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Publié par Gilles William Goldnadel le 10 septembre 2013

gilles william goldnadel

Je l’écris d’emblée, le comportement de certains membres de la droite française n’emporte pas ma conviction.

Je comprends, sur le fond, les réticences de certains quant à l’opportunité d’une frappe militaire contre l’armée de Bachar. Je l’ai écrit moi-même, dans ces mêmes colonnes, la semaine passée.

On a le droit de balancer entre la peste bubonique des ayatollahs et le cancer du cerveau  djihadiste, et ceux qui hésitent entre les deux ne sont pas forcément des « munichois », contrairement à la dernière sortie de route d’un omnibus  nommé Désir.

En outre, et bien et que je sache -mieux que certains, pour l’avoir répété ad nauseam depuis une décennie- que M. Assad est capable de tout et surtout du pire, je ne suis pas entièrement persuadé qu’il soit forcément responsable de ce dont on l’accuse pour, précisément, le punir. Et ce ne sont certainement pas les affirmations péremptoires d’une certaine presse qui m’en persuaderont, bien au contraire.

C’est cette presse qui affirmait que les Serbes étaient forcément à l’origine de l’envoi d’un obus sur le marché de Markale, et que ceux-ci (et accessoirement TF1 qui le contestait) devaient être châtiés pour cela. Il m’aura fallu un procès pour faire dire à la justice française qu’il était vraisemblable que les Bosniaques étaient à l’origine de cette très opportune provocation.

C’est la même bien-pensance médiatique qui empêche encore aujourd’hui de dire haut et fort que l’affirmation si dévastatrice d’un petit Mohamed Al Durah tué à Gaza sous les balles israéliennes, relève, dans le meilleur des cas, d’un mensonge par imprudence, et dans le pire d’une mise en scène macabre.

Et là encore, la justice française n’a pas dit le contraire.

En conséquence, ceux qui ne partagent pas mon opinion quant à l’opportunité d’une frappe ne sont pas à mes yeux nécessairement des salauds sartriens.

En revanche, je ne partage pas l’acharnement d’une partie de l’opposition à moquer, en la circonstance, le président de la république.

Certes, l’occasion est bien tentante, lorsqu’on imagine qu’elle aurait été la réaction de la gauche devant pareille aubaine.

Cette gauche, tellement prompte à railler, à diaboliser, à excommunier… pour emprunter ensuite les mêmes chemins sataniques : de la force de frappe, à l’allongement de la retraite en passant par la TVA ou… aux prérogatives du chef de l’État et des armées.

Certes encore, sauf à manquer cruellement d’humour, il était difficile de réprimer un sourire, à voir un M. Hollande plutôt déconfit en suite des déconvenues anglaises et américaines, après avoir pris la pose de Rodomont.

Mais, qu’on pardonne ce truisme digne de Lapalisse, être de droite, c’est peut-être et avant tout, ne pas être de gauche. C’est faire passer l’intérêt de l’État et de la nation avant celui de la petite et méchante politique.

C’est, dans la présente occurrence, qui transcende largement la question syrienne, laisser à l’exécutif ses prérogatives régaliennes héritées de ce que le gaullisme nous a légué de mieux.

C’est encore, et davantage que du temps du général et de son « machin », se résigner à constater tristement qu’une ONU, désormais entre les mains d’une majorité automatique rien moins que démocratique et éclairée ou d’un Conseil de sécurité neutralisé par Moscou et Pékin, est devenue l’outil le plus efficace pour paralyser les actions les plus nécessaires.

Enfin, certaines remarques sur un chef de l’État qui serait à la remorque de l’impérialisme yankee, relève de la ringardise politique ou de l’obsession pathologique, à l’heure blafarde d’une Amérique ni impériale, ni impérieuse.

Après tout, convenons que c’est dans le domaine de la politique extérieure que le pouvoir socialiste aura été, jusqu’à présent, le moins calamiteux.

L’opposition de droite a et aura, hélas, trop d’occasions, de se montrer impitoyable : en matière judiciaire, sécuritaire ou financière, pour ne pas se montrer ici charitable et, surtout, fidèle à ses principes.

Il ne faudrait pas que l’affaire syrienne, dans laquelle la France ne peut pas beaucoup, divertisse les Français de la partie qui va se jouer à Paris dans le domaine de la sécurité des Français.

Chaque semaine charrie son lot d’informations édifiantes. Ou plutôt, on fini par apprendre, ce qui est, un temps, dissimulé. Après les secouristes lapidés et les victimes détroussées de Lagny, un temps niés, on apprenait qu’une séquestration d’infirmières avait eu lieu dans la nuit du 12 au 13 août à l’hôpital Nord de Marseille. Un patient, blessé dans une tentative de règlement de compte ne tolérait pas d’avoir été transféré dans une chambre sans sécurité et a en conséquence retenu quatre infirmières sous la menace d’une arme et en proférant des menaces de mort. Les soignantes, terrorisées, n’ont pas osé porter plainte. Il aura fallu que le quotidien la Provence révèle l’affaire pour que le parquet soit saisi… plus de trois semaines plus tard. La direction de l’hôpital public, comme si ce scandale ne suffisait pas, s’est fendue d’un communiqué pour justifier une passivité digne de l’omerta corse : « Une administration ne peut pas se constituer partie civile au lieu et place d’un de ses salariés, dès lors qu’elle n’est pas la victime directe de l’infraction ».

