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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 31 août 2013

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Hasard du calendrier, je lisais l’article de Guy Millière « Trois films américains exécrables et anti-américains« , alors que je viens de voir deux films, pas les mêmes, dont un qui ressemble fortement à une œuvre de propagande, et qu’un troisième, une opération de désinformation contre Ronald Reagan que j’ai décidé de ne pas aller voir, est fortement critiquée par les historiens américains. Ils s’ajoutent à la liste de Guy Millière, et je me risque à en avancer les raisons plus bas.

Le premier film est 2 Guns, avec Denzel Washington et Mark Wahlberg dans le rôle de deux agents infiltrés auprès d’un cartel de la drogue sans qu’aucun ne sache que le premier travaille pour la DEA, et le second pour un service de renseignements de l’armée. Lorsqu’un casse auquel chacun participe pour coincer l’autre tourne mal, ils sont abandonnés par leurs hiérarchies respectives, et découvrent alors qu’ils ont été manipulés, et que tout le monde veut les éliminer.

Un thriller de bonne facture, avec deux acteurs savoureux direz vous. Oui, mais voilà…

Vérifier « qu’ils ne sont pas des terroristes musulmans »

Au milieu du film, dans le désert, Washington et Wahlberg sont arrêtés par deux patrouilleurs para-militaires, genre milice privée, qui demandent leurs papiers d’identité. Etonnés de cette curieuse demande alors qu’ils sont sur le territoire américain, ils s’entendent dire que les milices veulent vérifier « qu’ils ne sont pas des terroristes musulmans ». La scène tombe comme un cheveu sur la soupe, elle est totalement déconnectée de l’histoire, comme extraite d’un autre film. Elle est en fait destinée à graver dans les esprits américains l’idée que l’islamophobie est le fait de paranos dérangés, candidats au terrorisme eux-mêmes, et violents.

Le second film est grossièrement destiné au bourrage des crânes : White House down, avec Channing Tatum et Jamie Foxx dans le rôle d’un président (noir) des Etats Unis. C’est un film de propagande déguisé en innocent film d’action.

Alors qu’il visite la Maison-Blanche avec sa fille, Channing Tatum, policier dont la demande d’embauche comme garde du corps du Président a été rejetée, se retrouve au milieu d’une attaque terroriste contre la Maison blanche, avec explosions d’avions rappelant les attentats du 11 septembre.

Des terroristes paramilitaires “blancs suprémacistes” et racistes

Le public s’attend naturellement à ce que les terroristes soient des islamistes, mais non ! Ce sont des paramilitaires “blancs suprémacistes”, racistes, et il ne manque aucun gros plans pour montrer leurs tatouages celtes et croix chrétiennes. Ainsi donc le film introduit dans l’esprit du spectateur l’idée que le terrorisme n’est pas une exclusivité islamiste – afin de remplacement de la réalité par une autre, virtuelle, et conforme à la ligne de Barack Obama qui a fait interdire l’emploi du mot islamiste acollé à terrorisme. Puis on découvre que le vilain, le conspirateur, l’instigateur de l’attentat terroriste n’est autre que le vice président des Etats Unis, et bien entendu, il est blanc. Immédiatement après avoir reçu les pleins pouvoirs – on pensait le président mort dans l’explosion de son avion – il lance une attaque nucléaire sur les pays arabes. Lorsque le héros Channing Tatum contrarie ses plans et le fait arrêter, le méchant conspirateur justifie ses actes en accusant le président de sa suicidaire politique de collaboration avec l’islam… Si – ça – ce n’est pas de la propagande…! Combien d’Américains goberont ? Combien enregistreront dans leur inconscient ?

Enfin, une mention particulière pour The Butler, le film mensonge qui dépeint un Reagan raciste – à l’opposé de ce qu’il était – et qui emploie Jane Fonda, détestée pour son implication subversive dans la guerre du Vietnam pour laquelle elle a présenté ses excuses aux Américains – qui les ont refusé – dans le rôle de Nancy Reagan.

Je n’ai pas eu le cœur d’aller voir ce “film”.

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Quatre historiens de Ronald Reagan, auteurs d’une douzaine de biographies de l’ancien président, Stephen F. Hayward (The Age of Reagan), Paul Kengor (The Crusader), Craig Shirley (Rendez vous With Destiny et Reagan’s Revolution), et Kiron K. Skinner (Reagan’s Path to Victory), ont fortement critiqué le film, en affirmant que la façon dont Reagan y est présenté comme un raciste est fausse, et ils citent de nombreux cas factuels où il a pris partie en défense de la communauté noire américaine.

  • Par exemple, alors qu’il était président de la guilde des acteurs de cinéma, donc bien avant le début de sa carrière politique, il s’était activé pour que l’industrie du film donne de meilleures chances aux acteurs noirs, et il avait été fortement critiqué pour cela à l’époque.
  • Quand il fit sont discours contre l’Union soviétique, en mars 83 (l’empire du diable), Reagan critiqua également la résurgence de groupes racistes en Amérique.
  • Et les historiens évoquent également l’anecdote du jeune Reagan qui invita chez ses parents deux coéquipiers de son club de foot – deux noirs, à passer le week end dans sa famille.

Enfin, spécifiquement sur l’incident raciste inventé dans le film de Lee Daniels, et qui donne une toute autre image de Ronald Reagan que la réalité, la congrégation religieuse de Allen, le majordome noir incarné par Forest Whitaker, a révélé qu’il “parlait souvent de la façon délicieuse dont il était traité” par les Reagan, et les historiens ajoutent que “s’il est exact que Allen a quitté son emploi pendant la présidence de Reagan, le film omet de dire qu’il est parti en excellents termes, qu’il a reçu un mot personnel très touchant écrit de la main du président, et que Nancy Reagan l’a pris dans ses bras en lui disant au revoir le jour de son départ.” Pas vraiment raciste tout ça… mais depuis quand les propagandistes se soucient-ils de la réalité…

A qui profite le crime peut-on se demander en regardant en direction de la Maison blanche et des Démocrates. Je préfère poser la question à l’envers : pourquoi les victimes (les Républicains) se laissent-t-ils ainsi dépecer, année après année, sans modifier leur ligne stratégique ?

Je disais au début de cet article que j’allais avancer une hypothèse sur les raisons de cette poussée hostile de Hollywood.

Ces films ne sont vraisemblablement guère plus qu’un retour d’ascenseur d’Hollywood pour l’aide active à la lutte contre le piratage engagée par la Maison-Blanche, où l’on retrouve Victoria Espinel qui était la Czar IP de la Maison Blanche depuis 2008, qui a créé les lois sur la protection du Copyright et l’interdiction du téléchargement (le six-strikes plan), et qui a été impliquée dans un mini scandale – un de plus – pour avoir eu des échanges privés d’email avec les major d’Hollywood, emails révélés par une demande au nom de la Liberté d’information (Freedom of Information Act request). Espinel vient de terminer son mandat et a immédiatement été embauchée par le BSA, l’organisation qui lutte contre la copie de logiciel.

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