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Publié par Guy Millière le 17 septembre 2013

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Toutes les tentatives d’édulcorer les faits utilisées par ceux qui veulent encore trouver quelque chose à sauver chez Barack Obama n’y changeront rien. Les discours factices émanant de la Maison Blanche et disant que c’est parce qu’Obama a montré ses muscles qu’Assad et Poutine ont reculé n’y changeront rien non plus. Les péroraisons de Kerry disant que le « recours à la force » reste une éventualité sont risibles.

Obama vient d’infliger aux Etats-Unis et à ce qu’on appelait il y a vingt ans encore le « monde libre » une défaite majeure. Assad a sauvé son régime. Et Poutine est le grand vainqueur de ce qui s’est passé ces derniers jours.

Ce n’est vraisemblablement pas seulement le Proche-Orient qui vient de basculer. C’est le monde entier.

Barack Obama voulait abolir l’ordre du monde tel qu’il a été établi aux lendemains de la Deuxième Guerre Mondiale. C’est fait. Il voulait affaiblir et humilier les Etats-Unis à un degré sans précédent depuis deux siècles, c’est fait aussi.

Plus un seul allié des Etats-Unis ne peut encore considérer aujourd’hui que les Etats-Unis sont un allié fiable, et rebâtir des alliances qu’il a fallu de longues années pour construire et consolider sera difficile.

Ce qui s’est passé est et sera regardé de près : à Téhéran, à Beyrouth, et, pour des raisons très différentes à Jérusalem et à Ryad. Ce qui s’est passé est et sera regardé de près aussi ailleurs : à Pyong Yang, à Séoul, à Tokyo, à Pékin, à Caracas, et je pourrais aisément allonger la liste.

La Russie était et reste un pays marqué par le déclin, et le livre que vient de publier Ilan Berman à ce sujet (Implosion : The End of Russia and What It Means for America*) garde toute sa pertinence. La puissance russe est loin de ce qu’elle était au temps où la Russie était au cœur de l’Union Soviétique. L’armée russe, bien qu’encore puissante, n’est plus celle d’une superpuissance. L’économie et la société russes sont touchées par divers signes alarmants.

Néanmoins, Poutine pourrait bien avoir trouvé un moyen d’endiguer le déclin. Il a montré qu’une détermination d’acier, une lucidité remarquable, une aptitude à saisir toutes les opportunités et à user de toutes les faiblesses de l’adversaire peuvent faire la différence.

L’accord signé à Genève entre Kerry et Lavrov samedi signifie, pour qui sait lire, que la Russie est chargée de donner la liste des armes chimiques dont dispose son allié Assad (sous couvert de l’ONU, bien sûr). Il signifie qu’Assad ne désarmera pas (la liste des armes chimiques sera fournie à temps, elle le sera peut-être un peu plus tard, elle ne le sera pas du tout, peu importe : la Russie décide). Il signifie qu’Assad a désormais de fortes chances de gagner la guerre, même si celle-ci durera encore sans doute de nombreux mois. Il signifie que le Hezbollah sera aussi du côté des gagnants, et gardera son hégémonie sur le Liban. Il signifie que l’Iran des mollahs peut poursuivre son avancée vers l’arme nucléaire tout en offrant de négocier, pour rien (ce que divers pays occidentaux se proposent déjà de faire), et tout en étant protégé par la Russie, comme Assad.

Il signifie qu’une continuité chiite est en place (ou presque en place) de Téhéran à Beyrouth, en passant par Bagdad et Damas.

Il signifie que le rêve obamien de voir les Frères musulmans régner sur le monde sunnite est sectionné en son coeur et sans doute touché à mort.

Il signifie que l’Egypte va sans doute continuer à se diriger vers une ouverture en direction de la Russie (ouverture amorcée par le général Sissi), que la Turquie d’Erdogan va mettre ses velléités d’hégémonie régionale islamiste en sourdine et chercher à s’entendre avec la Russie et avec l’Iran, que le rapprochement un temps envisagé entre Arabie Saoudite et Russie par le prince Bandar lors d’un voyage à Moscou au mois de juillet va se poursuivre (si les dirigeants d’un pays sont présentement furieux contre Obama, ce sont les dirigeants saoudiens).

Il signifie (même si Netanyahou ne le dira pas) qu’Israël aura un intérêt très concret à cultiver de bonnes relations avec Poutine pour juguler le danger atomique iranien et le danger constitué par le Hezbollah et, au Sud, par le Hamas, qui cherche aujourd’hui à se rapprocher à nouveau de Téhéran.

On doit ajouter à l’équation l’Asie : le régime nord coréen sait qu’il n’a rien à craindre des Etats-Unis et peut compter sur Poutine et la Chine pour se trouver préservé. La Corée du Sud sait qui elle doit préserver elle-même si elle veut se trouver préservée d’attaques nord coréennes, tout comme le Japon.

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La Chine, qui a besoin des ressources énergétiques du Proche-Orient et qui entend assoir sa prépondérance en Asie, sait qu’elle doit nouer une relation de partenariat plus étroite avec la Russie, et elle est d’ailleurs en train de le faire dans le cadre de l’Organisation de Coopération de Shanghaï.

