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Publié par Guy Millière le 1 octobre 2013

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Quand on imagine qu’Obama ne pourra pas tomber plus bas, Obama, décidément, défie l’imagination.

Après avoir été humilié à New York comme aucun Président américain ne l’a été dans une institution internationale, et après vu Rouhani trouver des choses plus urgentes à faire que de lui accorder la poignée de main qu’il attendait (rencontrer François Hollande, le Président du Pakistan, le Président autrichien, donner un pourboire à son valet de chambre, acheter une carte postale à Times Square), Obama a utilisé son téléphone portable, et après supplications et implorations, Rouhani a daigné lui dire quelques mots. Obama en a été tellement ému qu’il a convoqué une conférence de presse et a dit : « Il a bien voulu me parler et nous avons eu une brève conversation au téléphone ».

La presse américaine et les grands médias du reste du monde continuant à prendre Barack Obama pour le nouveau Messie, ont immédiatement fait des bonds d’enthousiasme sur leur siège, et ont répété aussitôt la grande nouvelle : « Ils se sont parlés ».

Les politiciens européens, qui raisonnent comme on raisonnait du côté de Munich au temps d’Hitler, Chamberlain et Daladier, à moins que ce ne soit comme du côté de Buckingham Palace le jour de l’accouchement de Kate Middleton, ont semblé extatiques. Il ne manque plus que la grande cérémonie : Obama et Rouhani sur une même tribune pour sceller leur union, et la planète entière pourra dire que, vraiment, Allah est grand.

Ce qui est sous-jacent en tout cela a, bien sûr, de quoi faire infiniment moins sourire.

Non seulement Obama se conduit désormais comme un être inférieur à la carpette, niveau auquel je l’avais précédemment ravalé, mais il indique une ligne de conduite et des aspirations politiques.

Après avoir maintenu Assad au pouvoir et cédé la position de puissance régionale tutélaire à la Russie, qui a reçu en cadeau le croissant chiite Téhéran Bagdad Damas Beyrouth, Obama (quelles que soient ses dénégations par ailleurs) indique à Khamenei, le véritable maître de Téhéran, que l’Iran peut accéder à l’arme atomique ou, pour le moins, arriver au seuil de celle-ci, sans que le moindre dirigeant du reste du monde soit autre chose qu’un complice ou un idiot utile.

Obama indique aussi aux dirigeants du monde sunnite que les orientations américaines sont celles-là, et qu’il leur faut chercher ailleurs s’ils veulent disposer d’alliés.

Ce qui est sous-jacent à ce qui se passe est que les groupes djihadistes devraient voir rapidement qui est le « cheval fort » dans la région, voir qu’il s’appelle Poutine, et qu’à côté du cheval fort, il y a Khamenei.

Al Qaida ne sera pas tourné vers des attaques contre la Russie, mais plutôt vers des attaques contre des pays encore alliés des Etats-Unis (ce qu’est le Kenya, par exemple), et les financements d’al Qaida auront Téhéran pour plaque tournante, une fois de plus.

Ce qui est sous-jacent à ce qui se passe est une soumission accrue de l’Europe au cheval fort et à celui qui est à côté du cheval fort (mais la soumission de l’Europe était déjà là).

Ce qui est sous-jacent aussi, est l’isolement d’Israël dans le dossier iranien comme dans le dossier de l’islam radical.

La volonté d’Obama était qu’Israël soit entouré de pays aux mains des Frères musulmans et confronté à un Iran au seuil du nucléaire, ou nucléarisé, et qu’Israël ne puisse en aucun cas frapper l’Iran. Le monde sunnite n’est pas aux mains des Frères musulmans, mais l’Egypte, l’Arabie Saoudite, la Turquie, n’ont plus aucune confiance en les Etats-Unis et se tournent graduellement vers la Russie, et la Chine. L’Iran est au seuil du nucléaire et à même de toucher le seuil et de le franchir. Israël ne peut plus frapper l’Iran : plus après le coup de téléphone Obama Rouhani. Israël aura plus de mal que jamais à parler d’islam radical : la première puissance de l’islam radical mondial (car l’Iran mérite ce titre) est sous l’aile de Poutine et se rapproche d’Obama, qui parle de paix, d’amour, de fleurs et de petits oiseaux (tout en se disant ami d’Israël, cela va de soi).

Israël va être pointé du doigt avec alacrité. C’est d’ailleurs déjà fait. Obama, à l’ONU, dans un geste insultant vis-à-vis de la démocratie israélienne a prétendu parler au nom du peuple israélien, disant que celui-ci est hostile à la colonisation de la « Cisjordanie » et considère qu’Israël ne peut rester démocratique en étant un pays colonisateur. Mahmoud Abbas a parlé comme son ami Barack et a évoqué la « paix », après décolonisation, et la création d’un Etat palestinien dans les « frontières » de 1967, avec Jérusalem Est pour capitale.

Rouhani a évoqué, comme je m’y attendais, une « dénucléarisation d’ensemble du Proche-Orient » devant commencer par la dénucléarisation d’Israël. Dans son appel téléphonique à Rouhani, Obama a, dit la Maison Blanche, employé une expression très proche, parlant de « nécessité d’une solution globale ». Je ne serais pas du tout surpris si une demande de dénucléarisation de la région incriminant Israël était bientôt énoncée aux Nations Unies, avec l’appui (discret) d’Obama, et l’appui, plus marqué, de Rouhani et des dirigeants européens.

Je ne serais pas non plus surpris si la création d’un Etat palestinien tel celui demandé par Mahmoud Abbas était bientôt présentée aux Nations Unies, et je serais surpris, le cas échéant, que Samantha Power soit mandatée pour mettre un veto américain.

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Pour achever d’isoler Israël, Obama a, à l’intérieur es Etats-Unis, agi pour nuire à la crédibilité de l’AIPAC en exigeant de celle-ci qu’elle fasse du lobbying en faveur de frappes américaines contre la Syrie : à un moment où Obama avait déjà renoncé à des frappes contre la Syrie. Aux fins de montrer qu’il a choisi son camp, Obama a envoyé Joe Biden au Congrès de J Street cette année : J Street est une organisation gauchiste créée à l’initiative de soutiens d’Obama pour affaiblir l’AIPAC, et c’est la seule organisation de soutien à Israël à adopter les thèses de Khamenei et de Mahmoud Abbas, en les expurgeant à peine.

La tâche de Binyamin Netanyahou va se révéler très ardue, vraiment très ardue, et je ne doute pas que son discours à New York ce mardi sera un discours d’homme d’Etat.

Obama a rencontré Binyamin Netanyahou ce lundi et a vanté les qualités de son interlocuteur (qui oserait douter de la sincérité d’Obama?).

Il n’en a pas moins trouvé des gens à qui il peut parler avec une arrogance martiale et vindicative : les Républicains du Congrès, sommés de voter le budget exactement comme Obama a décidé qu’il devait être voté. Comme ils ne l’ont pas fait, il y aura fermeture du gouvernement fédéral, et Obama les décrira comme des « anarchistes » destructeurs et des gens d’ « extrême droite », quasiment des assassins. Ce n’est pas comme cela qu’Obama parlerait de terroristes islamiques, non…

Les terroristes islamiques ne sont pas son ennemi principal.

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