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Publié par Michel Garroté le 24 septembre 2013

 

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Michel Garroté, réd en chef  –-  La victoire du parti d’Angela Merkel aux élections législatives était attendue. Mais son ampleur surprend les commentateurs. Bien plus qu’une victoire, ces élections sont un véritable triomphe pour la chancelière (extraits adaptés ; voir liens vers sources en bas de page).

LA GAUCHE MAUVAISE PERDANTE

On est entré dans l’ère du merkélisme, commente (de façon déplacée et démagogique) la Süddeutsche Zeitung (SZ), un journal de gauche basé à Munich, au lendemain des élections législatives. Quelque 41,5 % des électeurs ont renouvelé leur confiance à la chancelière, dont le parti a frôlé la majorité absolue.

Pour le quotidien de Munich, cette victoire écrasante des démocrates-chrétiens conservateurs en rappelle une autre, celle de l’ancien chancelier Konrad Adenauer, qui avait marqué l’histoire de la République Fédérale d’Allemagne en remportant la majorité absolue au Parlement. « 1957 : apogée du pouvoir d’Adenauer. 2013 : apogée du pouvoir de Merkel », note le quotidien de gauche. Plus de cinquante ans après, la même recette a fonctionné pour son parti, les chrétiens-démocrates de la CDU, commente la SZ.

A Berlin, un autre journal de gauche, proche des écologistes, Die Tageszeitung (TAZ) fait le même constat. Durant la campagne, la chancelière s’est reposée sur la bonne santé économique du pays pour vanter les bienfaits de son dernier mandat. En envoyant aux électeurs le message simple — nous allons bien — la chancelière leur suggérait indirectement : je fais en sorte que cela reste ainsi, observe le quotidien proche des écologistes.

Un message qui a rassuré les électeurs, mais qui révèle surtout le paternalisme doux et l’opportunisme adroit de la chancelière ; en réalité, Angela Merkel poursuit une politique incertaine sans grande ligne directrice, critique la TAZ (mauvaise perdante ne respectant pas le choix des électeurs).

Un autre journal, à Hambourg, sur son site Internet, le site de Die Zeit spécule sur la forme que prendra la nouvelle coalition au pouvoir. La chancelière a fait une véritable démonstration de force lors du scrutin, mais son parti ne pourra gouverner seul.

La CDU a perdu son allié, le FDP (Parti libéral démocrate), fortement sanctionné par les urnes. Avec moins de 5 % des suffrages, le FDP ne siégera pas au Bundestag (Parlement) et doit quitter le gouvernement. Par qui sera-t-il remplacé ? Par les sociaux-démocrates du SPD ou les Verts ? s’interroge le journal de Hambourg.

Die Zeit raconte que le SPD, deuxième force du pays, a séduit un quart de l’électorat et pourrait bien former, comme en 2005, une grande coalition avec la CDU. Mais la chancelière pourrait aussi se tourner vers un allié plus inattendu, les Verts, avec qui elle partage depuis peu l’engagement pour un tournant énergétique du pays.

Quel que soit le choix d’Angela Merkel, conclut Die Zeit, le risque est que le débat politique s’assèche en Allemagne et que les populismes de droite comme de gauche se renforcent aux prochaines élections (mauvaise foi et méchanceté : ce n’est pas parce que le peuple a choisi Angela Merkel que le débat politique « s’assèche » et que les « populismes » se renforcent).

EN ALLEMAGNE IL EXISTE ENCORE UNE PRESSE DE DROITE

« La chérie de l’Allemagne », titre le quotidien Berliner Morgenpost. Le parti chrétien-démocrate conservateur CDU « doit son succès avant tout à la très forte popularité personnelle de la chancelière », souligne le Berliner Morgenpost.

Le Handelsblatt y voit une conséquence directe de la politique européenne menée ces dernières années : « La stratégie du donnant-donnant (de l’aide allemande aux pays européen contre des réformes) a manifestement plu aux électeurs allemands », écrit le Handelsblatt.

