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Publié par Gilles William Goldnadel le 5 novembre 2013

Goldnadel

On aura beaucoup glosé cette semaine dans les gazettes du royaume de France pour savoir si la révolte des bonnets rouges bretons préfigure le nouveau grand soir. Autrement dit, si 1675 annonce l’imminence de 1789.

Poser ainsi cette question de politique fiction, contre l’évidence arithmétique, c’est évidemment inciter à répondre par la négative. Mais c’est oublier, ce faisant, quelques différences psychologiques qui invitent à la prudence.

En 1675, les torreben (littéralement « casse-têtes ») excédés avaient face à eux le Roi-Soleil et ses dragons.

En 2013, les provinciaux abandonnés, déboussolés, acculturés, rançonnés, ulcérés par les petits marquis du Paris politique et médiatique ont en face d’eux François de Hollande.

Il y a certes, du Louis et du bourbon dans la personne du monarque républicain, mais davantage du malheureux seizième du nom, que du fils d’Anne d’Autriche.

Tout, sans médire ni maudire, y fait songer en pire : sa gentille bonhomie, sa rondeur enveloppante, sa simplicité très normale, sa démarche incertaine, ses tergiversations, ses atermoiements, ses roueries avec de grosses ficelles, son aristocratie de privilégiés qui le moquent ou le trahissent impunément, son clergé dédaigneux excommuniant l’hérétique, ses fermiers généraux rançonneurs. Tout, jusqu’à sa souveraine indocile et gaffeuse.

Rappelons cependant que le roi serrurier, voyant venir les nuées, ne voulait pas régner.

François le corrézien, pour une couronne, fit des pieds et des mains. Avait-il toute sa tête ?

J’avoue. Le 344e  salaud : c’est moi. Je m’en vais signer la pétition « touche pas à ma pute ! ».

Davantage encore aujourd’hui qu’hier. Depuis que les chaisières du féminisme gauchisant et les Javert du socialisme dénonciateur ont sonné le tocsin et la charge anti réactionnaire.

Depuis aussi que Bedos le jeune a quitté la barque dès le premier coup de semonce, prétextant qu’il pensait avoir signé en compagnie de mère Teresa et de Mgr Gaillot et non de père Basile et de frère Ivan.

Croyez-vous que ces petits Messieurs et ces grandes dames ont voulu discuter le fond de la harangue honnie d’Élisabeth Lévy ? Que nenni.

La plupart des cerbères aboyeurs n’osent reprendre à leur compte les propos hallucinés de Mme Vallaut-Belkacem voulant éradiquer la prostitution. Pas davantage, la meute -pourtant largement tirant à gauche- ne soutient la proposition socialiste de pénaliser les clients.

Me vautrant plus loin dans la fange et le stupre que mes 343 autres compagnons d’opprobre, je soutiens que la prostitution n’est pas un mal nécessaire mais une salutaire nécessité, lorsqu’elle est librement acceptée par la (ou le, curieusement oublié) prostitué(e).

Je pense, avant tout, aux disgracieux, aux mal foutus, aux solitaires, aux timides, aux laissés-pour-compte, aux véritables victimes de la cruelle indifférence, qui ont bien le droit, eux aussi, de temps en temps, à un peu de chaleur humaine, pour autant qu’elle soit proposée sans contrainte ni violence.

Je crois, pour avoir défendu quelques « proxos » pacifiques, avec l’accord de leurs libres partenaires, en savoir sur ce chapitre, un peu plus que ces dames aux chapeaux verts ou rouges.

Mais non, c’est pour la forme et la frime, que l’on veut coller au poteau les 19 insoumis : pêle-mêle : parce que le texte serait « mal écrit », par des hommes, par des clients putatifs et non des putes, parce que, sacrilège, il profanerait par le pastiche, les pieux souvenirs du manifeste des salopes ou la sainte relique de la jaune menotte de « touche pas à mon pote ».

