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Publié par Michel Garroté le 30 décembre 2013

 

Hollande-Arabie-saoudite-1

 

Michel Garroté, réd en chef  –-  Or donc, l’Etat français livre des armes lourdes à l’armée libanaise pour trois milliards de dollars qui seront payés par l’Arabie saoudite. En clair, la France livre des armes au Liban pour un montant astronomique. Et l’Arabie se charge de verser ce montant, trois milliards de pétrodollars, à la France.

Le problème, c’est que l’armée libanaise n’est pas si libanaise que ça. Ou plutôt, elle est certes libanaise, mais composée de sunnites, de chiites, de chrétiens, etc. Et l’armée libanaise, depuis 1975, a montré, à de nombreuses reprises, que la confession de ses soldats jouait – et joue encore – un rôle très important.

La question est donc de savoir si ces armes lourdes pour un montant de trois milliards de dollars vont enfin permettre à l’armée libanaise de pulvériser l’énorme arsenal du Hezbollah. Ou si ces armes lourdes pour un montant de trois milliards de dollars vont alimenter les différentes confessions de l’armée libanaise.

Auquel cas, les militaires sunnites et les militaires chiites vont se partager, les uns et les autres, trois milliards de dollars d’armes lourdes pour défendre leur communauté. Ce qui concrètement signifierait que les trois milliards de dollars d’armes déclencheraient la plus terrible guerre civile libanaise de l’histoire.

A cela, il faut ajouter que le plus grand allié du Hezbollah, ce n’est pas la Syrie, mais l’Iran. L’on aurait donc tout aussi bien pu utiliser ces trois milliards de pétrodollars saoudiens pour frapper la tête du serpent : l’Iran.

Je n’ai pas écrit que le Liban va forcément plonger dans la plus terrible guerre civile de son l’histoire. J’ai seulement écrit que tel pourrait être le cas. Et j’ajoute que dans tous les cas de figure, ceux qui profiteront le moins et qui peut-être souffriront le plus, ce seront, une fois de plus, les chrétiens ; ceux du Liban ; et ceux de Syrie.

A ce propos, je lis dans une dépêche de l’AFP que (extraits adaptés et commentés ; voir premier lien en bas de page) le roi Abdallah d’Arabie saoudite et le président français François Hollande ont souligné leur convergence de vue sur le Moyen-Orient – du Liban à la Syrie en passant par l’Iran – affichant une même fermeté. Arrivé dimanche en Arabie saoudite pour une visite de deux jours également dominée par des enjeux commerciaux alléchants, le président français a retrouvé le souverain saoudien dans son luxueux palais privé.

Au cours de leur entretien, le roi Abdallah a manifesté son inquiétude, voire son anxiété à propos des crises régionales – l’Iran, la Syrie, le Liban, l’Egypte – et il a salué la position « courageuse » de la France sur ces principaux dossiers. Après l’attentat à la voiture piégée qui a coûté la vie vendredi à Beyrouth à 7 personnes, dont le politicien Mohammad Chatah, hostile au régime syrien et à son allié, le Hezbollah, le Liban était au cœur des entretiens de Hollande avec le dirigeant saoudien.

Tout comme l’Arabie saoudite, la France s’inquiète des « interférences iraniennes » dans la région, particulièrement au Liban où elles s’exercent via le Hezbollah chiite. Hollande s’est engagé à « satisfaire » les demandes d’armement de l’armée libanaise pour soutenir le président libanais Sleiman.

« S’il y a des demandes qui nous sont adressées, nous les satisferons », a déclaré Hollande (ndmg – il y a bien une demande et elle sera donc satisfaite). Selon Sleiman, l’Arabie saoudite s’est engagée à octroyer trois milliards de dollars à l’armée libanaise afin que celle-ci puisse se procurer des armes françaises. « Il s’agit de l’aide la plus importante dans l’histoire du Liban et de l’armée libanaise », a fait valoir Sleiman.

Sur la Syrie, Français et Saoudiens « partagent exactement la même position », s’est félicité Hollande qui a loué la « sagesse précieuse » du roi Abdallah, à savoir « chercher une solution politique, soutenir l’opposition modérée et favoriser la transition » qui « ne doit pas aboutir à une prolongation » du régime de Bachar al-Assad (ndmg – la « solution politique » franco-saoudienne consiste aussi à armer les djihadistes en Syrie, ce qui n’est pas seulement « politique », mais aussi « militaire »).

