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Publié par Guy Millière le 19 septembre 2013

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Comme on pouvait s’y attendre, la tuerie survenue au Navy Yard de Washington a très vite tourné, dans la presse européenne comme dans la presse de gauche américaine, au procès des armes à feu. Certains n’ont pu s’empêcher en France d’en rajouter un peu sur la violence aux Etats-Unis et de se gausser d’un pays détraqué par les fous de la gâchette.

Faut-il rappeler une fois encore que les armes à feu ne tuent pas toutes seules et qu’il faut toujours un être humain pour les actionner ? Il semble que oui, il faut le rappeler

Nous sommes dans une époque où l’idée de responsabilité individuelle disparaît, et c’est une disparition plus dangereuse, bien plus dangereuse que les armes à feu : quand l’idée de responsabilité individuelle disparaît, c’est la liberté qui se trouve menacée. Si l’on ne conserve pas le postulat de base que les êtres humains doivent être considérés comme responsables de leurs actes, sauf exception, on en passe très vite aux idées disant qu’il faut un gouvernement et des bureaucrates « bienveillants » pour s’occuper d’eux à chaque instant, pour les guider, pour leur épargner tout aléa, et pour éviter qu’ils ne prennent de mauvaises décisions.

Faut-il dire aussi que s’il y a de la violence aux Etats-Unis, celle-ci est, en général cantonnée aux règlements de compte entre gangs rivaux, ou consiste en des actes de légitime défense et repose dès lors sur l’idée, largement effacée en France, qu’un criminel se livrant à ses activités professionnelles prend un risque : celui d’être tué par le propriétaire de la maison ou du magasin auquel il s’attaque, ou par un policier faisant son travail ? Il semble que oui, là encore.

Faut-il dire que les Etats-Unis ne sont pas un pays de fous de la gâchette ? Oui, toujours. Les risques pour une personne vivant normalement sa vie dans un quartier qui n’est pas livré à une guerre des gangs de se faire tuer par armes à feu aux Etats-Unis sont très faibles. Je me sens personnellement moins en insécurité partout où je vais aux Etats-Unis, même très tard le soir, que dans nombre de quartiers de Paris et de la région parisienne.

Il y a, cela dit, quelque chose de détraqué aux Etats-Unis, et ce point, seulement ce point est exact : mais ce qui est détraqué n’est pas ce qu’on pointe du doigt. Et la tuerie au Navy Yard de Washington est un exemple flagrant de ce qui est détraqué.

On a donc affaire à un homme qui souffrait de troubles mentaux de type paranoïde, à un niveau alarmant, et qui était traité pour cela : voici une trentaine d’années, il aurait été interné dans une institution psychiatrique. Au nom d’une vision pervertie de la liberté, des mouvements de gauche comme l’American Civil Liberties Union, ont exigé et obtenu que les cas d’internement d’office en hôpital psychiatrique deviennent rarissimes. Le résultat est que des milliers de malade mentaux sont dans les rues. Ce n’est pas la première fois qu’un malade mental commet un acte de malade mental et passe au meurtre : Aaron Alexis s’ajoute à une liste sur laquelle devraient figurer aussi Jared Loughner, le tueur d’Arizona, Adam Lanza, le tueur de Newtown, James Holmes, le tueur d’Aurora. Et je ne cite que les exemples les plus récents.

On a affaire à un homme qui avait des antécédents de violence erratique par armes à feu, puisque deux fois, l’une en 2004, l’autre en 2011, la police a dû intervenir contre lui. Les deux fois, le dossier a été classé sans suite, bien que les rapports de police existent : ce pour une raison très simple, c’était un ancien militaire et il appartenait à une « minorité visible ». Dans de nombreux Etats des Etats-Unis, la police se voit demander de classer sans suite les dossiers d’anciens militaires ou de militaires en activité appartenant à des « minorités visibles » se conduisant de manière étrange ou dangereuse, et les exemples abondent : là, Aaron Alexis, Afro-américain, pourrait voisiner avec le major Nidal Hasan, le tueur de Fort Hood. Si la police avait poursuivi Aaron Alexis en 2004 et 2011, ces poursuites auraient figuré sur la fiche signalétique d’Aaron Alexis, et se serait ajoutées à un éventuel passage par un hôpital psychiatrique.

On a affaire à un homme qui a pu acheter une arme de poing en Virginie en toute légalité, sans que le commerçant puisse détecter quoi que ce soit puisqu’Aaron Alexis n’avait pas été poursuivi et n’avait pas fait de séjour en hôpital psychiatrique.

On a, enfin, affaire, à un homme qui, dans ces conditions d’ensemble, et après avoir été radié de l’armée pour diverses fautes, a pu obtenir un poste lui permettant de travailler pour la Défense nationale et de disposer d’un badge d’accès à une base militaire. Son employeur (Hewlett Packard) ne pouvait détecter ce que le marchand d’armes en Virginie n’a pu détecter. La Navy, qui, a priori, devrait faire des enquêtes plus poussées, n’a rien détecté non plus. On connaît, hélas, la suite.

On doit ajouter à l’ensemble que, depuis la présidence de Bill Clinton, en 1993, le personnel militaire américain sur les bases militaires américaines n’a plus le droit de porter des armes, ce qui en fait des cibles faciles pour des tireurs éventuels. Si les membres de la Navy au Navy Yard avaient porté des armes, le nombre des victimes d’Aaron Alexis aurait été bien plus bas. Si les soldats de la base de Fort Hood avaient pu porter des armes, Nidal Hasan aurait fait peu de victimes et aurait reçu la peine de mort sans avoir à passer par un tribunal. Aucun Président n’est revenu sur cette décision de 1993, et Obama préférerait sans doute se casser la main que de signer une remise en cause de cette décision.

On doit ajouter enfin que des coupes dans les budgets militaires (qui sont les seuls budgets à avoir subi des coupes sous Barack Obama) ont diminué le potentiel de sécurité des bases militaires américaines : ces coupes ont été voulues, et même exigées par Barack Obama, contre l’avis du Ministère de la défense, et voir Obama, ou le maire de Washington, attribuer les responsabilités aux Républicains en évoquant le Sequester (coupes dans les dépenses destinées à éviter l’explosion des déficits) relève de la plus vile des politiques politiciennes.

Ce qui est détraqué aux Etats-Unis vient de l’emprise de la gauche sur le secteur de la psychiatrie, sur la police, sur la justice, sur l’armée elle-même. Cela vient de l’impact de tout cela sur les contrôles d’accès à des lieux liés à la défense du pays, cela vient du désarmement des militaires et des coupes dans le budget de l’armée, pourtant crucial.

Aucun remède ne sera, hélas, apporté, tant qu’Obama sera à la Maison Blanche.

Aucun remède ne pourra être apporté tant qu’un diagnostic pertinent n’aura pas été énoncé.

Aucun diagnostic pertinent ne pourra être énoncé tant que les responsables de dysfonctionnements meurtriers qui, hélas, s’accumulent, continueront à s’aveugler sur la réalité.

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