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Publié par Michel Garroté le 9 octobre 2013

 

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Michel Garroté, réd en chef  –-  Le Financial Times déplore que pour défendre les librairies indépendantes, les députés français  —  qui ont voté contre le cumul de la gratuité des frais de port et de la remise autorisée de 5% sur le prix unique du livre  —  ont oublié un principe fondamental du commerce : la satisfaction du client.

L’esprit de Pierre Poujade, vaillant défenseur des petits commerçants au cours des années 1950, souffle sur la vie politique française. L’Assemblée nationale a voté cette semaine à l’unanimité une loi interdisant aux concurrents en ligne des libraires d’offrir les frais de livraison à leurs clients, ou plus exactement, de cumuler la gratuité de la livraison et la remise de 5% de la loi Lang sur le prix unique du livre. Cette mesure s’inscrit dans un combat plus ambitieux destiné à préserver les symboles de la culture française comme la librairie de quartier.

Et c’est avec les mêmes intentions que les législateurs défendent bec et ongles la pureté de la langue française ou les quotas de films en langue française. Qu’un gouvernement prenne des mesures quand la dérégulation du marché est sur le point de mettre en péril un équilibre social vers lequel un pays aspire est parfaitement légitime.

Si cette loi conduit les plus pingres des amateurs de livres à pousser les portes des petites librairies au lieu de satisfaire leurs caprices littéraires en quelques clics, ça pourrait certes permettre à certaines librairies en difficulté de remonter la pente. Mais cette exception culturelle a beau se comprendre dans un certain contexte, cette loi montre également l’ineptie de l’interventionnisme de l’Etat.

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Au lieu de subventionner les petites boutiques, les députés ont préféré pénaliser leurs concurrents en ligne. Ce soutien indirect va-t-il vraiment encourager les clients à se rendre dans les magasins du centre-ville ? Cela reste à prouver.

Cette mesure devrait au contraire faire gonfler les profits des vendeurs en ligne, puisque les bibliophiles vont probablement continuer à préférer le confort de la vente par Internet. Les milieux d’affaires reprochent souvent aux gouvernements de préférer miser sur les gagnants au lieu de mener une véritable politique industrielle. Mais ici, la France a apparemment misé sur le mauvais cheval. Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture, a reconnu que cette loi visait surtout Amazon, le géant de la vente en ligne.

Et rappelons qu’il y a quelques mois le président François Hollande avait réussi à racketter Google de 60 millions d’euros au profit de la presse française, en le menaçant de tout un arsenal de lois répressives si le moteur de recherches américain ne s’exécutait pas. Les commerces prospèrent parce qu’ils donnent entière satisfaction à leurs clients, et non parce les dirigeants politiques poussent les clients à entrer chez eux.

Reproduction autorisée avec mention :

M. Garroté réd chef www.dreuz.info

Et sources :

http://www.ft.com/intl/cms/s/0/3c173108-2c3a-11e3-acf4-00144feab7de.html#axzz1sI728srl

http://www.courrierinternational.com/article/2013/10/08/loi-anti-amazon-le-retour-de-poujade

   

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