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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 26 novembre 2013

Depuis que nous évoquions, il y a quelques jours, le sort des musulmans d’Angola, en passe de voir leur religion interdite, leurs mosquées détruites, dans ce pays majoritairement chrétien, la polémique a enflamé les sites islamiques.

La fachosphère islamique s’est émue au point qu’un diplomate angolais, selon International Business Times, aurait apporté un démenti.

Nous avons retrouvé le communiqué, et le « démenti »…

Premier constat, le démenti ne vient pas d’un ambassadeur, comme le rapporte la fachosphère islamique, mais d’un « officiel » – terme vague s’il en est – de l’Ambassade d’Angola à Washington, D.C.

Second constat, « l’officiel » en question a refusé d’être identifié car le sujet est « sensible », a-t-il déclaré à IBT. L’information a fait le tour du net mondial durant le week end, elle a été reprise par des médias anglo-saxons sérieux (Dreuz a été l’un des seuls à en parler parmi les médias francophones), et c’est un anonyme qui s’exprime ?

Sensible le sujet l’est sans aucun doute, mais dans quel sens ? Si l’Angola veut mettre fin à ce qui aurait pu être une rumeur à laquelle des médias sérieux se seraient laissé prendre – ce ne sera pas la dernière fois et l’AFP, Reuters et d’autres n’y ont pas échappé – ce n’est pas un « officiel » anonyme, mais un officiel identifié qui aurait apporté le démenti considéré comme essentiel.

Troisième constat, un second « officiel » de l’Ambassade – toujours anonyme décidément – aurait apporté à IBT une confirmation qui en fait n’en est pas une. Loin de déclarer que l’information n’est pas exacte, il a précisé que les diplomates à Washington ne sont pas informés d’une telle interdiction de l’islam en Angola. « Pour le moment, nous n’avons aucune information sur ce sujet », a expliqué l’officiel au journaliste d’IBTimes par téléphone hier lundi. “Nous avons lu l’information sur internet comme tout le monde. Nous n’avons reçu aucune note officielle indiquant si l’information est réelle ».

Quatrième constat : pour démonter l’imposture, les islamistes avancent que la photo de la mosquée détruite, reprise dans un grand nombre d’articles publiés ce week end ne vient pas d’Angola, et qu’elle date de 2003. Ils ont parfaitement raison. On retrouve des traces de cette photo dans un article de 2003 :

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Une image de 2003

Est-ce pour autant la preuve que l’information dans son ensemble est un hoax ? Les sites internet font constamment appel à Google image pour illustrer leurs articles. La plupart du temps, les images collent. Quelques fois, et parce que l’information va vite, une image qui correspond à un autre évènement est à tort utilisée. Et le reste du temps, lorsqu’aucune image n’est disponible, nous recherchons une image approchant. C’est le cas de cette image d’illustration, qui ne correspond en effet pas à la destruction de minarets en Angola.

Cinquième constat : sur le site du journal angolais O Pais (en portuguais donc), un article publié hier 25 novembre dont le titre, l’Islam a déjà 60 mosquées fermées, indique : «Nos frères viennent de m’informer que leur lieu de prière à Huambo a également été fermée ce matin, comme cela s’est produit dans d’autres provinces au cours des dernières mois », a déclaré  David Alberto Já, responsable de la communauté musulmane en Angola, ajoutant qu’avec la fermeture de cette mosquée, la plupart des mosquées ont été fermées sans information préalable des autorités.

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Il ajoute que «malheureusement cela a été la pratique courante des autorités compétentes. Ils ne préviennent pas les dirigeants de mosquées, ils envoient la police, et ordonnent la fermeture », créant un malaise au sein des fidèles.

Selon David Alberto Já, chef spirituel islamique, les autorités angolaises ont déjà fermé des mosquées près de Lunda Nord et Lunda sud, Moxico, Bie, Cuando Cubango, Huila, Cunene, Namibe et au Zaïre, et il rappelle que ces fermetures sont illégales. « Aucun d’entre nous n’a été notifié», des fermetures, ajoute-t-il. Les mosquées sont fermées sans aucune explication plausible, empêchant les fidèles, dans les différentes régions du pays, de pratiquer l’islam tel que déterminé par le Coran, le livre sacré de l’Islam, qui est composé de cinq axes (commandements) plus importants.

Sixième constat : Circulo Angolano Intelectual, dans un article (en portugais) de ce 26 novembre, rapporte :

[message_box title= » » color= »red »]Em relação à proibição , o presidente angolano, José Eduardo dos Santos , disse neste domingo “este é último sinal de influência islâmica no nosso país. “A Proibição de Angola foi anunciada pela primeira vez na sexta-feira, quando o ministro da Cultura de Angola, Rosa Cruz e Silva disse que “o processo de legalização do Islão não foi aprovado pelo Ministério da Justiça e Direitos Humanos, as suas mesquitas seriam encerradas até novo aviso.[/message_box]

Traduction : le Président angolais, José Eduardo dos Santos, a déclaré dimanche : « c’est le dernier signe de l’influence islamique dans notre pays »« Son interdiction en Angola a été annoncée vendredi, quand la Ministre de la culture de l’Angola, Rosa Cruz e Silva a déclaré que  » le processus de légalisation de l’islam n’a pas été approuvé par le Ministre de la justice et des Droits de l’homme, et leurs mosquées seront fermées jusqu’à nouvel ordre ».

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Circulo Angolano Intelectual : Rosa Cruz e Silva s’est exprimée devant la Commission de l’Assemblée nationale de l’Angola et a expliqué que l’interdiction était nécessaire, car l’islam est «incompatible avec les coutumes de la culture Angolaise ».

Rosa Cruz e Silva  : « Un État laïque doit garantir la liberté religieuse et ainsi respecter les traits religieux qui sont devenus une partie de la culture et de la tradition du peuple. La foi est un droit naturel inaliénable de l’homme et n’est pas liée à la notion de l’Etat. Certaines réserves émises par des parlementaires n’entrent pas en contradiction [avec cette décision], et il n’y a pas de persécution religieuse, puisque la loi n’est pas violée. »

Septième constat, sur le site de l’Agence Ecofin, il est indiqué que « le gouverneur de la ville de Luanda Bento a confirmé que le gouvernement ne souhaitait pas légaliser des mosquées en Angola afin de ne pas faire le lit de l’islamisme radical. »

Huitième constat : dans Voz de America du 26 novembre, (en portugais) un article annonce que la communauté musulmane d’Angola accuse le gouvernement angolais de persécution, et déclare vouloir soumettre une plainte officielle auprès du Département d’Etat américain et d’Amnesty International.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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