La « même volonté » a été exprimée aussi de part et d’autre, selon Hollande, de « trouver une solution définitive » au programme nucléaire iranien soupçonné de dissimuler des fins militaires (ndmg – la seule « solution définitive » étant de bombarder préventivement le nucléaire offensif iranien, ce que l’Arabie souhaite, mais que la France ne souhaite pas).

Seul bémol : l’Egypte. Alors que l’Arabie saoudite apporte un soutien inconditionnel au nouveau pouvoir (ndmg – laïc), Hollande a appelé une nouvelle fois l’Egypte, dans une interview au quotidien arabophone Al-Hayat parue dimanche, à permettre « à l’ensemble des courants politiques rejetant la violence » de « participer au processus de transition » (ndmg – en clair, Hollande considère que les intégristes du mouvement ultra-religieux des Frères musulmans rejettent la violence, ce qui, évidemment, est totalement faux). Ce processus doit aboutir « à brève échéance » à la tenue d’élections, a insisté Hollande.

Hollande est accompagné de quatre ministres, Laurent Fabius (Affaires étrangères), Arnaud Montebourg (Redressement productif), Nicole Bricq (Commerce extérieur) et Jean-Yves Le Drian (Défense) ainsi que d’une trentaine de dirigeants d’entreprises parmi lesquelles EDF, Areva, Alstom et Thales.

Au chapitre économique, Hollande a rappelé que l’Arabie saoudite est devenue « le premier client de la France au Moyen-Orient » avec des échanges qui ont dépassé les 8 milliards d’euros en 2013, dont 3 milliards d’exportations françaises, même si la balance reste structurellement déficitaire compte tenu des importations de pétrole saoudien. De « très importants contrats » ont été signés en 2013, s’est félicité Hollande, avec le métro de Ryad revenu à Alstom, la mise à niveau de la flotte par DCNS (ndmg – armement naval), Thales et MBDA (ndmg – missiles et systèmes de missiles), ou encore une usine de dessalement d’eau de mer pour Veolia.

Et même si aucun contrat de cette importance n’a été conclu au cours de sa visite, Hollande a évoqué de « belles perspectives » pour 2014 dans les domaines des transports et de l’aéronautique où Airbus pourrait mettre un terme au monopole de Boeing en Arabie saoudite. Les « négociations avancent », a-t-il dit.

Evoquant le projet saoudien de construire jusqu’à 16 réacteurs nucléaires dans les prochaines années, Montebourg a assuré que « la France était très bien positionnée » pour remporter ce futur appel d’offres. « Dès lors que le royaume voudra préciser ses objectifs, la France sera prête à y répondre », a ajouté Hollande (fin des extraits adaptés et commentés de la dépêche AFP ; voir premier lien en bas de page).

Par ailleurs, je lis sur lexpress.fr que (extraits adaptés ; voir deuxième lien en bas de page) le Liban, financé à hauteur de trois milliards de dollars par l’Arabie saoudite, va acheter des armes à la France. Hollande a donné son accord lors d’un déplacement à Ryad. L’armée du pays du Cèdre est en effet faiblement équipée en armement modernes, mais a reçu au cours des dernières années des aides de la France et des Etats-Unis, mais jamais en armes lourdes.

« Les armes seront achetées à l’Etat français dans les plus brefs délais vu les relations historiques qui le lient au Liban et à l’étroite coopération militaire entre les deux pays », a indiqué le président libanais Sleiman. Cette annonce n’est pas anodine et pourrait être décisive pour la stabilité de la région.

L’Arabie saoudite, un royaume sunnite, soutient en effet la coalition libanaise hostile au régime syrien et au Hezbollah, qui eux deux sont soutenus par l’Iran. L’Arabie saoudite est un virulent critique du Hezbollah. Ce « parti » est le seul mouvement libanais armé et ses détracteurs l’accusent d’imposer sa volonté à travers son arsenal militaire (fin des extraits adaptés de l’article publié sur lexpress.fr ; voir deuxième lien en bas de page).

Reproduction autorisée avec mention :

© M. Garroté réd chef www.dreuz.info

Sources :

http://fr.news.yahoo.com/arabie-hollande-va-rencontrer-hariri-chef-l-39-122055953.html

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/comment-la-france-et-l-arabie-saoudite-vont-armer-le-liban_1310578.html

   

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