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Publié par Hervé Roubaix le 25 novembre 2013

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Les électeurs suisses ont dit « non » à l’initiative 1 :12, proposée par la Jeunesse socialiste suisse, qui se ramasse une claque historique.

65.3% des Suisses ont rejeté cette proposition dont nous avons anticipé hier le rejet, et qui voulait qu’aucun employé d’une entreprise ne puisse gagner moins en un an que ce que gagne le dirigeant en un mois.

Le texte voulait tourner les projecteurs sur les salaires exorbitants des patrons de multinationales installées en Suisse, qui se chiffrent à des dizaines de millions de francs suisses et sont régulièrement dénoncés par la gauche comme immoraux. Les Suisses ont considéré que finalement, non, ces salaires exorbitants ne sont pas immoraux, bien au contraire (il faut noter qu’aucun canton n’a voté pour, mais que les plus gros scores de oui se situent près de la France)

« Nous ne sommes pas parvenus à persuader le peuple que l’escroquerie pratiquée dans les cercles de direction des entreprises devait prendre fin », a déclaré le président des Jeunes socialistes suisses, David Roth, à l’origine de se projet, qui décidement semble manquer de matière grise pour comprendre que le peuple conteste tout simplement qu’il y a escroquerie.

En ces temps où les idées collectivistes et de répartition des richesses semblent être l’étalon pour mesurer les Droits de l’homme – en contradiction totale avec la souveraine protection du patrimoine de chacun garanti par ces mêmes Droits de l’homme, et du devoir moral de laisser chacun profiter du fruit de son travail, les Suisses illuminent de leur bon sens l’Europe de l’ouest assombrie par la nomenklatura de gauche.

Ce sont les bons résultats économiques de la Suisse que veulent détruire les Socialistes. Et ils s’acharnent. Ils voudraient même, un comble quand on regarde le naufrage en cours, faire adhérer la Suisse à l’UE.

Les Suisses ne se sont pas laissés berner. Les Français peuvent prendre des leçons – si c’est encore possible, car je vous mets mon chapeau qu’aux prochaines élections, ils vont élire un candidat collectiviste qui aurai l’étiquette FN ou UMP ou PS, et ils ne comprendront pas pourquoi leurs niveau de vie continue de baisser. Alors ils continueront d’accuser tour à tour la mondialisation, l’ultra-libéralisme, le capitalisme, la finance, la perte de souveraineté par leur monnaie, la concurrence déloyale des pays à bas salaires, ou je ne sais encore quel chimérique bouc émissaire, au lieu de se demander pourquoi, juste sous leur nez, leurs voisins suisses, se portent si bien.

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Selon «24 Heures» et «La Tribune de Genève», le Parti socialiste s’est tiré une balle dans le pied, en proposant ce vote. Son échec «laisse la gauche et les syndicats bien mal en point», indiquent ces médias – qui ne sont pas de Droite loin s’en faut. Ils ajoutent que «la large victoire de la droite lui offre un avantage imparable à l’heure d’entamer la campagne autrement plus importante du salaire minimum» : Le PS veut faire voter un salaire minimum d’environ 3300 euros pour 42 heures de travail.

Ce que ni 24 Heures, ni La Tribune de Genève, ni les médias français qui commentent ce rejet en cachant à peine que, pour eux, les Suisses, décidément, sont toujours socialement arriérés, ne se donnent la peine de préciser, est que la bonne santé de la Suisse, son absence de chômage, son niveau de vie, et le degré élevé de bien-être de sa population (6e au monde selon l’indice Gallup), s’expliquent par un concept simple auquel la France n’a jamais gouté : la libre entreprise, c’est à dire la limitation de l’Etat dans la marche des entreprises.

Chez Novartis, l’écart de salaire est de 1 à 266. Au Crédit Suisse, le patron touche 72 millions d’euros, soit 1.812 fois plus que le plus petit salarié de la banque. Mais les Suisses, qui comprennent l’économie dans sa dimension globale, ont vite réalisé que toute intervention plomberait la compétitivité de la Suisse que veulent les socialistes, afin de transformer le système en un pays d’assistés par l’Etat – et se fabriquer ainsi un énorme réservoir d’électeurs captifs, comme en France.

Surtout, il ne se sont pas laissés berner par un faux débat moral. «Les hauts salaires sont essentiels pour attirer les bons PDG », déclarait la semaine dernière le président de l’Usam, Jean-François Rime. Et un bon PDG, c’est une entreprise compétitive, bien gérée, qui produit de la richesse, fournit du travail et enrichit la collectivité. Autrement dit, un PDG payé 14 millions d’euros, c’est une excellente affaire pour toute la population Suisse, et non une intolérable injustice. Et si le vote s’était soldé par un encadrement des hauts salaires, « ils n’auront pas d’état d’âme à partir» et cela pèserait sur la croissance, sur l’emploi, et les recettes des impôts diminueraient.

Dans le même temps, de l’autre coté d’une frontière qui arrête le bon sens, le premier ministre va encore augmenter les impôts sous le couvert d’une « remise à plat ». Un sondage affirme que 50% des Français redoutent une hausse d’impôts. C’est oublier un peu vite que seule 50% de la population paie des impots. Ceux qui ne craignent pas de hausse sont ceux qui n’en payent pas…

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Hervé Roubaix pour Dreuz.info.

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