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Publié par Guy Millière le 7 décembre 2013

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J’aurais préféré avoir tort quand je disais que le pire était à attendre de Barack Obama.

Quand je l’ai dit, dès novembre 2008, on n’a cessé de me répéter que j’étais trop pessimiste et que j’exagérais. Lorsque les faits se sont accumulés, que les discours se sont ajoutés aux discours, on m’a dit que j’étais trop pessimiste encore. Il a fallu que j’envoie à des lecteurs français une version non expurgée du discours du Caire pour que certains d’entre eux ouvrent les yeux, et encore, pas tous.

Bien que j’aie publié deux livres détaillant, de manière très documentée, et avec renvoi à de multiples et abondantes sources, qui était Barack Obama, ce qu’avait été sa trajectoire, ce qu’était son programme, et détaillant, pour le deuxième de ces livres, ce qu’il avait déjà fait, un silence que je considère être un silence complice a continué à régner dans quasiment tous les grands médias francophones, et je pense que les copies de mes livres parvenues à diverses rédactions ont rejoint immédiatement la corbeille, à moins qu’elles n’aient été mises directement dans un incinérateur.

Nous en sommes dès lors à la situation actuelle où le pire est en train de survenir, et où le silence est, effectivement, plus que jamais complice.

Nous en sommes à la situation intérieure des Etats-Unis où il y a désormais plus de cinquante millions de personnes officiellement pauvres et se nourrissant essentiellement d’une aide alimentaire du gouvernement, un chômage et un sous-emploi endémiques (nombre d’emplois à plein temps sont devenus des emplois à temps partiel) qui touchent plus de cent millions d’Américains, une dette qui explose dans des proportions sans précédents sous aucun Président des Etats-Unis et qui rendent le pays tributaire de ceux qui lui font encore crédit. Nous en sommes aussi en une situation où l’Obamacare, « réforme » du système de santé mise en place par Obama se révèle bien davantage qu’un fiasco, puisque des millions d’Américains perdent leur assurance médicale, et ne peuvent se réassurer qu’à des prix doublés ou triplés, et puisque les assurances privées qu’Obama a entraînées dans sa sordide aventure se retrouvent asphyxiées financièrement.

Nous en sommes, surtout, à une situation internationale où il y a eu non seulement repli des Etats-Unis vers ce qui pourrait prendre la forme d’un isolationnisme choisi, mais, dans le cadre de cet isolationnisme choisi, des renversements d’alliances plus ou moins explicites.

En Asie, Barack Obama a opté pour la Chine, au détriment du Japon, de la Corée du Sud, des Philippines et d’autres alliés de longue date du pays : ce qui ne signifie pas qu’il abandonne totalement ces alliés à la puissance chinoise, mais qu’il permet à celle-ci de devenir puissance hégémonique régionale et de dicter ses conditions. C’est ce que signifie le fait que la Chine se soit attribuée l’espace aérien situé au dessus de la mer de Chine du Sud : tout avion qui traverse cet espace doit non seulement se signaler, mais annoncer au préalable son passage et demander à la Chine une autorisation de passage. Et ce que demande la Chine est en train d’entrer en vigueur. Pour calmer les craintes des alliés des Etats-Unis, qui ne comprennent que trop bien ce que cela veut dire, Obama a envoyé deux B 52 désarmés traverser rapidement l’espace aérien susdit (quel geste fort!), puis Joe Biden à Pékin pour tenir des propos sans importance (autre geste fort!).

En Europe, Barack Obama a opté pour la Russie, puissance hégémonique régionale, elle aussi, au détriment de l’Europe Occidentale : et soyez assuré que nul pays d’Europe occidentale ne froissera la Russie, même si aucune position officielle ne sera annoncée sur le sujet, bien sûr. Voyez que les pays d’Europe centrale repassent peu à peu sous protectorat russe, et que Viktor Yanukovitch a décidé, malgré les protestations des foules, que l’Ukraine allait rejoindre l’Alliance eurasienne mise en place par Poutine. Regardez qui, en Europe occidentale, est dépendant des ressources énergétiques russes. L’Allemagne, dites-vous ?

Au Proche-Orient et dans le monde musulman, après avoir montré sa sensibilité aux thèses des Frères musulmans, après avoir hésité sur la conduite à tenir face à la guerre en Syrie, après avoir assisté au renversement de Mohamed Morsi dans le cadre d’une contre-offensive menée par l’Arabie Saoudite, Barack Obama a révélé que son option se portait sur l’Iran des mollahs.

Et l’accord qui n’en est pas un, et qui n’a pas été signé à Genève (aux fins de contourner le Congrès), n’en constitue pas moins un feu vert qui a été donné par Obama, par la Chine, par la Russie et par l’Union Européenne, à la poursuite des projets nucléaires de l’Iran des mollahs : ce en échange de rien sinon l’abandon graduel des sanctions contre le régime, sinon un afflux de milliards vers le même régime, et sinon un abandon d’Israël, de l’Arabie Saoudite, des émirats du Golfe.

