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Publié par Gilles William Goldnadel le 2 septembre 2013

Goldnadel

Celui qui veut s’essayer à comprendre l’étrange mode de réaction de ce qu’on appelle commodément « l’opinion publique » occidentale, et qui n’est que le reflet de ses médias, en dépit de la défiance croissante de la première envers les seconds, peut questionner utilement la manière dont ont été appréhendés les événements les plus saillants de ce mois d’août.

Les convulsions égyptiennes, d’abord. Il n’est pas interdit, encore que peu recommandé par la bienséance morale, d’y voir les résultats calamiteux de la politique erratique du président américain. Celui-ci, on voudra bien s’en souvenir, a laissé tomber sans phrases Osni Moubarak, comme hier Carter avait laissé choir Réza Pahlavi, pour ne pas contrarier la place Tahrir et les Frères Musulmans.

En cela, au demeurant, Barack Obama aura été cohérent envers lui-même, lui qui avait insisté, lors de son très accommodant discours du Caire, sur la présence d’un représentant de la fraternité à la tribune, au grand dam de l’ancien raïs.

On connaît la suite: renversement et emprisonnement d’un dictateur pro-occidental relativement débonnaire et en toute hypothèse anti islamiste, victoire électorale des frères et des salafistes, tentative de mainmise sur les institutions par Mohamed Morsi, nouvelles manifestations suivies d’un pronunciamento militaire à la légalité très douteuse. On ne connaît pas encore la fin.

À ce stade, on remarquera néanmoins que la réaction d’Obama et de l’ensemble de la presse américaine ou européenne qui lui est favorable, aura été plus émue de voir Mohamed Morsi privé de sa liberté, plutôt que Osni Moubarak, porté sur une civière pour le forcer à assister à son procès.

Comme si, étrangement, être doux avec les occidentaux les rendait moins agneaux qu’ils ne le sont pour les loups islamistes.

Mais l’attitude du journal Le Monde dans la crise égyptienne permet aussi de comprendre le mode de réaction d’un certain occident crépusculaire.

Quelques semaines après l’entrée en fonction de Monsieur Morsi, j’avais pris date, dans d’autres colonnes, après que M. Christophe Ayad, correspondant du vespéral au Caire, a cru voir aimablement dans le chef politique des frères musulmans, mouvement fascisant, antisémite et antichrétien « un homme habile et modéré » Je ne croyais pas avoir raison si vite de m’en être étonné.

Monsieur Ayad a ensuite, à l’instar de la plupart des observateurs occidentaux, pris fait et cause pour les foules immenses qui ont renversé celui qu’elles décrivent désormais comme pire que son prédécesseur.

Mais après que Monsieur Morsi fut déposé dans les conditions que l’on sait, voilà que le distingué correspondant cairote considérait que l’armée « aurait écrasé la démocratie naissante (sic) » sans trop regarder ni la souffrance des chrétiens et leurs vingt églises brûlées, ni l’usage par les Frères de la violence armée.

Au-delà du réflexe anti-occidental habituel, et dont Le Monde est loin d’avoir le monopole, cette séquence de réactions quasi instinctives ne traduirait-elle pas une révérence obséquieuse de la gauche post démocratique européenne pour la rue en général et pour la rue arabe en particulier ?

Fascinante fascination, qui vient de loin, pour les foules énervées, les multitudes encolérées, les masses fanatisées.

On a beau savoir depuis un an cette place Tahrir le lieu de tous les délires, de toutes les violences, et même de tous les viols, rien n’y fait, on veut la décrire telle qu’on la rêverait : grosse de blogueurs modernes et de démocrates modérés.

La tragédie syrienne ensuite. Et là encore, les mêmes réflexions s’imposent quant à l’insoutenable légèreté de l’être occidental contemporain.

Sur son incapacité manichéenne à pouvoir admettre que l’offre politique arabo-islamique actuelle rend difficile le choix entre le mauvais et le mauvais.

Bien malin en effet celui qui peut décréter que le régime sanguinaire de Bachar vaut mieux ou moins bien qu’une opposition hétéroclite préemptée par les djihadistes.

Il s’est beaucoup écrit ces derniers temps que les occidentaux sont fautifs d’avoir tergiversé pendant de longs mois avant d’aider (sans nous dire comment) la résistance à Assad, laissant la porte ouverte à l’entrée des fondamentalistes. Peut-être. Mais s’il faut vraiment blâmer l’Occident finissant avant que de blâmer l’Orient intolérant, il conviendrait de dire que la faute remonte à plus longtemps. Voilà plus de 30 ans que l’Europe « progressiste » ferme les yeux devant un régime sanguinaire et dynastique aux mains d’une minorité. Ceux qui aujourd’hui semblent découvrir soudain sa nature sont les mêmes qui décrivaient Hafez al-Assad comme « le Bismarck du Proche-Orient » et son rejeton Bachar comme un ophtalmologue moderne et modéré, un peu comme ils décrivaient Morsi et comme ils décrivent le nouveau président iranien enturbanné. Toujours le même rêve.