L’Europe, qui a elle-même besoin des ressources énergétiques du Proche-Orient, et où des pays tels que l’Allemagne dépendent déjà du gaz russe, sait que le pétrole et le gaz des républiques situées au Sud de la Russie (Kazakhstan, Ouzbekistan, Turkmenistan) représentent des gisements importants qui aliment la Chine et l’Europe, et sait que ces gisements sont supervisés par la Russie. L’Europe sait aussi qu’un pipeline part des champs pétroliers de Pars en Iran, passe par Kirkouk en Irak, et rejoint Banyias, au Nord de la base russe de Tartous en Syrie, et ce pipeline l’intéresse : il sera aussi supervisé par la Russie.

Des régimes tels le régime vénézuélien n’ont aucun intérêt à desserrer leurs liens avec l’Iran et avec la Russie.

J’écrivais dans un précédent article que l’islam radical avance, et qu’Obama a été un agent de cette avancée.

Néanmoins, la doctrine Obama n’a pas débouché sur les résultats escomptés. Les Frères musulmans sont déstabilisés et sur la défensive. Al Qaida est aussi déstabilisé et sur la défensive. Les ambitions d’Erdogan sont émoussées. L’Iran avance vers la sanctuarisation nucléaire que veut Khamenei, mais même si Obama entendait s’empresser auprès de Rouhani, suivi de William Hague, ce n’est plus lui le maître du jeu.

Obama croyait pouvoir s’entendre avec Poutine, et il avait envoyé Hillary Clinton proposer un nouveau départ à Sergei Lavrov, il y a quatre ans et demi. Poutine a pris très vite la mesure d’Obama, et l’a traité en idiot utile, à jeter après usage.

Obama se croyait plus intelligent et plus rusé que Poutine : il découvre aujourd’hui qui est le plus intelligent et le plus rusé des deux.

Obama imaginait que Poutine allait accepter la montée de l’islam radical sunnite au Proche-Orient : ignorant visiblement tout de la géopolitique, il ignorait semble-t-il que Poutine considérait l’islam radical sunnite comme une menace absolue pour la Russie elle-même. Et il ignorait ce qui s’est passé en Tchétchénie.

Obama croyait qu’avoir lu Saul Alinsky en faisait un stratège : il découvre que la formation des officiers du KGB est bien plus solide que celle d’un « organisateur de communauté » gauchiste.

Les Etats Unis sont éliminés du Proche-Orient. L’islam radical sunnite sur lequel s’appuyait Obama a du plomb dans l’aile. L’islam radical chiite est tenu en laisse par Poutine, qui n’hésitera pas à l’utiliser pour soumettre l’Occident à son emprise.

Les dirigeants israéliens ont vraiment intérêt à mémoriser le numéro de téléphone de Poutine. S’ils appellent la Maison Blanche, ils découvriront qu’il n’y a plus d’abonné au numéro demandé, ou que l’abonné est asthénique et en longue maladie, jusqu’à 2016 au moins.

Entendant faire boire à Obama le calice jusqu’à la lie, Poutine s’est permis il y a quelques jours de publier un article empli de conseils à l’attention d’Obama, dans le New York Times, le journal le plus obamaphile des Etats-Unis. Cet article est un chef d’oeuvre de perversité machavélienne : Poutine y utilise tous les arguments utilisés par Obama depuis cinq ans contre l’hégémonie américaine. Et il conseille à Obama de continuer à suivre les avis d’Obama.

Si c’était une partie d’échecs, je dirais : échec et mat. La chaise vide décrite par Clint Eastwood est plus que jamais vide. Malheureusement, la chaise vide ne sera pas remplacée avant que s’écoulent trente huit mois. En attendant, la liberté sur terre sera très menacée. Car Poutine n’est pas un ami de la liberté. Les amis de Poutine non plus.

Des illustrations circulent. On y voit Poutine avec un fusil, et Obama avec un pistolet à eau. On y voit Poutine gagner un combat de judo, et Obama envoyer une balle de base ball comme le ferait un enfant de trois ans. On y voit Poutine se faire obéir par son chien sans même avoir à le tenir en laisse, et Obama se faire emporter par son chien. Ce sont de vraies photos. Poutine est un maître, quoi qu’on pense de lui par ailleurs, Obama est une lavette, un moustique presque écrasé.

Le jour de l’élection d’Obama, un effroi intérieur m’a saisi. Je craignais ce qui allait venir. J’avais raison. Hélas.

Le plus terrible est qu’il reste plus de trois ans à Obama, et que les grands médias américains s’emploient déjà à l’exonérer de ce qui vient de se passer.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour www.Dreuz.info

PS. Au moment où j’achevais cet article, j’ai pris connaissance de la tuerie de Washington. Je reviendrai sur celle-ci quand on en saura davantage que ce que livre l’actualité immédiate. Je noterai juste qu’en s’adressant au pays à ce sujet, Obama a utilisé les circonstances pour lancer des attaques politiciennes contre les Républicains. Ce personnage me surprendra toujours. Quand on croit qu’il a touché le fond, il creuse encore.

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