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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 9 décembre 2013

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Il était une fois des femmes de banlieue qui en avaient marre de traverser le périphérique jusqu’à Paris pour boire un verre au café.

Elles occupent les cafés d’Aubervilliers

L’histoire a commencé en avril 2011, au Roi du café, à Aubervilliers, raconte Sylvia Zappi1 sur un blog du Monde.

Monique est enseignante à la retraite. Elle voulait simplement aller prendre un café. « Il n’y avait que des hommes qui me regardaient comme si je n’étais pas à ma place. J’ai trouvé ça insupportable. Sur le trajet du métro, je me suis aperçue que toutes les terrasses étaient masculines », dans cette banlieue dont les traditions françaises ont été remplacées par celles du Maghreb, où les femmes doivent rester à la maison.

Ni une ni deux, Monique a osé. Elle a contacté ses copines et leur a proposé de passer à l’action. Son email a fait boule de neige, la suite est délicieuse.

Le Pile ou face, un troquet d’Aubervilliers, deviendra le symbole de la reconquête. Un collectif, Place aux femmes, se crée.

Monique et ses copines occupent l’espace : « On est arrivée deux par deux, grignotant la terrasse chaise après chaise, jusqu’à former un groupe occupant une bonne moitié de l’espace », dit Monique. On était regardées de travers par les jeunes, les dealers qui se postaient contre le mur en faisant masse. Des voitures se sont garées juste devant, la radio à fond. Même la police est passée deux fois ! »

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« Mais on n’avait pas peur et on est devenu l’événement du quartier », ajoute Maguy.

Et elle ont tapé l’incruste. Semaine après semaine. Puis elles sont passées à un autre café, et un autre, et encore un autre.

Elles ont reconquis une trentaine de bistrots

Dix huit mois plus tard, elles ont reconquis une trentaine de bistrots jadis mixtes, puis devenus lieux exclusifs des hommes musulmans.

« C’est parfois difficile d’oser entrer et s’asseoir, c’est un vrai engagement », dit Nadia, une prof. « Au fur et à mesure, on gagne en confiance : des habitudes se créent, les femmes s’arrêtent et entrent », ajoute une autre.

Au Roi du café, la partie a été gagnée : le lieu est redevenu mixte, les femmes entrent de nouveau. Le patron a même reçu un label, un autocollant : « ici, les femmes se sentent chez elles aussi ».

ici les femmes se sentent chez elles

Dans le même temps, ces courageuses femmes – elles sont maintenant une soixantaine – seront sans doute ravies de savoir qu’en Grande Bretagne, on s’organise aussi. Une pétition circule pour retrouver la mixité confisquée par l’islam. De l’autre coté du channel, ce n’est pas dans les cafés que le combat se porte, mais dans les universités – oui, dans les universités – car les universités ont publié un guide pour séparer les hommes des femmes dans un amphithéatre « lorsqu’un professeur exige que selon sa croyance, une ségrégation des étudiants soit effectuée selon leur sexe ».

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

banlieue.blog.lemonde.fr/femmes-de-banlieue-elles-occupent-les-cafes-daubervilliers

change.org/en-GB/petitions/david-cameron-ban-gender-segregation-in-british-universities

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