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Publié par Gilles William Goldnadel le 15 octobre 2013

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Incident « sex.iste » à l’Assemblée Nationale : un député UMP et aviné se moque d’une de ses vertes collègues.

Est-il permis, dans ce concert de protestations, de considérer qu’on a peut-être fait de l’événement, certes répréhensible, un tintamarre excessif et disproportionné ?

Méritait-il vraiment d’être la première nouvelle d’une édition de France Info du jeudi ou un éditorial du Monde ?

Toujours plus loin dans le questionnement iconoclaste, est-on bien sûr qu’il s’agisse de sexisme ?

Moi je vois assez bien mon député agriculteur alcoolisé du Morbihan qui a fait cot cot cot codec, pousser un cocorico sonore, ou encore, pourquoi, pas, braire un magnifique hi han pour couvrir les propos d’un mâle parlementaire.

Et pour relativiser un peu le concert d’indignations de la gauche féministe outragée, je relirais volontiers le Journal Officiel de l’Assemblée Nationale daté de 14 janvier 1998 : pour moquer les propos de Madame Boutin contestant le projet du PACS, Monsieur Jean Glavany du PS cria de sa voix de stentor -qui rime avec butor- un: « Boutin hystérique ! »

Quant à un autre de ses collègues, on l’entendit pousser un : « Boutin dehors ! » fort sonore. C’était Claude Bartolone. Il n’était pas encore Président de l’Assemblée Nationale.

Sous la double pression de la « droitisation » des opinions européennes et de ce que la droite française la plus radicale soit depuis longtemps réduite à la marginalité, la gauche bien pensante se trouve dans l’obligation de redéfinir l’extrême droite.

Jusqu’à peu, on représentait justement l’extrémiste de droite comme un antisémite et un raciste assez vulgaire se régalant de « youpin » et de « melon » à son petit déjeuner, moquant le physique et le patronyme de ses contradicteurs, ayant autant le gout de la violence que le dégout de la « démocrassouille ».

La semaine dernière dans le cadre d’un éditorial, Le Monde s’est livré à une hasardeuse définition nouvelle. Entrerait dans la catégorie disqualifiante, à l’en croire, celui qui (on ne sait si les critères sont cumulatifs) :

  • « stigmatiserait »l’immigration (et non les immigrés)
  • contesterait l’Europe politique
  • serait partisan de la peine de mort…

Autrement dit, auraient une bonne chance d’entrer dans le club des fachos, le républicain excédé par le non respect des lois sur les flux migratoires, un militant de la gauche souverainiste, et un sympathisant du parti démocrate américain favorable à une utilisation tempérée de la peine capitale.

A abaisser encore la barre du politiquement admissible, on pense sans doute ainsi obliger les craintifs à bien courber l’échine pour ne pas se cogner le bas du front.

Mais il se pourrait aussi que les moins complexés, toujours plus nombreux, sautent allégrement par-dessus la barrière.

A voir ce gouvernement, déjà largement discrédité, s’entêter à vouloir imposer une nouvelle loi Taubira, envers et contre presque tous, on ne peut que conjecturer à imaginer les étranges sentiments qui l’animent.

Seraient-ce les reliefs de l’arrogance intellectuelle d’une gauche qui s’enorgueillirait encore de penser contre le sens commun ?

Dans ce cas madame la gauche est servie : un récent sondage laisse à penser que 75% des français -qui ne sont peut-être pas tous moins intelligents que Madame Taubira- considèrent que son projet de réforme est mauvais.

Mais la garde des Sceaux est bien au-dessus de tous ceux là, puisqu’elle a préféré s’en remettre à une fantasmagorique « Conférence de consensus » tellement consensuelle que n’y ont été invités à y débattre, que ceux qui pensaient comme sa promotrice, ancienne responsable du Syndicat de la Magistrature, Madame Maestracci, aujourd’hui locataire d’un bureau Place Vendôme.

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Il se pourrait cependant, allez savoir, que cette majorité de français réticents aient la préscience, sans être experts en procédure, de ce que la réforme aggrave de manière sinistre un paysage pénal déjà fort sinistré.

L’argument de vente de Madame Taubira est simple :

1. les prisons sont pleines à craquer,

2. la situation actuelle ne résout pas le problème de la délinquance.

Mais en réalité les français ont compris que le propos relevait du boniment.

1. les prisons françaises sont pleines tout simplement parce qu’elles offrent globalement la moitié de la capacité des prisons européennes. Pour toute réponse, la ministre de gauche, soudainement économe, brandit la cherté carcérale. Or, rien n’est plus cher pour une société que le coût, direct et indirect, de sa criminalité.

2. Il n’y a pas de solution miracle contre la délinquance et il est vrai que les solutions employées par une droite, hier encore complexée -donc soumise à la tyrannie intellectuelle gauchisante- n’ont pas été très convaincantes. Mais les français comprennent que ce n’est certainement pas une raison pour donner tête baissée dans la fuite en avant laxiste.

Ce que tous les français ne savent pas mais devinent, c’est que la fameuse probation préconisée par Madame Taubira n’est en réalité que l’aggravation d’une politique pénale déjà responsable de l’enhardissement des délinquants récidivistes les plus dangereux.

Ceux qui ont déjà commis de nombreux délits, sans n’avoir jamais été emprisonnés et qui, lorsqu’enfin une peine théoriquement privative de liberté leur est notifiée sous le bénéfice du sursis, ne leur est toujours pas appliquée en dépit de la violation de celui-ci.

C’est ce sursis-épée de Damoclès, déjà largement émoussé, que Madame Taubira voudrait transformer en sabre de bois en soumettant celui-ci àl’examen d’une nouvelle instance.

Comment ne pas prévoir que cet avertissement en papier mâché sera considéré comme une farce encore plus désopilante dans les cités des crimes et délits ?

Ce que ne savent pas les français, parce qu’on se garde bien de leur dire, c’est qu’aux Etats-Unis où on ne badine pas -jusqu’à l’excès- avec l’incarcération, de 1993 à nos jours, les homicides, les violences aux personnes et les atteintes aux biens, ont été divisés par deux…

Tandis qu’en France, les violences ont été multipliées par deux en vingt ans selon les statistiques de la police et de la gendarmerie.

Ces simples données croisées devraient conduire un esprit libre et lucide à se faire churchillien : la prison est bien la pire des sanctions àl’exception de toutes les autres.

Et si, inconsciemment, le gouvernement actuel n’était guidé que par une pulsion suicidaire tant pour lui-même que pour la société française ?

Or donc, Mr Hollande, comme il était à prévoir, s’est refusé à choisir entre Madame Taubira et Monsieur Valls, autrement dit, entre de la carpe et du lapin.

Les commentateurs les plus indulgents y ont vu la preuve de son habileté, un peu ficelle, à marier les contraires pour le plus grand profit de son gouvernement. Voire.

Les français ne sont plus dupes de l’impossibilité génétique de croiser un poisson d’eau douce et un rongeur omnivore, sauf à obtenir une monstrueuse chimère.

Je prévois donc assez vite qu’ils ne gardent sur l’estomac ce bouillon de culture de l’excuse aigre-doux ou ce chaud-froid de poulet qui mijotent depuis trop longtemps dans les marmites élyséennes.

Si je ne le dis pas, alors qui va le dire ?

Bedos traite Nadine Morano de salope : nul sex.isme, pas de vociférations, ni d’éditoriaux indignés. Rien que de l’humour délicatement progressiste au douzième degré.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation de Valeurs actuelles

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