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Publié par Guy Millière le 5 septembre 2013

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Je ne parviens pas à m’intéresser aux débats franco-français sur une éventuelle opération en Syrie.

  • Si Jean-François Copé a tenu quelques propos lucides, la position de l’UMP, elle, me semble particulièrement hypocrite, celle de l’UDI aussi : se placer derrière l’invocation de l’Organisation des Nations Unies, qui a perdu toute légitimité depuis longtemps, et est dominée par l’Organisation de la Conférence Islamique et les pays non alignés, est lamentable. D’autant plus que l’UMP et l’UDI savent que la Chine et la Russie disposent d’un droit de véto au Conseil de sécurité, l’exercent, et continueront à l’exercer dans le cas syrien.
  • Le Front National a parlé du danger islamique en Syrie, mais en ayant tendance à exonérer le régime Assad de ses crimes et en se livrant à quelques imprécations anti-américaines mettant dans le même sac George Walker Bush et Barack Obama.
  • L’extrême gauche a parlé comme parle toujours l’extrême gauche, de manière nauséabonde.
  • Le Parti socialiste tient un discours qui est une pâle décalcomanie du discours de l’administration Obama, ce qui est sordide et myope. Fabius et Hollande sont ou bien incapables de la moindre analyse géopolitique, ou bien tellement hypnotisés par Obama qu’ils en ont perdu toute forme d’aptitude au discernement, ou bien aux ordres du Qatar : sans doute les trois à la fois. Ils se font les idiots utiles du pire. Ils ne sont malheureusement pas les seuls.

La situation aux Etats-Unis a, de fait, beaucoup évolué au cours des derniers jours

Barack Obama, vendredi dernier, était enfermé dans une position dont il voulait sortir, sans trouver la clé. Il voulait intervenir en Syrie. Il savait que ses buts d’intervention n’étaient pas présentables et qu’il ne pouvait les présenter ouvertement. Il voulait provoquer le chaos, mais se refusait à être en première ligne, et à devoir assumer la responsabilité de ce qui allait suivre.

Obama pensait que la Chambre des représentants voterait négativement

Tard dans la soirée du vendredi, il semble avoir trouvé la clé. Il a décidé de demander un vote du Congrès. A ce moment, il pensait encore que la Chambre des représentants voterait négativement, et qu’il pourrait incriminer les Républicains.

C’est ce qui a guidé son intervention de samedi après-midi.

Samedi soir, il a encore évolué. Il a perçu qu’un vote favorable des Républicains, tout au moins de certains d’entre eux, était envisageable et qu’il pouvait tout à la fois diviser les Républicains un peu plus que ce n’est le cas, et obtenir peut-être un vote positif dans les deux chambres.

C’est ce qui explique la tonalité du discours de toute l’administration Obama depuis.

Ce qui a permis le passage dans cette dernière phase a été l’appel d’Obama à deux sénateurs républicains influents, passés du néo-conservatisme à un aveuglement navrant face à l’islam radical, John McCain et Lindsey Graham. Obama a obtenu l’appui de l’un et de l’autre. Dans la foulée, cela lui a permis d’obtenir aussi l’appui de John Boehner et d’Eric Cantor.

Il se trouve désormais dans une position presque idéale pour lui.

Il peut effectivement espérer un vote favorable du Congrès. Il aura, dans tous les cas, infligé au parti républicain une fracture ouverte en termes de politique étrangère qui viendra s’ajouter aux autres fractures et qui pèsera sans doute lourd lors des élections de 2014. Il peut désormais placer toute la responsabilité de ce qui va suivre sur le Congrès, et, au sein du Congrès, sur les Républicains.

Il n’a toujours pas à présenter ouvertement ses buts d’intervention, et il ne le fera pas : il peut continuer à dire qu’il s’agit tout juste de donner une « leçon » à Assad et qu’il ne s’agit pas, bien sûr, de renverser le régime pour le remplacer par des islamistes sunnites.

Il peut prendre le risque du chaos, dès lors qu’il n’est plus responsable.

Nous allons dès lors vers une action militaire qui sera sans doute la plus catastrophique de ces dernières années. Et nous y allons avec un Commandant en Chef américain qui sait que ce sera sans doute l’action militaire la plus catastrophique de ces dernières années, et qui n’assumera pas son rôle de Commandant en chef.

Nous allons vers une action militaire dont l’objectif inavoué est le renversement du régime Assad et la prise du pouvoir par les Frères musulmans et al Qaida : sachant que le régime Assad ne cèdera pas si aisément et dispose de solides appuis, Obama n’ira, bien sûr, pas jusqu’au bout aux fins de ne pas heurter frontalement ces appuis, et accepte d’ores et déjà que la phase suivante sera une exacerbation de la guerre en cours et une propagation régionale éventuelle de celle-ci.

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Vers un embrasement que nul n’est à même de circonscrire et de maîtriser

Nous allons vers une action militaire qui, au mieux, se révélera ridicule et parachèvera l’auto-élimination des Etats-Unis de la région, et au pire, conduira vers un embrasement que nul n’est à même de circonscrire et de maîtriser, ce qu’a reconnu le chef d’état major des armées, le général Martin Dempsey, lors des auditions récentes au Congrès.