Tiens donc. Je rappellerai à la direction de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille les termes assez compréhensibles de l’article 40 alinéa 2 du code de procédure pénale : « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la république et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui sont relatifs. » A moins évidemment de considérer que retenir par la contrainte et menacer de mort relève, non du délit mais de la galéjade.

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Un tel acte n’a rien d’isolé : quelques jours plus tôt c’était un médecin réanimateur de l’institut Paoli Calmette qui était victime d’un coup de couteau porté par un membre de la famille d’un patient mort en réanimation, et le 18 août dernier (Le Figaro du 8 septembre) trois hommes se présentaient aux urgences de l’hôpital de la Conception pour se faire soigner de blessures. Ils venaient d’assassiner un garçon de 18 ans, lors d’une bagarre près du Vieux-Port. Refusant de livrer leur identité ainsi que leur carte Vitale, ils ont poignardé l’infirmier en charge de l’accueil avant de prendre la fuite.

Dans ma dernière chronique, j’évoquais les multiples dysfonctionnements des personnels de justice chargés du suivi des condamnés pour annoncer à l’avance que la « contrainte pénale » concoctée par la garde des Sceaux (le Canard Enchaîné de cette semaine révèle que le gouvernement a fait écarter le terme trop laxiste de « peine de probation » initialement choisi) va tourner, en cas d’adoption parlementaire, au cauchemar pour les victimes. Le même Canard reconnaît que les auteurs de vol, racolage, menace, outrage, racket, escroquerie, usage de stupéfiants, agression sexuelle ou violence, encourant moins de cinq ans de prison pourront bénéficier de cette nouvelle mesure de mansuétude. Dans ce cadre angélique, je recommande l’article poignant d’Émilie Blachére (Paris-Match du 22 août) qui relate les martyres de Priscilla et Élise, violées et torturées par Sofiane, en semi-liberté, mais laissé sans aucune surveillance.

Dans un domaine voisin, on apprend que 215 membres de la redoutable mafia géorgienne (les Vory v zakone) sont incarcérés en France. Ils étaient seulement 80 en septembre 2010. Ils s’enracinent dans le pays dans la plus grande discrétion, souvent avec le statut de demandeurs d’asile. Combien en liberté et éligibles à la future « contrainte pénale » ?

Je pourrais empiler ce genre d’information jusqu’au lambris d’un bureau ministériel de la place Vendôme, que rien n’y ferait. L’idéologie du Syndicat de la Magistrature au pouvoir est imperméable aux drames humains, elle préfère se croire humaniste. Elle préfère taxer de fasciste un Obertone (La France Orange Mécanique) quand il dresse froidement un procès-verbal de constat, ou de sécuritaire un Xavier Bebin, auteur d’un récent ouvrage remarquable sur le sujet et président de l’Institut Pour la Justice, quand il montre comment une certaine justice est vecteur d’insécurité. Elle n’écoute pas davantage les criminologues Alain Bauer ou Xavier Raufer quand ceux-ci confirment constat et analyse. Pas plus que les syndicats de police, exceptionnellement vent debout : Alliance, qui va procéder à une grève des PV et le Syndicat des Commissaires quand il déclare par la bouche de sa secrétaire Céline Berthon : « la prison reste le meilleur moyen pour mettre un délinquant hors d’état de nuire et préparer sa réinsertion ».

Mme la ministre préfère écouter un syndicat de magistrats médiatiquement puissant mais intellectuellement limité, et professionnellement incompétent en matière de criminologie.

Laurent Fabius vient de déclarer : « celui qui laisse faire encourage la récidive ». Il parlait de Bachar, mais il aurait pu aussi bien parler de Sofiane ou du preneur d’otages marseillais.

M. Fabius devrait fréquenter d’avantage Mme Taubira.

PS : Dans la rubrique, « Ne comptez pas sur les médias pour vous ennuyer avec ce qui n’en vaut pas la peine », MM les députés Valérie Boyer, Lionel Luca, Thierry Mariani et Guy Tessier ont déposé le 13 juillet une proposition de loi pour voir commémorer le massacre d’Oran perpétré le 5 juillet 1962. À ce sujet, je ne saurais trop recommander la lecture du livre de Guillaume Zeller : « Un massacre oublié » dans lequel est décrite l’atroce tuerie par le FLN d’une partie de la communauté occidentale de la ville.

  • 50 membres des Moudjahidines du peuple iranien, l’un des mouvements de résistance au régime des ayatollahs, ont été assassinés en Irak, dans le camp d’Ashraf sur ordre de Téhéran qui désormais fait la loi à Bagdad. En dépit de garanties du gouvernement américain dont on peut apprécier, ici encore, la solidité d’airain.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. L’article original a été publié avec la permission de Valeurs actuelles ici.

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