Parce que sans doute aussi, le mode pétitionnaire, comme la manif, n’est pas pour tous, mais seulement pour certains.

Enfin, et surtout, parce que ce texte serait celui des « beaufs »

Alors que j’allais me hasarder à quelque spéculation intellectuelle pour dénoncer qui l’on cachait derrière cette beaufitude abhorrée, voilà la responsable « d’Osons le féminisme ! », flétrissant la pétition « abjecte » (le Figaro-Madame), qui nous les sert sur un plateau.

J’avais bien deviné : les beaufs, ce sont les « mâles blancs de plus de 50 ans ». C’est dans cette race infâme, dans ce mal blanc purulent à évider, qu’on trouve les tortionnaires virils des pauvres filles de joie.

Salauds de blancs. Moi qui pensais, que les bancs de maquereaux violents, d’organisateurs de tournantes, de harengs esclavagistes de la traite de chair humaine n’étaient pas pêchés dans les viviers du Couchant.

Mais la féministe distraite aura oublié dans sa description de l’ignominie masculine occidentale déclinante une condition aggravante : l’hétérosexualité.

Raison pourquoi, M. Pierre Bergé, ne reçut pas autant de bois vert à la volée, lorsqu’il asséna que le ventre des femmes pouvait être loué aux fins de procréation artificielle, comme toute autre marchandise…

Nous sommes tous des michetons bretons.

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Si je ne le dis pas, alors qui va le dire ?

Deux reporters de RFI assassinés au Mali. Les journalistes parlent enfin de « barbarie » et de « sauvagerie ». Oui. L’an dernier, dans d’autres colonnes, je m’étais étonné de l’étonnement hautain de certains médias français, à la suite d’une campagne d’affichage dans le métro new-yorkais qualifiant les djihadistes de« sauvages ». La civilisation des hommes justes, c’est aussi la capacité de détester la haine.

Au-delà de la maladroite bourde commise par Marine Le Pen, un vrai problème est posé : pourquoi continuer à payer rançon en douce ? La presse commence, enfin, à se demander si les exemples de fermeté anglaise ou de brutalité russe ne devraient pas être suivis, précisément pour rendre nos ressortissants moins attrayants. Les journalistes devraient pousser encore plus loin la réflexion jusqu’à remettre en question la légitimité des grand-messes médiatiques de retrouvailles au cours desquelles les responsables politiques s’attribuent sans mérite particulier les beaux rôles. D’autant que la vérité oblige à écrire que les otages ne sont pas des héros à célébrer mais des victimes à consoler et à laisser en paix.

Dans ce contexte, la décision du gouvernement israélien de libérer, à nouveau, 26 terroristes (ou« prisonniers » comme l’écrivent, de manière plus euphémique, les médias hexagonaux) est discutable et a été discutée avec amertume, notamment par les parents des victimes.

Dans le même temps, le même gouvernement prenait la décision d’autoriser la construction de nouveaux logements à Jérusalem. Au-delà du caractère politiquement discutable de la mesure, les mêmes médias hexagonaux ont utilisé sans parcimonie particulière le terme de « colonies ».

Je ne me lasserai jamais de constater que ceux qui n’hésitent pas à qualifier de colons, des Juifs en Judée, trouveraient abject de qualifier identiquement des Arabes sans-papiers en notre Ile de France.

Dimanche, devant des écoliers iraniens, l’ayatollah Khamenei a qualifié Israël « d’État illégitime et bâtard ». Celui-ci est le guide spirituel de ce président Rohani que M. Obama, décidément au meilleur de sa forme, considère désormais comme « modéré », sans pour autant qu’il ait fait la moindre concession dans le domaine du nucléaire militaire.

Nombre de commentateurs européens ont pris pour argent comptant l’opinion d’un président si démonétisé dans son pays que, cette semaine, le magazine Forbes le rétrograde désormais derrière Poutine parmi les présidents influents.

C’est beau la confiance.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation de Valeurs actuelles

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