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Publié par Hervé Roubaix le 21 octobre 2013

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Pour les Français fatigués de l’idéologie qui fait des victimes des bourreaux, et des coupables des victimes, le journaliste Clément Weill Raynal a révélé le mur des cons, le mur de la honte, et il est devenu un héros.

Il a pris les juges rouges la main dans le sac, dans un sac ignoble, car ils ont accroché sur leur mur à la con les photos de parents dont les filles ont été violées.

Et il vient de publier chez Plon un livre, Le fusillé du Mur des cons*, qui se dévore comme un roman d’espionnage pendant la guerre froide. Sauf que ce n’est pas un roman et nous ne sommes pas derrière le mur de Berlin mais celui des cons.

Parlant des syndicats de journalistes, Weill Raynal dépeint une atmosphère étouffante de délation et de goulag digne de la Russie Soviétique. Si je n’avais pas suivi l’affaire de très près, je jurerai qu’il exagère, comme pour dégonfler la pression. Mais il n’exagère pas.

Une haine mal dissimulée et paranoïaque

Dans le livre, Weill Raynal établit un parallèle avec les procès de Moscou, avec ce qui se pratiquait derrière le rideau de fer, et il montre à quel point les syndicats qui ont monté cette campagne contre lui sont tombés dans un délire alimenté par une haine mal dissimulée et paranoïaque.

Pour avoir simplement révélé l’existence de ce mur des cons, Weill Raynal a subi en coulisse un procès de Moscou mené par deux syndicats de journalistes, la CGT et le Syndicat national des journalistes. Il suffit de relire les tracts qui ont été publiés par ces deux organisations syndicales, et qu’il détaille dans son livre, pour réaliser le niveau de délire auquel le journaliste a été exposé. On l’a accusé tour à tour d’être « l’ennemi du peuple », « le journaliste félon », « le reporter anti-déontologie » : un vrai délire !

Cette fois, on va se le faire

Suite à l’interrogatoire que Weill Raynal a subi devant la machine à café, au bureau de FR3, le jour où tout a basculé, le bon camarade CGT qui le surveillait de loin a eu cette phrase : « cette fois, on va se le faire ! », qui en dit long sur les envies de vengeance et l’ambiance nauséabonde que peut faire régner un syndicat dans l’entreprise d’Etat.

Le contentieux, ce n’est un secret pour personne, est que les syndicat de journalistes avaient décidé d’avoir sa peau, car Clément Weill Raynal est à leurs yeux un journaliste sioniste, pro-israélien, et pour eux c’est déjà trop.

Dans le cadre de l’affaire al Dura, il a même été l’objet d’un traquenard judiciaire, d’une cabale qui a duré cinq ans, et qui était manifestement organisée depuis Paris et pilotée en sous-mains par certains syndicats de journalistes.

Et il a gagné son procès !

L’affaire al Dura a tourné à l’aigreur pour ses commanditaires, et si les médias étaient très bavards pour assurer la publicité de la décision de première instance qui leur donnait raison, ils furent beaucoup plus discrets pour rappeler qu’en cassation, les menteurs al Dura et Enderlin ont été envoyés dans les cordes, car les cicatrices que le père al Dura présentait en guise de toute preuve de la fusillade de 2000 se sont révélées aussi inventées que l’affaire.

Weill Raynal a donc gagné son procès, mais l’affaire permet de mesurer que certains syndicats de journalistes connus pour leurs positions staliniennes ne reculent devant rien, y compris l’instrumentalisation de la justice, pour essayer d’intimider un de leurs confrères et museler la liberté d’expression.

Un climat d’intimidation au sein de la rédaction de FR3

Pourtant, dans son livre, Weill Raynal explique que les conditions de travail à FR3 respectent l’indépendance des journalistes et leur liberté de parole. Cela semble, vu de l’extérieur, incompatible. En fait, Weill Raynal rend hommage à la direction de FR3 qui doit résister à certains syndicats qui prétendent représenter les journalistes, alors qu’ils ne sont en fait que très minoritaires, et qui essaient de faire régner un climat d’intimidation au sein de la rédaction – pour ne pas dire plus.

Ayant résisté à l’intimidation, Weill Raynal démontre qu’il est possible, au sein des rédactions du service public qui n’ont pas de ligne éditoriale parce qu’elles sont astreintes à un principe de neutralité, d’effectuer son travail dans un cadre très libre. A condition de résister à l’intimidation…

Ce qui pose tout de même le problème de l’action de certains syndicalistes qui considèrent que « hors du syndicat point de salut », « hors de notre ligne point de salut » et qui dévoient le syndicalisme pour imposer une ligne politique à la rédaction de FR3. Et, nous le découvrons dans le livre, ils ne reculent devant aucune méthode, aucune sournoiserie, aucune bassesse.

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En moi-même, je songe, alors que j’écris ces mots, à ma propre expérience la fois ou je suis passé devant un conseil de discipline. Mes « juges » étaient assis en demi rond, et ils m’ont imposé de rester debout. Je leur ai alors lancé que si je reste debout, tout le monde serait debout, et je leur ai donné l’ordre de se lever. On m’a ainsi apporté une chaise. Mais le ton de la personne qui m’a posé la première question me manquait tellement de respect que je lui ai passé un savon dont il se souvient probablement encore. Le reste de la séance s’est passé dans une ambiance beaucoup plus digne, et je n’ai reçu aucune sanction. Mais j’ai immédiatement démissionné à la surprise du conseil qui pensait me faire une fleur en me gardant.

Tout cela n’est qu’une banale histoire de rapports de forces, de dominants à dominés. Car au fond, il n’y a aucun risque objectif à ne pas se plier à leur chantage, et Weill Raynal l’a démontré.

En revanche, céder aux pressions est le moyen le plus sûr d’affronter un vrai risque : laisser s’instaurer au sein des rédactions un climat et des pratiques qui n’ont rien à voir avec la démocratie et la liberté de l’information à laquelle aspire tout journaliste au début de sa carrière, et cela n’incite pas les esprits libres et indépendants à se manifester.

Weill Raynal a donc fait son métier. Et de journaliste, et de citoyen.

Il explique avoir vécu la sanction que les syndicats ont réclamé contre lui comme une injustice, mais pas comme un déshonneur. Le public lui a donné raison et l’a remercié d’avoir porté à sa connaissance l’existence du mur des cons. Il est considéré comme un héros, y compris sur des sites plus à gauche où l’on ne s’attendrait pas à ce que les gens soient tendres d’avoir mis en lumière la politisation du syndicat de la magistrature. A l’inverse, quand l’affaire a été connue, le Syndicat a perdu un tiers de ses adhérents, et les syndicalistes qui se sont acharnés contre Clément Weill Raynal rasent les murs : leurs collègues savent qui se trouve dans le camp du déshonneur.

Merci Clément Weill Raynal.

Je le dis : achetez le livre, car le mur des cons soulève des questions qui n’ont pas fini de secouer les fondements de la démocratie.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Hervé Roubaix pour Dreuz.info.

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