Le drame syrien illustre, ici encore, l’inconsistance d’un président américain tergiversant, dont le dernier acte d’autorité aura été d’affaiblir l’exécutif présidentiel, concernant une opération ponctuelle-et qu’il veut déjà symbolique- n’exigeant nullement l’aval du Congrès, mais seulement la rapidité.

Il montre aussi, cruellement, la versatilité d’une opinion occidentale, d’abord saisie par l’émotion puis travaillée par un pacifisme encore plus bêtifiant.

Deux dernières et amères remarques :

Pas besoin de raisons pour cogner sur l’Etat juif

  • les corps des centaines d’enfants gazés n’auront pas réussi à faire défiler sur les pavés parisiens les indignés professionnels. Sans doute Mgr Gaillot fait-il retraite à Parthénia et M. Besancenot au cap d’Antibes.
  • l’Iran et le Hezbollah ont menacé, en cas de frappes, Israël de destruction, alors que celui-ci est totalement étranger à la guerre civile syrienne. Je défie quiconque de me montrer une ligne d’un journal européen qui s’en offusque ou seulement s’en étonne. J’en conclus qu’il n’est pas besoin de raisons pour cogner sur l’État juif et que les bonnes âmes l’oublient sauf quand il s’agit de le fustiger.

Enfin, dans un autre registre, moins éloigné qu’il pourrait y paraître, la politique pénale menée par l’actuel gouvernement est également significative d’une tendance suicidaire de la pensée politique se disant progressiste.

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M. Valls aura occupé tout l’été une bonne partie de l’espace médiatique hexagonal.

La droite française, plutôt que de continuer à en faire l’une de ses cibles privilégiées, aurait tout intérêt, pour elle comme pour nous, de le prendre à ses mots.

Nul autre que lui n’aura eu l’audace, à son niveau, de dire haut et fort la responsabilité première de l’islamisme dans la montée des périls qui guettent la société française.

Nul autre que lui non plus n’aura su rappeler avec fermeté aux responsables de l’islam de France les responsabilités qui leur incombent.

On comparera avec l’attitude du premier ministre de l’ancien président de la république morigénant mon amie Jeannette Boughrab, pour avoir osé dire que l’islamisme modéré était une chimère.

Plus récemment encore, M. Valls aura eu le mérite de remettre en cause le dogme sacré du regroupement familial.

Plutôt que de regarder en l’air, la droite eût été bien inspirée de lui dire « chiche !».

Il est vrai, que pour borner un peu notre admiration pour l’audace intellectuelle du ministre, il convient de se rappeler que celui-ci ne manque jamais une occasion de se clamer «de gauche ».

Et, en dépit de tous les avatars, tous les manquements, toutes les contradictions, toutes les impostures répertoriées, il semblerait en effet que le simple fait de se revendiquer magiquement encore de ce camp-là plutôt que de ce camp ci, tienne encore lieu de grigri imparable, de talisman efficace, de gousse d’ail à serrer, d’eau bénite à asperger pour faire rentrer sous terre les vampires de la diabolisation médiatique.

Imaginez un seul instant MM. Hortefeux et Guéant songer tout haut à revenir sur le regroupement familial…

Ce qui trouble également notre regard sur la sincérité de l’occupant de la place Beauvau porte sur son acceptation de poursuivre sa course sur le même tandem que la locataire de la place Vendôme.

J’ai écrit ailleurs que le trop habile M. Hollande avait marié une carpe et un lapin pour contenter les végétariens comme les carnivores.

Mais après l’arbitrage présidentiel en faveur du programme pénal de la première, un animal politique courageux et sincère n’aurait pas eu d’autre choix que de regagner sa tanière.

Qui aurait pu imaginer, même en faisant la part des calculs de gribouilles politiciens, qu’en cette époque de violence, gratuite quand elle n’est pas payante, de terreur, sauvage quand elle n’est pas bestiale, une ministre-même de gauche-voudrait émasculer un état déjà eunuque ?

Il est vrai que derrière la proposition de loi de la garde des Sceaux, ne se dissimule même pas Madame Nicole Maestracci, maîtresse à penser -(si l’on ose dire) du Syndicat de la Magistrature.

En dehors de la bien-pensance qui ne pense pas, qui ne voit en effet que cette proposition de loi reposant sur un impossible suivi permanent des dispensés de peine effective (il suffit de voir d’ores et déjà les nombreux dysfonctionnements du système comme l’a tristement montré l’affaire Laetitia), va être entendue par toute la population à risque comme une incitation à s’adonner à une violence davantage encore impunie.

Qui ne voit encore que ce discours de délégitimation de l’incarcération (le pire système à l’exception de tous les autres à l’égard de nombreux délinquants, celui qui en tout état de cause les retranches de leurs victimes potentielles) va complexer davantage encore certains magistrats déjà largement sous l’influence d’une idéologie bêtifiante.

Si, à la république ne plaise, la nouvelle loi Taubira était adoptée, elle méritera de figurer au centre du Mur de son syndicat préféré.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. L’article original peut être consulté ici

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