Le quotidien Die Welt évoque le « triomphe de Merkel » et écrit qu’elle a gagné « sans son parti ». « Si elle plaît tellement aux Allemands, c’est parce qu’elle fait son travail discrètement, apparemment sans aucun narcissisme et qu’elle n’énerve ni ne dérange les citoyens », écrit Die Welt… (fin des extraits adaptés ; voir ci-dessous liens vers sources).

ANGELA MERKEL EST UNE AMIE D’ISRAEL

Il y a peu, Angela Merkel, a déclaré que la sécurité de l’Etat d’Israël fait partie de l’ethos national de l’Allemagne. Au cours d’une interview qu’elle a accordée au journal allemand Die Welt, Angela Merkel, à propos de la menace nucléaire iranienne envers Israël, a déclaré : « Cela signifie que nous ne serons jamais neutres et qu’Israël peut être certain de notre soutien quand il s’agit d’assurer sa sécurité. C’est la raison pour laquelle j’ai également dit que le soutien de l’Allemagne à la sécurité de l’Etat d’Israël fait partie de notre ethos national, notre raison d’exister ».

Angela Merkel a catégoriquement rejeté l’antisémitisme et l’antisionisme en déclarant : « Pour ceux qui partagent mon avis selon lequel les Juifs en tant que peuple ont droit à l’auto-détermination, le sionisme en tant que mouvement national du peuple juif est l’incarnation suprême de ce droit que ses opposant désirent nier ».

Angela Merkel — à la tête d’un pays qui compte plusieurs millions de musulmans, turcs notamment, dont beaucoup sont devenus allemands et sont donc des électeurs — s’est souvent distinguée par des propos courageux sur Israël, provoquant des réactions parfois haineuses parmi les adeptes du coran.

LE BON SENS ECONOMIQUE D’ANGELA MERKEL

Angela Merkel a toujours déploré – à juste titre – le manque de confiance entre les acteurs de la zone euro. Manque de confiance qui ne peut être résolu qu’en s’attaquant aux racines de la crise, à savoir l’endettement et les écarts de compétitivité, estime Angela Merkel. « Il y a un faux débat qui est apparu opposant la croissance et la rigueur budgétaire ; c’est n’importe quoi », a-t-elle souvent expliqué.

Le danger des propositions précipitées de mutualisation de la dette, ce danger est qu’il occulte les différences objectives de niveau économique entre les pays en nivelant les taux d’emprunt des Etats, a souvent précisé Angela Merkel. « Celui qui occulte cela finit dans la médiocrité. Et la médiocrité ne doit pas devenir l’étalon » de la zone euro, a souvent dit Angela Merkel.

Elle a parfois évoqué – en passant – son voisin français et elle a appelé à observer l’évolution du coût du travail en France et en Allemagne. « Il n’y aura pas de bonne union économique et monétaire sans union politique », a-t-elle rappelé, ajoutant : « Je ne peux pas vouloir des euro-obligations et refuser tout contrôle ». Elle plaide pour un légitime contrôle budgétaire dans la zone euro permettant à la Cour européenne d’invalider des budgets nationaux trop déséquilibrés.

Des politiciens, notamment grecs et français, ont tenus et tiennent encore des propos germanophobes particulièrement insultants et démagogiques à son égard. Angela Merkel a des comptes à rendre à sa coalition gouvernementale, à son Parlement et à ses citoyens. Elle ne peut donc pas rester indéfiniment silencieuse face aux incessantes poussées de germanophobie en cours dans certains pays au demeurant maintenus à flots avec l’argent des contribuables allemands.

Reproduction autorisée avec mention :

© Michel Garroté réd en chef www.dreuz.info

Sources :

http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/2013/09/23/l-entree-dans-l-ere-merkel

http://www.dreuz.info/2013/09/allemagne-victoire-chretienne-democrate/

http://www.dreuz.info/2013/09/angela-merkel-lantisionisme-nest-pas-legitime/

http://www.dreuz.info/2012/06/angela-merkel-souhaite-plus-de-rigueur-et-moins-de-mediocrite/

   

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