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Publié par Guy Millière le 22 octobre 2013

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Je ne me réjouis pas du déclin de la France. Je le constate sans chercher à détourner le regard.

Je constate que ce déclin est généralisé.

Il est politique : le poids de la France à l’échelle internationale est devenu dérisoire, et tout ce qui reste à ce pays (à de rares exceptions près) est d’avoir des dirigeants qui prennent des poses arrogantes et vaines.

Sur un plan intérieur, la crédibilité du discours de gauche est en chute libre, ce que reflète la cote de popularité de François Hollande (quelques mois encore à ce rythme et elle tombera en dessous de zéro), et la crédibilité de la droite est à peine plus élevée.

Ce déclin est culturel : il y a, hélas, des décennies que la France ne compte plus guère dans la culture planétaire, et y apporte seulement des fragments d’un prêt-à-penser conformiste détrempé de socialisme rance.

Ce déclin est social : la France est rongée par une paupérisation qui touche désormais une personne sur dix, par un chômage bien plus élevé que ce qu’indiquent les statistiques officielles, par l’extension constante des zones de non-droit, le laxisme de la justice, une fiscalité de plus en plus asphyxiante qui fait fuir et dissuade ceux qui voudraient entreprendre et ne remplit plus les caisses de l’État désormais davantage que vides, alors que le nombre de ceux qui sont condamnés à tendre leur sébile devient de plus en plus élevé.

Ce déclin est économique, bien sûr, et le déclin économique est celui qui rassemble tous les autres déclins : comment une économie pourrait-elle créer de la croissance si les dirigeants politiques semblent ne rien comprendre à l’économie (la gauche) ou réagir de manière pusillanime (la droite) ? Comment pourrait-elle être dynamique si la culture ambiante est asthénique et a l’encéphalogramme plat ? Comment pourrait-elle sortir de l’ornière, alors que pauvreté et chômage entraînent du désespoir et de la marginalisation, que les zones de non-droit et la justice créent un contexte d’insécurité croissante (dissimulée sous les subterfuges, comme le chômage), que la fiscalité est devenue absolument contre-productive, que les déficits se creusent et que les systèmes de redistribution sont en situation de banqueroute (comme c’était prévisible depuis longtemps, puisque la phrase de Margaret Thatcher reste pertinente : il vient toujours un moment dans la redistribution où vous ne pouvez plus redistribuer l’argent des autres, parce qu’ils n’en ont plus ou l’ont mis ailleurs) ?

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Je ne me réjouis pas du déclin de la France, non. Je le constate. Je le déplore. Il me consterne et il m’attriste.

Ce qui m’attriste le plus est qu’il me semble qu’il existe désormais un syndrome français. Un ensemble de maladies de l’âme, de la société et des esprits qui fait que les blocages en ce pays s’encastrent dans les blocages, que les scléroses s’ajoutent aux scléroses, et que les cécités s’ajoutent aux cécités.

Je regarde fort peu la télévision française : l’un des avantages du haut débit et des satellites est la possibilité de recevoir des chaînes du reste du monde. Quand je regarde la télévision française, il m’arrive parfois de tomber sur des discours pertinents (il y a, sur BFM Télévision, des chroniqueurs qui comprennent l’économie, la politique et le monde), mais, le plus souvent, j’hésite entre l’envie de rire et celle de pleurer.

Un certain Alexandre Jardin, ces temps derniers, tient un discours incantatoire et creux en appelant à un sursaut. Sur quelle base ? Il semble l’ignorer lui-même et penser que les incantations et les appels à l’« esprit français » suffiront. Arnaud Montebourg, qui semble ne pas en vouloir à ceux qui l’ont affublé du titre ridicule de ministre chargé du « redressement productif », s’agite au service du « made in France », déploie des « commissaires », élabore des plans et des projets. Il semble se croire en 1950. Il semble ne rien savoir de la mondialisation complexe dans laquelle nous sommes, des règles qui régissent l’ère post-industrielle et le post-capitalisme…

Pathétique. Consternant. Reste-t-il quelque chose ou quelqu’un pour sauver ce pays ? J’aimerais le penser. Il m’arrive d’en douter.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour Dreuz.info.

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