L’action militaire telle qu’envisagée ne peut pas détruire l’armée du régime et n’a pas ce but : elle peut tout juste déstabiliser le régime, et favoriser les ennemis de celui-ci, sans se donner les moyens de contrôler en quoi que ce soit ce que feront ceux-ci ensuite.

Usant du prétexte des armes chimiques, elle ne permettra en aucun cas leur élimination de la région, et n’empêchera aucunement que celles-ci tombent aux mains de groupes islamistes. D’une part, les armes chimiques du régime sont pour partie aux mains de ceux qui se battent pour le régime, et d’autre part, il semble avéré que des armes chimiques sont déjà aux mains des ennemis du régime (s’il ne fait aucun doute que le régime Assad peut utiliser des armes chimiques, des doutes subsistent, quoi que disent l’administration Obama et le gouvernement Hollande sur l’origine des usages d’armes chimiques le 21 aout dernier, j’y reviendrai).

Le nombre des morts va sans doute beaucoup augmenter

L’action militaire telle qu’envisagée ne protègera, cela doit être dit, aucune population civile. Si le régime Assad est peu déstabilisé, il redoublera de violence vis-à-vis de ses ennemis. S’il est fortement déstabilisé, il se battra avec l’énergie du désespoir. Dans l’un comme dans l’autre cas, les ennemis du régime, encouragés, vont redoubler de violence. Le nombre des morts et celui des gens cherchant refuge dans les pays limitrophes de la Syrie vont sans doute beaucoup augmenter. Parler de « population civile syrienne » en soi est, qui plus est, ne rien comprendre à un pays profondément divisé entre populations appartenant à diverses ethnies et groupes religieux désormais en guerre ouverte entre eux : le régime est alaouite et a de son côté les Chrétiens. Les ennemis du régime sont sunnites : la chute du régime entraînerait des massacres d’alaouites et de Chrétiens.

L’action militaire telle qu’envisagée est à même d’entraîner la guerre davantage encore vers le Liban, et vers des actions contre Israël, qui ripostera efficacement, mais aura bien du mal à ne pas devenir partie prenante.

Je l’ai déjà écrit : une action militaire sérieuse implique non pas un objectif flou et inavoué, mais un objectif clair, net, précis. L’objectif ici est flou et inavoué.

Une action militaire sérieuse implique de parler de victoire ou de défaite, et implique aussi d’anticiper les étapes suivantes. Nul ne parle de victoire ou de défaite ici, et les étapes suivantes, y compris les scénarios catastrophe, ne sont pas anticipés.

Une action militaire sérieuse implique une action diplomatique en parallèle et des alliances définies : ici, il n’y a aucune action diplomatique digne de ce nom, et l’alliance se résume à un front commun Obama Hollande, avec un Obama qui se défausse sur le Congrès.

Le « modèle » sans cesse invoqué est l’intervention en Libye : doit-on rappeler que celle-ci a laissé le pays qui en a été la proie à un démantèlement qui en a fait un terrain de manœuvre pour djihadistes.

Le modèle sans cesse rejeté et utilisé comme repoussoir est l’intervention en Irak. Gagner la guerre en Irak a pris trois semaines. Gagner la paix a pris sept ans. Mais la paix a été gagnée. C’est, on doit le rappeler, Obama qui a décidé de transformer une paix gagnée en défaite, en retirant toutes les troupes américaines d’Irak, contre l’avis de l’état-major des armées et en dépit des demandes du gouvernement irakien.

George Walker Bush agissait dans les suites du 11 septembre 2001. Il faisait face à l’expansion djihadiste et il a éliminé en Irak davantage de djihadistes qu’il en a été éliminé dans toute la région depuis que le djihadisme existe. Il avait demandé un vote du Congrès, sans tergiverser, et sans rien dissimuler de ses buts. Il avait un objectif clair, net, précis. Il parlait de victoire et de défaite. Il anticipait les étapes suivantes, y compris les scénarios catastrophe. Il avait mené une action diplomatique en parallèle et avait bâti des alliances.

C’était un Président des Etats Unis.

C’était un ami d’Israël, ce qui ne lui a pas été pardonné.

Obama est un ennemi d’Israël, et le gouvernement d’Israël sait que l’action militaire envisagée en Syrie est très dangereuse.

Obama a connu un revers avec le renversement de Mohamed Morsi : il n’a pas renoncé à rendre le monde sunnite plus sûr pour le djihadisme.

Obama n’a pas renoncé à nuire aux Etats-Unis ou, comme il dit, à les transformer « radicalement », en les éliminant de la scène mondiale, et en broyant leur rôle de puissance de la liberté.

Il n’a pas renoncé à nuire à Israël, et n’a pas renoncé à l’apaisement vis-à-vis de l’Iran: on a appris récemment qu’il avait empêché le gouvernement israélien d’agir contre la nucléarisation de l’Iran, il y a un an exactement (cf. pjmedia.com).

Il entend voir les Frères musulmans et al Qaida arriver au pouvoir en Syrie.

Il ne craint pas la catastrophe et l’embrasement.

Qu’il ait traité Hollande et Fabius comme des idiots utiles est logique, et conforme à ce que sont Hollande et Fabius.

Qu’il ait réussi à placer des Républicains tels que John McCain, Lindsey Graham, John Boehner Eric Cantor dans la position d’idiots utiles eux aussi est, par contre, effarant. Et très inquiétant.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour www.Dreuz.info

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