L’option iranienne prise par Obama accorde à l’Iran le statut de puissance hégémonique régionale, là encore

Et la suite des choses paraît aller bon train, puisque, bien que les « décisions » ne semblent devoir être destinées à s’appliquer à l’Iran (qui aura toute latitude pour décider de ce qu’elle fait des dites « décisions ») qu’à partir de janvier, c’est dès maintenant que tout le monde se rue vers Téhéran pour manger dans la main de Khamenei. Et puisque Khamenei est le « guide suprême » et tient des propos pas très présentables (qui tombent néanmoins dans l’oreille de sourds), tout ce monde dira qu’il mange dans la main de Rouhani. Outre des vols directs entre les grandes villes américaines et Téhéran, une chambre de commerce américano-iranienne semble devoir prendre forme. On attend l’apothéose, qui mettra les journalistes du monde entier ou presque en état d’extase : la visite officielle de Rouhani à Washington. Cela vous semble irréaliste ? Peut-être, mais au train où tout se déroule… Il se murmure, en tout cas, qu’une visite d’Obama à Téhéran en 2014 ou 2015 est envisagée.

La question qui ne se pose pas en Europe est celle de savoir ce que sera le futur pour Israël : on se délecte en Europe de ce qui se passe présentement pour ce qui concerne Israël, censé être « isolé » désormais.

La question qui se pose en Israël est, elle, cette question même : que sera le futur d’Israël dans ces conditions et dans un monde qui risque fort d’être pris en main par un cartel de régimes autoritaires (ou, pour l’Iran, fanatiques). Et les propos de John Kerry sur la « sécurité » d’Israël, lors de son millième passage à Jerusalem voici peu, n’ont trompé personne en Israël, sauf les aveugles : John Kerry venait, d’ailleurs, surtout, pour tenter de « tordre le bras » de Binyamin Netanyahou concernant un « Etat palestinien » (j’y reviendrai).

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Disons que la possibilité de frappes israéliennes contre l’Iran se trouve réduite à rien désormais, au moins pour les six ou sept prochains mois, après quoi, cela risque d’être trop tard, s’il n’est pas déjà trop tard.

Disons que la prolifération nucléaire régionale est envisageable.

Disons aussi que dans les projets d’Obama, il y a, depuis le commencement, l’idée qu’une dénucléarisation régionale serait la bienvenue : cette idée pourrait séduire l’Iran, comme elle séduit déjà l’Organisation de la Conférence Islamique. Elle ne séduira pas Israël, dois-je l’écrire ?

Disons surtout que la question qui ne se pose pas en Europe, mais qui se pose en Israël est, outre celle du futur d’Israël dans ces conditions, celle de savoir ce que feront l’Arabie Saoudite et les émirats du Golfe, mais aussi l’Egypte du général Sissi. Et on assiste présentement à un rapprochement implicite, mais réel entre l’Arabie Saoudite, les émirats du Golfe, l’Egypte et Israël.

Disons que ce rapprochement se fait en tenant compte du fait que si la Russie se voit accorder par Obama le rôle de puissance « protectrice » de l’Europe, elle se voit aussi accorder le statut de puissance « protectrice » du Proche-Orient, supervisant le statut de puissance hégémonique régionale de l’Iran. Et les rapprochements entre Arabie Saoudite, émirats, Egypte, Israël et la Russie s’esquissent.

Disons qu’Israël, l’Arabie Saoudite, les émirats, l’Egypte, ont un intérêt bien compris à voir dans quel sens souffle le vent, et à s’intéresser non seulement à Poutine, mais aux dirigeants en place à Pékin, et à compter sur eux pour modérer les ardeurs des dirigeants en place à Téhéran.

Disons qu’Israël, l’Arabie Saoudite, les émirats, l’Egypte, ne vont pas se détourner des Etats-Unis, mais savent désormais à quoi s’en tenir concernant Obama, et peuvent encore espérer que les élections de novembre 2014 feront passer définitivement Obama au statut de « canard boiteux », Président impuissant, en donnant aux Républicains une majorité dans les deux Chambres du Congrès.

Disons aussi qu’il vaut mieux ne pas trop rêver. L’élection d’un ou d’une démocrate en 2016 n’est pas improbable. Le défaitisme actif d’Obama, les dégâts provoqués par Obama au sein des Etats Unis, les propos tenus dans les grands médias américains font que l’opinion américaine est elle-même désormais très majoritairement isolationniste et tournée vers les problèmes intérieurs du pays.

Je redirai une fois de plus qu’Israël devra compter sur ses propres forces, ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise chose, et ne pas mettre tous ses œufs dans un panier situé à Washington.

Juste avant son élection, Barack Obama avait promis de changer radicalement l’Amérique et le monde s’il était élu. Il tient ses promesses.

Le silence complice des grands médias francophones signifie sans doute leur approbation face au fait qu’Obama tient ses promesses. Ils ont tant détesté l’hégémonie américaine, que pour la plupart d’entre eux ce qui me semble être le pire est vraisemblablement le meilleur.

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