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Publié par Hildegard von Hessen am Rhein le 16 décembre 2013

 Manfred

C’était la dernière de MANFRED, hier après midi, 15 décembre 2013, à l’Opéra Comique de Paris, petit bijou de la belle époque parisienne.

MANFRED, est un drame romantique, en forme de poème, de Lord Byron, mis en musique par Robert Schumann. Sur ce lien, vous pourrez lire la version intégrale du poème que met à disposition en ligne la Bibliothèque Nationale.

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Cette courte série de 5 représentations de ce drame a pu se tenir grâce à l’idée et à la persévérance du Directeur de ce bel établissement, Olivier Mantei. Comment, en ces temps déculturés a-t-il pu convaincre les autorités à accepter cette œuvre qui peut paraître déconcertante pour un public non averti ? Surprenant dans sa structure. Ce n’est ni un opéra, ni un simple concert. Un poème de Byron, récité, et accompagné de l’œuvre musicale de Robert Schumann. Déjà, pour l’époque, une audace, dont même Schumann estimait qu’elle ne pourrait jamais se monter.

En fait, la question du pourquoi ou du comment de la production Parisienne n’a pas d’importance, puisque les représentations ont pu avoir lieu.

Et j’espère que le public a pu se rendre compte de l’événement considérable que représente ce spectacle, à Paris, tant les représentations de ce drame furent rares, depuis sa première où Robert Schumann dirigeait l’ouverture de Manfred au Leipziger Gewandhaus, le 14 mars 1852, en présence de Franz Liszt. Ce fut un immense succès. Ensuite, l’œuvre complète Byron-Schumann fut présentée pour la première fois sous la direction de Franz Liszt, au Weimarer Hoftheater, le 13 juin 1852.

A la vue d’une salle comble, ici, à l’Opéra Comique, le pari audacieux est réussi

Le public Parisien était tout autant conquis que celui, avant lui, du Teatro Comunale di Bologna, à la Fenice de Venise ou à la Scala de Milan. Il semblerait qu’une production de la BBC Radio 3 a eut lieu en 1988. Et, maintenant, pour la première fois à Paris en 2013. C’est dire la rareté. Rien que pour cela, il faut féliciter ceux qui sont aux manettes de cette belle maison.

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Chez nous, à Paris, c’est Emannuel Krivine qui était à la direction de la Chambre Philharmonique, qui n’avait rien à envier à Bologne, Milan, Venise ou Londres. Une mise en scène de Georges Lavaudant que j’ai apprécié pour sa sobriété. Il paraît que les costumes d’hommes ne furent pas du goût de certains. J’ai trouvé au contraire qu’ils se fondaient parfaitement dans ce décor bleu-noir dramatique, qui épousait parfaitement l’intention de l’œuvre sombre des deux auteurs, Byron et Schumann. Le chœur me fit chavirer par sa qualité, comme les solistes. Seul reproche que je ferai à Lavaudant, c’est cette vidéo des alpages qui est venue s’incruster pour on ne sait quelle raison. La sienne assurément.

J’en arrive au protagoniste principal, MANFRED. Magistralement interprété par un Pascal Rénéric que je découvrais. En fait, il n’interprétait pas. Il était l’incarnation vivante du héros romantique. Carmelo Bene avant lui s’était incarné, lui aussi, en MANFRED. Il fallait donc faire aussi bien, sinon mieux. Pari réussi de la part de cet acteur habité. Astrid Bas, qui interprétait le fantôme d’Astarté était presque parfaite, si ce n’était le timbre de sa voix que je trouvais trop « métallique ». A la fin, la salle explosait d’enthousiasme – et moi avec.

Je fus aimablement invitée au foyer, pour rencontrer le Maestro Krivine, avec lequel j’évoquais le MANFRED de Tchaikovsky. Il préfère celui de Schumann. Moi aussi. Mais quand même, le Tchaikovsky … soit dit en passant, musical seulement. Ici, une magistrale performance de la femme, chef d’orchestre célèbre, la Sino-Américaine, Xian Zhang :

 

Georges Lavaudant, avec qui j’évoquais les productions Italiennes, le merveilleux MANFRED – Pascal Rénéric, que je complimentais sans flagornerie aucune et le Directeur audacieux, Olivier Mantéi.
J’ai également rencontré son Excellence, Madame l’Ambassadeur d’Allemagne Fédérale en France, Dr. Susanne Wasum-Rainer. Comme moi, elle a beaucoup aimé.
j’avais une impression d’Europe, celle d’avant
J’étais à Paris, dans un lieu historique, avec les acteurs Français, une Ambassadrice Allemande et moi, « entre les deux ». Mon esprit s’évadait un moment et j’avais une impression d’Europe, celle d’avant. Celle ou la culture pouvait se mélanger, se compléter, se magnifier, se disputer, enrichir les esprits de tous.
De Paris à Milan, de Londres à Berlin, de Moscou à Saint Petersburg

Je me dis que j’avais bien de la chance d’être née à l’époque à laquelle je vins au monde. J’ai, nous avons encore la chance de goûter à ce qui reste de ces beautés qui s’évanouissent. Cependant, pour la grande musique, comme le disais si bien Kurt Mazur, et comme nous pouvons le constater, son avenir est en Asie. Si bien en Chine qu’au Japon. Est-ce l’Asie qui conservera notre mémoire musicale durant l’inéluctable déclin Européen ? C’est un grand espoir, pendant lequel nous sombrons dans les limbes noires d’un décor non encore achevé.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Hildegard von Hessen am Rhein pour Dreuz.info.

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