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Publié par Guy Millière le 6 décembre 2013

mandela

Ce n’est certainement pas le jour où il faut tenir des propos un tant soit peu critiques sur Nelson Mandela. Et je ne le ferai donc pas. J’ajouterai même que ce qu’il symbolise en Afrique du Sud et ailleurs est positif, puisqu’il symbolise la réconciliation, un esprit de paix, une absence de ressentiment. J’ajouterai aussi que l’Afrique du Sud des années d’après l’apartheid aurait pu connaître une évolution bien pire : celle qu’a connue la Rhodésie, devenue Zimbabwe, par exemple. Et le fait que l’évolution n’ait pas été pire est dû à ce qu’a symbolisé et à ce que symbolise Nelson Mandela. Le fait que l’évolution n’ait pas été pire est dû, en outre, à ce que Nelson Mandela a pu dire à ceux qui l’ont entouré à sa sortie de prison. Tout cela doit être souligné. Je le souligne. Et j’espère que ce symbole durera, et qu’il pourra servir d’inspiration ailleurs en Afrique subsaharienne et dans le monde.

La chute de l’apartheid n’a pas été due à Nelson Mandela

Cela dit, il faut rompre avec les discours qui feraient de Nelson Mandela une sorte de dieu, et il faut rendre à César ce qui appartient à César : la chute de l’apartheid n’a pas été due à Nelson Mandela, mais à une évolution géopolitique majeure du monde : celle qu’a su mener à bien un homme qu’on ne citera jamais dans ce contexte, Ronald Reagan.

Sans la chute de l’empire soviétique et sans la fin de la « guerre froide », par victoire des Etats-Unis et de ce qu’on appelait encore à l’époque le « monde libre », la fin du régime existant en Afrique du Sud n’aurait pas eu lieu, car l’ANC, que dirigeait Nelson Mandela, était un mouvement soutenu et financé par l’Union Soviétique aux fins de déstabiliser un pays riche de mines d’or et d’uranium, et qui occupe une place stratégique sur la carte du monde. C’est Ronald Reagan qui a fait tomber l’apartheid en Afrique du Sud. Son alliée essentielle a été Margaret Thatcher, qui ne sera pas citée non plus.

L’arbre Mandela va cacher la forêt Afrique du Sud

Cela dit aussi, une fois de plus l’arbre Mandela va cacher la forêt Afrique du Sud, et il ne sera pas dit que l’Afrique du Sud est un pays qui, tout en restant le plus riche et le plus prospère de l’Afrique subsaharienne n’en est pas moins rongé par des problèmes qui vont croissant et qui pourraient la mener vers des difficultés croissantes : le Zimbabwe, pour l’heure, mais les risques qu’elle devienne le Zimbabwe existent.

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Les successeurs de Nelson Mandela, c’est le moins qu’on puisse dire, n’ont pas été à la hauteur. Nelson Mandela n’a eu aucun successeur digne, et a rapidement laissé la place à des hommes dont le comportement et la gestion du pays ont été très éloignés de ce qu’a pu et peut incarner le symbole Mandela. Thabo Mbeki, qui a exercé la réalité du pouvoir au bout de deux années de la présidence Mandela, à partir de 1996, a été cataclysmique. Jacob Zuma, qui a succédé à Thabo Mbeki et qui préside aujourd’hui est tout aussi cataclysmique.

Sans les richesses de son sous-sol, l’Afrique du Sud serait un pays absolument ruiné, et naufragé. La violence, de tous côtés, est extrême. Les meurtres commis contre les blancs sont fréquents. Les tensions interethniques sont omniprésentes. Le chômage et la misère sont bien plus élevés qu’ils ne l’étaient à l’époque de l’apartheid : c’est une réalité sur laquelle nul ne devrait fermer les yeux. Seuls certains quartiers de la ville du Cap sont à peu près sûrs, les grandes villes situées plus au Nord, Pretoria et Johannesbourg sont clivées, divisées entre quartiers bunkerisés où vivent les plus riches, blancs et, désormais, noirs issu de la nomenklatura de l’ANC, et quartiers ressemblant à ce qu’on appelle dans divers pays d’Afrique subsaharienne les « cités », des quartiers insalubres, dangereux, délétères.

La mort de Nelson Mandela doit être une occasion de lui rendre hommage. Elle devrait être une occasion de regarder aussi ce que devient l’Afrique du Sud. Ce ne sera pas fait. Je le sais.

Ceux qui entendront aller plus loin que la surface des choses peuvent se reporter à l’article que j’ai consacré à Nelson Mandela il y a quelques mois (dreuz.info/la-verite-sur-nelson-mandela). Je me contente d’y rappeler certaines réalités. Tout en m’inclinant devant le corps de Nelson Mandela, et tout en reconnaissant ce qu’il symbolise, et, précisément, en raison de ce qu’il symbolise, je me devais de rappeler certaines réalités à nouveau. Les humanistes selon moi ne sont pas ceux qui disent vénérer Nelson Mandela aujourd’hui, tout en taisant le reste, mais ceux qui disent ce que Mandela a eu d’estimable, et ce qu’il symbolise, sans oublier le reste : car, après Mandela, il y a la population de son pays, qui, aujourd’hui, souffre, et risque de souffrir encore davantage demain.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour Dreuz.info.

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