électoral. Mais je considère Oskar Freysinger comme une apparition originale sur la scène publique suisse. Nous sommes tous deux des littéraires, tous deux issus de l’immigration (Autriche pour l’un ; Serbie pour l’autre). J’ai observé que les Suisses issus de l’immigration affichent toujours plus de liberté de parole que les vernaculaires C’est sans doute ce qui explique notre entente par-delà les éventuelles divergences d’idées (Note de Michel Garroté : je suis Valaisan d’adoption, de cœur, et, je suis d’origine germano-espagnole : vive la liberté à la mode valaisanne !).

Comment expliquez-vous ce phénomène, cette forme de complexe ?

La neutralité suisse, très respectable en termes de projet gouvernemental – même si elle est en grande partie un leurre – agit à la façon d’un dissolvant psychologique. Elle affadit les caractères, atrophie le débat, émousse la curiosité. La politique s’y réduit à de la gestion. Oskar Freysinger est inclassable: tout en défendant les positions de l’UDC, il est aussi curieux et souple que son parti ne l’est pas.

On vous sent plus attiré par le côté littéraire de cette relation amicale que par les défis politiques du ministre ?

Etre littéraire et politique en Suisse, c’est à la fois rare et suspect. Je trouve au contraire que cela dope l’intérêt que de communiquer en jouant de ces deux facettes.

Mais, avez-vous toutes les compétences pour exercer une telle fonction ?

J’ai créé et animé des magazines. J’ai fondé et dirige les éditions Xenia. J’écris et je publie dans plusieurs langues. Je suis sollicité par des médias de toute l’Europe sur des questions culturelles, sociétales et politiques, je suis donc familier de la com et des médias. D’autant que j’ai toujours considéré les livres comme le lieu idéal du dialogue et de l’échange. C’est ainsi que j’ai été amené à écrire ce qui est à ce jour l’unique biographie d’Oskar Freysinger, un livre que nul n’a pu réduire à une hagiographie dépourvue de critique. Cette distance, amicale et sceptique à la fois, est garante d’une vraie collaboration. Quand on écrit, on est un communicateur par excellence. D’idées. De sentiments. D’histoire. C’est ce que je fus jusqu’ici et ce que je serai demain.

Quels seront les axes de votre collaboration ?

La priorité ira aux faits, aux actions du Département et de ses services. Avec un esprit d’ouverture. Attaché à la notion classique d’honnête homme, je suis incapable de m’arrêter à un seul sujet. La société contemporaine souffre de cette tendance à la compartimentalisation qui favorise l’escamotage des stratégies réelles du pouvoir. A politicien atypique, porte-parole atypique.

On connaît votre amitié pour des personnages aussi différents que Georges Haldas ou Alexandre Zinoviev. Votre réseau, comme on dit, est multiple, international, parfois insondable, dit-on.

Tant mieux : il faut cultiver à la fois ses racines et ses ramures. Oskar Freysinger pense de même, en témoigne son nouvel essai sur les frontières que je publie la semaine prochaine. Peu de politiques possèdent les références et les grilles de lecture qui sont les siennes. Et l’on en revient toujours à cette langue que nous aimons, lui et moi, que nous avons apprise, choyée et défendue.

A ce sujet, votre premier roman, « Le Miel », une fable sur l’éclatement de la Yougoslavie, doit sortir dans quelques mois en France. Vous aurez le temps de tout faire ?

Pour l’enfant accueilli sans discrimination par la Suisse, pour l’adolescent du collège de Saint-Maurice, c’est une consécration que de se retrouver en compagnie des grands auteurs de la langue française, que j’ai apprise dans les classes de Sion. La littérature est mon fer de lance. Elle seule, j’en suis convaincu, permet d’accéder aux grandes vérités sur l’être humain. Cela dit, je continue de piloter les éditions Xenia, et la nuit est la vraie complice de l’écriture romanesque, alors ne vous faites pas de souci pour mon emploi du temps! J’aime les cadences infernales. Ce qui me sera utile quand on connaît la force de travail d’Oskar Freysinger.

Un regard sur les difficultés actuelles du Valais sur la scène politique suisse ?

Notre canton souffre de la montée en puissance de la Suisse urbaine. De la prise de pouvoir – qu’on constate au niveau planétaire – des villes et de leur rationalisme sur les structures organiques d’une société. Il est aussi victime d’une paresse intellectuelle due en grande partie à un esprit encore clanique. Le message à faire passer est clair: on nous voit comme un canton bourru et rétrograde; or nous sommes tout simplement plus clairs dans nos idées, plus francs dans nos propos et plus déterminés dans notre action. C’est ce qui s’appelle avoir du caractère. C’est cela qu’il faut expliquer sans relâche aux Confédérés (Note de Michel Garroté : les autres Suisses).

Reproduction autorisée avec mention :

M. Garroté réd chef www.dreuz.info

Source :

http://www.valais-region.com/aggregator/categories/1

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